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 You just reap what you've sown | PV Cass

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MessageSujet: You just reap what you've sown | PV Cass   Dim 27 Mai - 7:35

You just reap what you've sown


feat. Alexis & Cass

Tu avais été dormir tôt, ce soir. Tu avais pris une chance lorsque la fatigue s'était finalement présentée dans les alentours de dix-neuf heures. Chose qui était pourtant très rare de ta part, toi qui ne parvenait pas à avoir sommeil avant longtemps malgré Morphée qui tente de t'accueillir dans ses bras. Qui tente de t'amener vers un sommeil profond qui se fait interrompre beaucoup trop souvent. Mais cette fois, il était venu te chercher tôt alors que tu t'étais d'abord endormie sur ton divan, devant la télé. Tu avais fini par te trainer les pieds jusqu'à ton lit après t'être mise en pyjama. Et pour une rare fois, tu t'étais endormie peu de temps après que ta tête avait touchée l'oreiller. Tu étais bien, confortable. Ton esprit avait fait le vide en un clin d'oeil. Tes précédents psychologues auraient été fières de toi, d'en avoir eu la capacité à le faire aussi facilement, aussi rapidement. Vraiment, tu étais prête à dormir paisiblement jusqu'au lendemain.

Mais ça n'a pas su durer. Bien entendu. Ce n'est jamais le cas et c'était trop beau pour que cette nuit ce soit une exception. Deux heures. Toi qui espérait pouvoir rattraper le sommeil qui te manque depuis beaucoup trop longtemps, tu as réussi à t'assoupir deux heures uniquement. Parce que rapidement, une voix s'était incrustée à ton esprit. La sienne. Encore et toujours la même. Celle que tu n'arrives pas à identifier, qui s'est déformée au fil du temps. Une voix qui te fait des menaces et une sensation de brûlement tout près de ta poitrine te ramène au monde réel, te tire du monde des rêves alors que tes yeux s'ouvrent d'un seul coup. Et comme toujours, tu dois vérifier si la blessure est psychologique, qu'elle ne s'est pas transmise jusqu'à la réalité. Tu passes tes doigts de ton cou jusqu'à ressentir le début de ta poitrine. Et tu soulèves ta main afin de t'assurer qu'il n'y a pas de sang, malgré l'absence de la sensation de ta plaie sous tes doigts. Tu soupires, passe cette même main contre ton visage. Et tu sais beaucoup trop que tu ne parviendras pas à te rendormir pour un long moment encore. Alors aussi bien bouger, sortir, faire quelque chose. Trouver un truc qui va t'épuiser un peu, qui va te ramener à Morphée.

Tu enfiles un pull en laine crème et un jeans pâle. Parce que tu sais qu'en ce moment, la nuit est froide. Tu ajoutes un manteau en cuir par-dessus et tu quittes rapidement ta maison. Parce que tu dois te changer les idées, tu dois penser à autre chose. Tu dois fuir cette voix qui te hante sans arrêt en t'occupant l'esprit ailleurs. Dans ton coin, dans le north side, tu sais qu'il a pas mal de tout. Mais tu as ce besoin de voir ailleurs. Plus loin du quartier tu es, mieux tu seras. Du moins, c'est ta logique que tu as en ce moment. Alors tu te perds jusqu'au south side. Ce quartier mal réputé pourtant, mais qui a un quelconque effet sur toi. Pas forcément dans le positif, parce que ça te tue chaque fois de subir les paysages qui démontrent la misère du quartier alors que toi tu habites dans ta maison. C'est l'une des nombreuses raisons qui fait que tu voulais devenir policière. Aider le monde, changer la donne, aider les quartiers plus démunis de la terreur des gangs de rue. Qu'une parcelle de ce que tu souhaitais, avant que l'on ne t'enlève ce droit. Avant que l'on vienne décider de ton destin en t'enlevant, en cherchant à torturer ton esprit au point d'y bloquer certaines capacités nécessaires à ton emploi. Si tu étais rapide à sursauter au moindre bruit, il y avait également une partie de ce sang-froid qui t'habitait qui t'a quitté. Et ça, c'était grandement plus dangereux que de sursauter. Parce que lorsque tu te retrouvais face à une situation qui demandait le calme, qui demandait à ce que tu sois patiente, tu dérapais assez vite. Et tu te rappels de ton collègue qui avait dû te déprendre de cet homme qui venait tout juste d'abattre sa femme devant tes yeux. Tu avais perdu contrôle, tu t'étais mise toi et ton collègue en danger alors que tu l'avais plaqué contre un mur. Tu te rappelles de toute cette rage qui t'avait habitée, à quel point tu n'avais qu'une envie: lui faire payer son geste au lieu de lui passer les menottes. Ça avait été la goutte de trop, la preuve-même que tu n'étais plus assez stable pour te permettre de travailler pour le NYPD. Et tu avais eu beau supplier de te pardonner du geste, que tu allais faire des efforts pour te contrôler, que c'était la première fois que tu t'attaquais directement à un criminel de façon non-réfléchie. Mais c'était trop tard et tu le savais. Tu n'étais pourtant pas quelqu'un de violente, en plus. Sauf que cette torture, ce jeu auquel cet inconnu à joué avec toi, ça avait brisé quelque chose. Non seulement tu avais toutes ces peurs, tout ces traumatismes, mais tu détenais également ce côté direct, spontané, qui t'amenait de façon occasionnel à ce genre de gestes. Et il n'y a qu'un fautif pour tout ça.

Tu es rendue à passer devant le cimetière quand tu sors de tes pensées, observant l'étendue de tombes devant toi. Il y a cet étrange silence qui règne toujours dans ces endroits. Une sorte de côté serein, mêlé à une tristesse immense. Des gens partis trop tôt, ceux qui n'ont rien demandés, qui sont morts parce que le destin a préféré se tourner vers la faucheuse pour leur terrible sort. Et tu sais que parmi tout ça, il y a des tombes qui ne servent à rien. Parce qu'il n'y a pas de corps en-dessous. Parce que celui-ci n'a pas été retrouvé. Et à quelque part, tu te dis que ça aurait pu être toi. Un bout de pierre parmi le lot déjà bien trop présent. Alors tu t'éloignes rapidement, préférant ne pas penser à ce qui aurait pu être inscris sur ta pierre tombale. Tu te perds quelques rues plus loin avant d'être distraite par une voix. Une voix qui semble à demie paniquée, à demie en colère. Et tu écoutes, parce que  c'est une habitude que tu as prise. Une habitude afin de toujours prévoir les dangers. La voix qui crache hors du téléphone, elle se fait anormalement forte. Comme si quelqu'un est en train de gueuler à l'autre bout du fil. Puis, les mots que tu entends te rappel une histoire familière. Que ce n'était pas volontaire, qu'elle a réussi à s'échapper. Qu'il avait quand même réussi à lui tirer une balle malgré qu'elle se soit battue. Et tu sais qui est la personne qui s'est échappée. Plus tu l'entends se justifier envers cette personne qui lui cri dessus au téléphone, plus ton idée est faite. Dam. Cette jeune femme que tu as défendue, de laquelle tu t'es rapprochée. Celle qui est comme toi, qui a subit des choses similaires. Celle qui te comprend et que tu héberges à l'occasion afin de ne pas vous sentir seules. Et plus tu écoutes la conversation, plus tu ne peux être certaine d'une chose. C'est Cass. Elle a laissé glisser son prénom lors d'une terreur nocturne et même si tu n'as rien dis, tu l'as mémorisé.

Tu attends que l'appel se termine avant de t'approcher. Tes pas sont discrets, à peine audible pour quiconque qui ne porterait pas assez d'attention autour. Tu t'amènes derrière lui avec discrétion. Parce que tu ne le connais pas si ce n'est outre ce que ton amie t'a expliqué à son sujet. Tu ne sais rien de lui si ce n'est qu'il a voulu la tuer. Alors tu te fais prudente, ta mâchoire est serrée, parce que tu te doutes qu'il a une arme sur lui. Parce que ce serait complètement idiot de tuer des gens et ne pas en avoir une avec soi. Parce que d'être un tueur, ça donne des ennemis redoutables. Tu serres le poing qu'un instant, avant de laisser ta voix percer le silence de la ruelle, sachant très bien qu'il ne la connait pourtant pas encore. Tout comme ton visage, d'ailleurs. « Cass ? »

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MessageSujet: Re: You just reap what you've sown | PV Cass   Ven 8 Juin - 6:44

You just reap what you've sown


feat. Alexis & Cass


En sortant de chez toi ce soir là, en rallumant ton téléphone, reprenant contact avec le monde extérieur après des jours d'isolement et de silence, des jours passés dans ton lit à regarder le plafond, incapable de te lever, de manger et à peine de boire, tout juste assez pour survivre, tu savais d'avance que les choses ne pourraient pas bien se passer pour toi, tu savais les messages qui t'attendraient, tu savais les appels que tu recevrais et pourtant tu savais tout aussi bien que tu ne pourrais pas te cacher pour toujours, qu'il était amplement temps d'assumer ce que tu avais fait, ce qu'il s'était passé ce soir là, cette nuit là que tu revivais constamment depuis, à chaque fois que tu osais fermer les yeux, à chaque fois que quelque chose te faisait penser à elle...Tu entendais encore nettement sa voix parfois, comme si elle était dans la même pièce que toi, en train de t'appeler par ton prénom pour essayer de te dissuader de faire ça, tu l'entendais encore et toujours te dire que tu avais le choix, que tu n'étais pas cette personne là, ce type là qui se tenait devant elle une arme à la main et le regard vide d'émotions, tu ressentais encore tout ce qui t'avait envahis, cette escalade d'émotions insoutenables, ce tourbillon de sentiments beaucoup trop forts pour que tu puisses les gérer, les souvenirs de ton enfance qui se mêlaient à des souvenirs plus récents jusqu'à cette balle que tu avais tirée, un peu au hasard, sans réellement viser, cette balle que tu avais tirée pour tout faire cesser, cette balle que tu avais tirée et qui te hantait encore, cet ultime coup de feu qui avait fait basculer ton monde, qui avait fait voler en éclat tout ce que tu croyais savoir, tout ce que tu croyais être, ta vie qui s'était entièrement brisée à cet instant là, dans cette seconde précise, dans ce vieil appartement miteux et poussiéreux alors que s'élevait l'odeur trop familière de la poudre, de la poussière, de la sueur et du sang, cette seconde que tu revivais encore et encore sans réussir à mettre les mots sur ce qu'il s'était passé, sur ce que tu avais ressenti, comme si chaque cellule de ton corps avait juste hurlé de tout arrêter...Après ça c'était juste le trou noir, le vide absolu, tu te rappelles simplement être rentré, avoir éteint ton téléphone et t'être écroulé dans ton lit, avoir disparu de la circulation, avoir fait le mort et probablement être mort un peu aussi, jusqu'à aujourd'hui.

Tu n'allais pas mieux pour autant pourtant, toujours épuisé, toujours choqué, toujours assailli par les mêmes doutes, les mêmes hésitations, les mêmes regrets, mais tu avais au moins eu l'énergie de te traîner jusqu'ici, le quartier que tout le monde fuyait mais où toi tu te réfugiais, le dernier endroit où tu l'avais vu en vie, le seul endroit qui te faisait te sentir encore proche de lui, tu aurais tellement aimé que ce soir là ce soit toi qui ait été tué et pas lui, lui il ne se serait jamais écroulé comme tu le faisais,lui il n'aurait jamais douté, lui il était né pour ça, il était fait pour cette vie...

Tu déambulais dans les rues sans un bruit, sans croiser personne ce qui était plutôt normal à une telle heure de la nuit, laissant tes yeux vagabonder sur les immeubles aux teintes grisâtres encore plus glauques à la triste lumière blafarde des réverbères, sur les trottoirs défoncés, la route fissurée à tellement d'endroits que tu te demandais par quel miracle les gens pouvaient encore rouler, quelques emballages flottaient ça et là, quelques mégots écrasés, tu regardais distraitement ce quartier, la misère qui s'en dégageait lorsque tu sentis ton téléphone vibrer dans ta poche, que tu sortis avec appréhension, ton cœur loupant un battement en voyant le nom de celui qui t'appelait, Papa, tu savais que ce n'était pas anodin, tu savais qu'il avait dû apprendre ce que tu avais fait et qu'il devait déjà essayer de te joindre depuis des jours, tu savais qu'il était probablement plus qu'énervé, tu avais envie de l'ignorer et en même temps ça ne ferait qu'empirer la situation alors tu finis par décrocher, d'une voix tremblante, d'une voix mal assurée, la voix d'un petit garçon qui sait qu'il s'est fait attraper.
Il hurlait à l'autre bout du fil, n'écoutant qu'à peine les quelques justifications que tu tentais de lui donner, n'écoutant qu'à peine tes excuses, il se fichait bien de savoir que ce n'était pas de ta faute, qu'elle avait réussi à s'échapper, il se fichait bien de savoir que tu avais au moins réussi à la blesser, il se fichait bien de savoir que tu étais désolé, il te répétait encore et toujours que tu lui avais fait honte, que tu avais intérêt à revenir rapidement au QG, que vous aviez des comptes à régler, pour cet échec mais pour ta disparition aussi, que tu ne pouvais pas continuer à te comporter ainsi, et il y avait probablement une part de vérité dans ses reproches, il avait probablement raison tu ne pouvais pas continuer à disparaître de la surface de la planète chaque fois que les choses devenaient trop difficiles à supporter,tu ne pouvais pas continuer à tout garder pour toi, tout ce qui te faisait mal, tes peurs, tes doutes, tes regrets, jusqu'au moment où tu explosais, tu ne pouvais pas continuer à être une bombe à retardement ambulante et à tous vous mettre en danger...
Ce ne fut qu'une fois l'appel terminé,alors que tu écoutais les bip de ton téléphone résonner dans le silence sans oser raccrocher, comme paralysé, que tu réalisas que tu étais en train de pleurer, portant prudemment une main à ta joue, regardant les perles salées sur tes doigts, étonné, toi, tu ne pleurais jamais pourtant.
Ce fut une voix derrière toi qui te ramena à la réalité, te forçant à essuyer tes joues rapidement, espérant que tes yeux ne te trahiraient pas alors que tu te retournais vers la personne qui venait de t’interpeller

« Quoi ? »

Le ton n'était pas forcément très aimable mais lorsque tu réalisas que tu ne connaissais pas la jeune femme qui te faisait face, lorsque tu réalisas que c'était une inconnue face à toi, l'agacement laissa rapidement place à l'étonnement

« ...Comment tu connais mon prénom bordel ? »


Et plus encore, comment connaissait-elle ton diminutif ? Pas qu'il soit très compliqué à deviner en soi, il n'y avait pas des milliers de manières de raccourcir Cassiel mais personne ne se permettait de t'appeler ainsi sans te connaître un minimum...Ou sans venir de la part de quelqu'un qui te connaissait un minimum...Sentant une vague d'inquiétude te gagner, après tout tu n'avais pas vraiment que des amis, tu glissas discrètement la main dans ta poche arrière, prêt à sortir ton arme selon la réponse qu'elle te donnerait

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MessageSujet: Re: You just reap what you've sown | PV Cass   Dim 10 Juin - 20:14

You just reap what you've sown


feat. Alexis & Cass

En six mois à peine, tu n'as pas pu explorer autant que tu le souhaitais. Tu n'avais pas encore tout vu, tu n'avais pas encore entré dans tout les quartiers. Cependant, tu avais entendu bons nombres de commentaires en ce qui concernait le South side. Cet endroit qui était quasi abandonné par la ville, où se retrouvait les plus pauvres de la ville. Le quartier le moins recommandé, celui à éviter si on ne voulait pas se retrouver avec un coup de couteau ou à se faire voler notre sac à main si l'on semblait avoir un minimum d'argent. Tu n'aimes pas ce genre de dynamique. Tu n'aimes pas cette différence de classe sociale. Et quand tu parcours les rues trouées, les bâtiments qui semblent en décomposition, ça te donne mal au coeur. Mal de ne pouvoir rien faire, de savoir qu'il existe ce genre de coin tout simplement. Ce genre de quartier malfamé, il y en a partout. Dans chaque ville. Et c'est bien ce qui te crée douleur. Parce que tandis que les hauts placés vivent aisément, tandis que certains gagnent de l'argent rien qu'à rester assis derrière un bureau et faire un peu de paperasse, il y a ces jeunes. Ces jeunes qui habitent ces lieux et doivent se battre pour survivre. Et ils finissent rarement bien, pour beaucoup d'entre eux. Ça devient vite la loi du plus fort avec les gangs qui terrorisent la ville. Et quelqu'un qui a vécu la rue, qui a passé sa vie à se battre pour arriver à mettre de la nourriture sur sa table, c'est bien plus fort que le PDG d'une compagnie mondiale. Ce n'est pas pour rien qu'ils se cachent dans leurs bureaux, dans leurs grandes maisons. C'est pour ignorer la pauvreté. C'est pour faire comme si tout allait bien, ne pas sortir de leur confort et ne pas risquer de se prendre une raclée. Et ça te répugne. Même toi qui habite ta maison dans un bon quartier.

Ce sont toutes ces pensées qui te traversent alors que tu explores le coin à une heure tardive. C'est risqué, c'est dangereux, tu en as bien conscience. Tu pourrais rapidement te retrouver devant un règlement de compte, une initiation, un échange auquel tu n'as jamais eu droit d'y poser les yeux. Et tu pourrais rapidement finir au fond de l'eau avec ton corps inerte. Tu en as bien conscience, de tout ça. Mais tu devais quitter ta demeure, tes pas t'ont amenée jusqu'ici. Tu n'as pas réfléchis, tu as simplement décidé de te rendre quelque part et t'y promener. Peu importe le risque. Puis, si tu te fais discrète et silencieuse, c'était moins dangereux que de s'y promener en plein jour alors que les brutes sont sorties. Tu es consciente du risque, mais tu l'ignores. Si tu sais le danger, tu n'as aucune idée de ce sur quoi tu allais tomber. Tout pour fuir ta maison et cette voix qui te hante. Peu importe le lieu, à ce point-ci. Peu importe le danger.

Tu l'entends, l'appel. Et si tu ne parviens pas à entendre correctement les mots qui sont criés au travers du téléphone, tu entends la sienne. Celle qui s'excuse, qui est désolée. Celle qui se fait tremblante, un peu paniquée. Comme s'il tentait de se justifier sur une oreille sourde, qui ne veut rien entendre. Comme s'il avait peur de cette voix, de ce grand méchant loup sans visage. De la panique, de la honte, de la détresse. Du moins, c'est l'impression que tu as lorsque tu l'entends tenter de s'expliquer. Tu laisses l'appel se terminer, tu t'amènes derrière lui avec toute la prudence du monde. Ce n'était pas le moment de te faire braquer une arme dessus parce que tu as surpris la mauvaise personne. Ce serait idiot, ridicule. Et si tu n'es pas stable mentalement, tu te rappelles très bien de ce que tu as appris et mis en pratique pendant des années. Tu as pris soin d'observer la silhouette dans la noirceur, cherchant un reflet d'une lame ou quelque chose. Quelques secondes à peine alors que ta voix brise le silence. Il fait trop noir dans la ruelle pour voir où pourrait se trouver l'arme en question. En même temps, ce genre de personne, ça sait cacher le tout de façon discrète, n'est-ce pas? Alors tu prononces son surnom et tu le vois apporter ses mains à son visage rapidement après avoir tâté sa joue quelques secondes plus tôt.

Et c'est un regard humide, brisé, qui se retourne vers toi avec un agacement présent. Une voix qui n'est pas aimable, mais qui se change rapidement par de la surprise. Tu le comprends parfaitement. Il ne te connait pas, ne t'a jamais vue et tu connais pourtant son prénom. Ou surnom. Tu ne sais pas si c'est un diminutif. C'est tout ce que Dam t'a laissé, après tout. « Par quelqu'un. » Tu sors d'une voix que tu cherches à rendre douce, mais qui laisse transparaitre une partie de ton mépris. Parce qu'il a fait du mal à la jeune femme, parce qu'il l'avait blessée, parce qu'il a cherché à la tuer et qu'elle se retrouve avec des terreurs nocturnes désormais. Et tout comme les tiennes, tu ne sais pas si elle allait parvenir à s'en débarrasser un jour. Si le jeune homme en face de toi était assez intelligent, d'ailleurs, il allait rapidement faire le lien d'où tu le connais. Parce que s'il ne connait pas ton physique, la seule chose qui vous rattache c'est cette conversation que tu as entendue. Et à défaut de connaitre la voix au téléphone, il n'en fallait pas trop pour comprendre que tu étais reliée d'une quelconque façon à cette conversation. Soit ça, soit tu connaissais quelqu'un qui t'avait montré son portrait. Ta mâchoire est serrée, ton regard capte le mouvement discret. Parce que ce mouvement, tu l'as vu des centaines de fois. Un mouvement à peine perceptible, sournois. Une main qui se passe innocemment à l'arrière. Et si normalement quiconque devait être inquiet de ce genre de geste, tu restes pourtant de marbre. Tu n'as aucune protection, pourtant. Aucune veste de protection, aucune arme. Ce n'était pas prévu que tu te retrouves dans ce quartier dangereux, de toute façon. Encore moins d'y retrouver l'agresseur de Dam. C'était peut-être un peu suicidaire de ta part, peut-être un autre signe de ton esprit complètement brisé malgré le temps passé. Peu importe ce qui en est, tu ne bouges pourtant pas. Tu ne fais pas même un pas de plus, histoire de ne pas l'alarmer.

« Laisse ça là. » Tu désignes la main cachée de ton menton. Une voix un peu plus rapide, un peu plus autoritaire qu'il ne l'aurait fallu et un regard qui l'interdit de sortir l'arme, qui le prévient que c'est une mauvaise idée. Et cette petite étincelle, au fond de ton regard. Cette colère, qui brille au creux de tes iris. Parce que si ce n'était pas de ce regard encore un peu humide des larmes que tu présumes, ton poing aurait rencontré son visage et il te faut tout ce qu'il reste de clair et précis dans ton esprit, tout ce qui n'est pas épuisé ou instable, pour ne pas le faire. Pour ne pas simplement lui mettre un bon coup de poing pour le déstabiliser et lui crier dessus. Tu pourrais lui promettre que tu n'es pas là pour lui faire du mal, que tu n'es pas une source de danger. Tu pourrais lui dire tout ça pour le convaincre de ne pas simplement te braquer son arme dessus. Mais la vérité, c'est que tu n'en sais rien. Tu ne sais pas comment tu allais réagir dans les prochaines minutes à venir, selon ses réponses. « Ça ne te serviras à rien, si ce n'est qu'empirer ton cas. » Tu soupires un peu, plus pour retenir cette haine qu'autre chose. Pour calmer tes dents qui cherchent à se serrer l'une contre l'autre. Sauf que ça n'empêche pas le fait que tu le toises, que tes sourcils sont légèrement froncés. Autant par les émotions négatives qui t'envahissent que le fait que toute ton attention est portée sur le jeune homme en face de toi et les gestes de ses mains. Pour être prête à réagir s'il le faut. « J'ai... Entendu ta conversation. Accidentellement, c'est-à-dire. » Tu as pris soin de chercher tes mots, ton timbre de voix un peu plus froid que la normale transperçant l'air et le silence autour de vous deux. Tu ne t'attendais pas à le croiser un jour. Jamais. Et maintenant qu'il est devant toi, tu as cette boule au niveau du ventre. Celle qui veut lui faire du mal, lui faire regretter la moindre chose qu'il a fait subir à la jeune femme. Cette sensation qui ronge ton ventre et te demande d'ignorer ces paupières un peu rougies, ce creux sous ses yeux qui est encore teinté des traces de cette eau salée. Parce qu'il a dit à cette voix qu'il était désolée. Sauf que tu es incapable de savoir s'il est désolé qu'elle se soit échappée ou d'avoir commis le geste contre elle.
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MessageSujet: Re: You just reap what you've sown | PV Cass   Mer 18 Juil - 7:29

You just reap what you've sown


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Si ta première réaction en entendant cette voix derrière toi t'interpeller avait été de l'agacement, de la colère même, contre cette personne qui se permettait d'interrompre le cours de tes pensées, contre toi qui n'avait pas été capable de te retenir de pleurer, lorsque tu t'étais tourné vers elle, espérant que tes joues étaient suffisamment sèches, que tes yeux ne te trahiraient pas, lorsque tu avais réalisé que tu ne la connaissais pas après quelques longues secondes à l'observer, muet, figé, la colère avait laissé sa place à l'étonnement, puis rapidement à la méfiance, lui demandant toujours aussi peu aimablement comment elle connaissait ton prénom, pire comment elle connaissait ton diminutif, il n'y avait que ceux qui te connaissaient de près ou de loin qui pouvaient se permettre de t'appeler ainsi et autant dire que tu n'étais pas forcément aimé de toutes ces personnes, pour ne pas dire que tu avais bien plus d'ennemis que d'amis...Alors lorsqu'elle refusa de répondre, lorsqu'elle te dit simplement qu'elle l'avait appris par quelqu'un d'une voix teintée d'un mépris à peine camouflé, tu ne pus empêcher tes vieux réflexes de revenir, ta main gauche de se glisser dans un geste discret, presque imperceptible, dans ta poche arrière, là où  sous ta veste, tu sentais le poids familier de ton arme, tu ne pensais pas t'en servir, pas en pleine rue, pas à visage découvert mais tu préférais être prudent, tu ne savais que trop bien le nombre de personnes qui avaient mis ta tête à prix, entre les familles de tes victimes, les détectives privés, le gang ennemi, la police qui  te cherchait depuis des années sans jamais réussir à te faire tomber, tu n'étais pas vraiment plus paranoïaque que simplement réaliste lorsque tu t'imaginais en danger.

Ta main venait à peine de rencontrer l'arme dans ta poche, la froideur du métal contre tes doigts, un contact aussi familier que rassurant lorsque sa voix brisa à nouveau le silence, autoritaire, te demandant de laisser ça là, de ne pas aller au bout de ton geste, de tes pensées, ce qui eu pour effet de suspendre le mouvement, de laisser une nouvelle fois la surprise te gagner, il n'y avait qu'une seule manière de savoir repérer ce geste, c'était d'y être habitué, et il n'y avait qu'une seule manière d'y être habitué c'était de fréquenter des criminels d'un peu trop près, tu n'avais toujours pas la moindre idée de qui elle était mais tu revoyais à la hausse le danger qu'elle représentait, prenant au sérieux ses mots et son avertissement, ne préférant pas empirer ton cas, pour la citer, pas avant d'être parfaitement sûr de ce à quoi tu étais confronté.
Retrouvant l'espace d'un instant celui que tu étais vraiment, stratège, prudent, intelligent, tu ressortis lentement ta main de ta poche en prenant soin de la lui montrer, un pas en avant, un pas en arrière, c'était bien trop souvent comme ça que cela se passait.

«Ne pense pas que ça m'empêchera de m'en servir si j'y suis obligé »


Simple précision, juste au cas où, si jamais il lui venait à l'idée de penser que parce que tu acceptais d'obéir, tu n'étais pas un danger, juste pour qu'elle comprenne que si elle tentait quoique ce soit contre toi, alors à ce moment là, tu n'hésiterais pas à tirer.
Le silence retomba un instant entre vous, quelques secondes à peine, quelques secondes de trop, un soupir s'échappant de tes lèvres alors que tes yeux cherchaient les siens, lui demandant silencieusement d'en venir aux faits, de dire enfin ce qu'elle te voulait, pas réellement dans un état émotionnel qui te permettait de deviner, ni même qui te donnait envie d'essayer, tu voulais juste en finir avec tout ça, avec elle, avec lui, avec cette soirée, rentrer, t'écrouler, disparaître encore une fois peut-être, cesser d'exister. Tu ne sais pas si ce fut ton regard, ou ce qu'elle y vit, tes yeux rougis, tes cernes marquées, mais elle finit au moins par mettre fin à ce silence insoutenable et par en venir aux faits.

Elle avait entendu votre conversation, à ton père et toi, accidentellement s'était-elle empressée d'ajouter et si tu arrivais volontiers à croire qu'en premier lieu elle y avait assisté de manière involontaire, après tout il hurlait avec une force telle que ton téléphone ne devait pas réellement réussir à filtrer sa voix, il y avait bien une raison pour laquelle elle avait dû décider de rester, quelque chose dans ce qu'elle avait entendu, tes mots ou les siens, qui l'avaient interpellé.
Tu essayais de te remémorer ce que tu avais dit exactement, rien de plus que quelques excuses pour l'avoir laissé s'échapper, pour n'avoir réussi qu'à la blesser, rien de trop explicite, avec un peu de chance tu pourrais réussir à inventer une histoire crédible et innocente avec ce peu d'informations qu'elle détenait mais dans l'immédiat tu n'en fis rien, t'expliquer et te défendre ne ferait que confirmer ce qu'elle semblait s'imaginer ou peut-être même ce qu'elle savait.

« Et donc ? »


Tu plantas tes yeux dans les siens, croisant les bras dans une position d'attente, avec une assurance feinte à la perfection, essayant de lui faire comprendre silencieusement que tu ne plierais pas le premier et que quoiqu'il advienne tu nierais aussi longtemps que tu le pouvais.



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