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 Jusqu'à ce que la mort nous sépare |Eden&Nelson

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MessageSujet: Jusqu'à ce que la mort nous sépare |Eden&Nelson   Mar 15 Mai - 0:28

Quelle drôle de journée pour Nelson. Il était arrivé en avance sans faire exprès au travail, sans être parti plus tôt que d’habitude. Il avait été plus efficace que d’habitude, et de meilleure humeur que d’habitude. Ce jour-là, tout lui avait semblé facile, alors il en avait profité. Il avait été pique-niquer dans un parc au lieu de s’enfermer avec ses collègues dans leur salle de repos. Il avait pris le temps de photographier les graffitis qu’il trouvait marrant avant de les effacer des murs des toilettes. Il avait souri aux étudiants qui l’ignoraient et marchaient sur le sol encore mouillé qu’il venait de laver. Et il avait reçu un appel, c’était probablement de la part de quelqu’un qu’il avait vu dernièrement et qui allait proposer qu’ils se revoient.

Parce qu’elle était remplie de petites rencontres comme ça, la vie de Nelson. Des rencontres dénuées de sens, vides de signification, d’attachement et de sentiments. Ou bien on les percevait comme séances intimes et intenses qui laissaient en quelques heures l’occasion de connaître quelqu’un d’une manière bien différente de comment on aurait pu la percevoir en public. Bas les masques, tombée la chemise, pas de mensonges et de fausses intentions.
Certains se livrent plus que d’autres. Nelson, finalement, ne parle que très peu de lui, parce qu’il est toujours plus intéressé par les autres que par sa propre personne. Il plante ses yeux dans leurs âmes et les écoute, les fait parler, raconter leurs journées, décrire leurs peurs et expliquer leurs souhaits. Ça le détend beaucoup, d’écouter les autres. Ça lui rappelle quand il était amoureux, quand son monde tournait autour de quelqu’un d’autre. Il oublie sa vie, ce qui le tourmente et il se cale au rythme du cœur de celui d’en face.

Mais ces ersatz d’intimités ne valent jamais autant que l’original, le vrai amour, la véritable inquiétude que l’on ressent lorsque, suspendu à ses lèvres, on écoute sa vie se démêler sous de longs paragraphes vite articulés. Et le vrai besoin de se porter à son secours, main salvatrice posée sur la sienne, qui remonte le long de son avant-bras, qui glisse jusqu’à son épaule alors qu’on se penche pour être plus près de lui.
Ces souvenirs qui dataient des grasses matinées en sa compagnie à lui, à celui qui est parti, ils hantaient et motivaient beaucoup de choses que faisait Nelson. Finalement, même après presque trois ans, celui-ci gardait l’espoir qu’un jour, il trouverait quelqu’un avec qui il vivrait quelque chose d’au moins aussi bien.

Alors, son téléphone indiquait un appel manqué. Un de ces gars, probablement, à qui Nelson avait plu. Et Nelson le reverrait probablement avec plaisir, parce que plus il le verrait, plus proche ils se sentiraient. Un SMS renvoyé à la fin de sa journée pour s’excuser du temps mis à répondre, et la déconfiture.
Eden Vaughn. Assis dans sa voiture, Nelson ne savait trop comment réagir. Il relu plusieurs fois le message pour être sûr de ne pas se tromper, que sa mémoire ne lui joue pas un tour. Mais c’était bien elle.

Elle.

Alors Nelson se plia à ses ordres, parce que mine de rien, il lui tardait de la revoir. Pour qu’ils s’expliquent.
Elle avait envoyé les coordonnées d’un bar dans le North Side, alors il se gara en face et en poussa la porte. L’homme était en avance, il était toujours en avance. Il commanda un whisky on the rocks comme il avait l’habitude de le faire et sorti un billet de dix dollars qu’il posa négligemment sur le comptoir, parce qu’il sortait son téléphone pour renvoyer un message à la dame.
Le serveur l’en empêcha. « Ce sera dix-sept dollars pour le verre de whisky monsieur » fit-il. Nelson cligna des yeux d’hébétement et de surprise*, puis ressorti son portefeuille après quelques instants passés à comprendre. Il gardera la monnaie, parce que le pourboire était certainement compris dans le reste, vu le prix, et il s’en alla à une table.

Enfin tranquille, il sirota alors son verre, qui était vraiment pas mal (même si Nelson ne s’y connaissait pas, l’alcool avait juste meilleur goût que le whisky à quelques dollars de son bar habituel). Il sorti son téléphone et renvoya un message à sa rencontre de ce soir, aussi pénible soit-elle.

J'y suis, je suis assi à une table au fond

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Quand j'étais petit
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Et maintenant que j'suis grand
J'suis toujours aussi gland
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