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 le monde aime à noircir ce qui rayonne (matthew)

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─ Quartier : northside. la richesse aux bouts des doigts, la pauvreté dans le coeur.
─ Études : étudiant en sixième année de médecine. il est doué. et pourtant, il est en train de tout foutre en l'air.
MessageSujet: le monde aime à noircir ce qui rayonne (matthew)   Ven 17 Aoû - 0:09

LE MONDE AIME A NOIRCIR CE QUI RAYONNE
matthew & hope.

Le week-end, cette libération amère. Ce repos dans l’âme et cette torture dans le cœur. Il n’a plus besoin d’être à l'affut du moindre geste, de la moindre parole. Libre d’être lui-même le temps de quelques jours. Enfermé dans les quatre murs de sa chambre à tenter d’étudier pour ces examens d’ors et déjà ratés d’avance. Parce qu'il fou tout en l'air. L'envie de rien. Sa passion qui s'effrite. Son gout et son ambition qui s'envolent. Il passe son temps à noircir les pages de ses cahiers de son mal-être. Et puis, le stylo en suspend sur cette phrase inachevée.. Atteignant la dernière ligne, la dernière page, incapable de poursuivre. Soupir. Son seul exutoire en ce moment qui s’achève pour un temps indéterminé. Ses mains fouillent les tiroirs de son bureau, mais n’y trouve pas son bonheur. Ça n’arrive pas, d’habitude. il en prévoit toujours un d’avance, par sécurité. Mais là.. rien ne va plus dans sa vie. il fait tout de travers et plus rien n’a de sens. Même ses habitudes commencent à lui faire défaut. Hope se frotte ses yeux fatigués pour tenter de les réveiller. Pas une nuit ne se passe comme elle le devrait. Elles sont toutes agitées, l’insomnie le gagne quand il ressasse encore et encore son quotidien, sa vie qui a pris un ticket direction l’enfer depuis le jour de sa confession. Cet aveu maudit. Cette confiance aveugle qu’il vouait à celui qui était son meilleur ami et qui est devenu son bourreau. et seuls les assauts répétés de ses sanglots parviennent à l’endormir, exténué. Dans un élan de motivation quasiment inexistant, hope attrape son portefeuille qu’il glisse dans la poche arrière de son jean, glisse son téléphone dans celle avant, il n’en a pas pour longtemps, de toute façon. Un aller-retour à la papeterie et le retour dans sa bulle. Ses pas résonnent dans l’escalier. Font écho à cette maison vide, ses parents en conférence ne revenant que le dimanche soir, encore. si ça l’affectait il y a encore peu, ses soucis personnels ont eu raison de sa peine. Moins ils sont là, mieux c’est, finalement. Parce qu’il n’ose pas imaginer leur réaction si jamais ils venaient à apprendre ce qu’il se trame à la fac. Ce qu’est vraiment leur fils. La déception. Le dégout. Et il n’a pas besoin de feindre ce sourire. De feindre ce bonheur disparu. Il peut être lui-même dans cette villa déserte la quasi-totalité du temps. la chaleur lui coupe le souffle malgré cette fin d’après-midi alors que le soleil décline. Il Adresse un maigre sourire au jardinier de ses parents. Pauvre homme travaillant sous la chaleur cuisante de cet été torride. La tête baissée, il arpente comme un automate les rues de son quartier pour atteindre ce magasin tant fréquenté. La caissière le reconnait, il répond vaguement, ses pas le mènent droit vers l’objet de sa convoitise. Toujours le même. même format, même nombre de pages, même couleur. Tous identique, tel un rituel parfaitement millimétré. Il en prend deux, cette fois. pour ne pas se retrouver suspendu en pleine phrase comme plus tôt. une fois dehors, il s’apprête à rentrer, mais son ventre, si vide depuis la veille au matin, le rappelle à l’ordre. Il n’a pas faim plus que ça, pourtant. mais son corps lui, prétend le contraire. Il a perdu l'appétit, tout a perdu sa saveur, plus rien ne trouve d'attrait à ses yeux. Tiraillé entre son envie de s’enfuir et celle de tenter de renouer avec un quotidien perdu, ses carnets serrés dans les bras, ses pas finissent par le mener vers un café où il aimait bien se rendre, avant, loin de se douter que se serait la décision la plus désastreuse de la journée. Parce que son cerveau n’a pas fait le lien. Qu’il a presque oublié l’espace d’un instant que le danger est partout. Même là-bas. Qu’il a eu le malheur d’oublier que ce café, c’est le plus prisé des étudiants pour ses prix, son ambiance, son calme aussi parfois, et car non loin de l’université. Et que le week-end, l’affluence est au plus bas. Que les jeunes sortent en boite ou au bar et ne vont pas s’y poser après un cours. Non. Bien sur que non. Pourtant, franchir le palier de l’établissement est une grossière erreur, parce qu’il n’a même pas le temps de faire un pas dedans, qu’un groupe beaucoup trop imposant de personnes se mettent en plein milieu de son passage, près à sortir. la tête baissée, il se décale pour les laisser passer. ne pas se faire voir. Se faire oublier, peu importe le contexte. Peu importe le lieu ou les personnes.  une seconde. Deux. Ils ne bougent pas. « tiens, tiens, tiens… mais regardez qui voilà.. » hope se tétanise. cette voix lui glace le sang. Son cœur ratte un battement avant de se mettre à accélérer comme un malade. Non. Pas ici. pas encore. il a envie d'hurler. pourquoi, pourquoi même hors de l'université son calvaire continue. il veut fuir très loin d'ici.mais hope ne beaucoup.  hope est figé sur place mais finit par réussir à relever les yeux pour contempler ces armes de destructions massives. Le cortège prodigieux de l’université de Chicago. Les types les plus populaires et convoités de toute les facultés. Des armoires à glace. Des beaux gosses en puissance. Et en tête de ce troupeau, Matthew. Matthew et son armée. Son regard paniqué croise le sien, et ses souvenirs l’assaillent. Parce qu’il ne comprend pas. il ne comprend toujours pas. il ne veut même pas en parler. ne veut pas y penser. Car depuis ce soir-là, si Matt’ prenait un malin plaisir à lui pourrir la vie, depuis ce soir là, il en faisait un véritable enfer. Et son cœur se serra à cette pensée. Parce qu’elle est bien loin, leur amitié indestructible. Envolée, comme tout le reste. Ses mains se serrent sur son assemblage de bout de papier, parce qu’il vient de plonger en plein dans la gueule du loup et qu’il sait déjà ce qu’il l’attend.

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