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 quand on espère l'absence - yloé & xander

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MessageSujet: quand on espère l'absence - yloé & xander   Sam 24 Mar - 20:14

quand on espère l'absence
"Yloé est là ?" "J'sais pas, ça dépend qui le demande." ... Euh alors le mec il va vite redescendre d'un étage parce que Xander n'est pas d'humeur. Bon le mec aussi il est plus grand plus musclé mais c'est pas ça qui va l'arrêter. Il relève ses lunettes de soleil sur son crâne et pose un billet de dix dollars sur le comptoir. "T'as qu'à lui dire que c'est son agent de probation." Evidemment l'autre récupère le billet. Il peut dire adieu au cocktail qu'il comptait s'enfiler ce soir et se rabattre sur une bière. Car c'était évident, le petit n'avait pas pu s'en empêcher. Il l'avait vu le matin, dans la salle d'attente, des valises sous les yeux dignes d'un mec qui part pour dix ans, un besoin de caféine. Xander et le pédiatre avaient lu le même arrêt et tous trois ils avaient entendu la phrase "besoin de repos". Tu parles si ça avait arrêté le petit Yloé dans sa quette d'il ne savait même pas quoi d'ailleurs.

Ca l'avait travaillé toute la journée. Ce jeune qui allait finir par crever dans deux ans à force de courir dans tous les sens, de se faire mal et d'être aussi épuisé. Un jeune était par définition en forme mais Yloé y allait trop fort et ça n'avait rien de normal. C'était même alarmant et Xander ne pouvait s'empêcher d'y voir un problème. Peut être que quelqu'un d'autre l'avait remarqué. Déjà qu'il était distrait en ce moment au boulot. Mais ce qui était le plus inquiétant dans l'histoire était la constante de Yloé. Un jeune homme de son âge ne devrait pas venir aussi souvent les voir en section soin, bien au contraire. Il enregistra de vérifier son dossier le lendemain pour savoir combien de fois vraiment il était venu. Au bout d'un moment lui prescrire des vitamines ne suffiraient sans doute plus.

Et évidemment plus personne ne se pressait pour lui offrir à boire. En même temps vu le milieu ... lui même faisait encore trop classe pour l'endroit. Il soupira et s'assit directement au bar. Eh bé et Yloé bossait là. Il nota de dénoncer cet endroit de façon anonyme à l'inspection. Sauf que son ami pourrait en perdre son taf. Bonne ou mauvaise chose ? Il regarda sa montre. L'autre avait foutu le camp au loin avec ses dix dollars en plus. Génial. On faisait mieux comme soirée. Peut être qu'après tout l'adolescent était vraiment en train de se reposer chez lui ?

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@Yloé Turner ( sorry c'est court u_u )
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MessageSujet: Re: quand on espère l'absence - yloé & xander   Dim 25 Mar - 7:01

quand on espère l'absence

Tu avais fini aux urgences ce matin là, encore une fois avec toujours le même diagnostic une fois là bas : Tu étais à bout de force, tu avais besoin de te reposer, d'arrêter de travailler autant, comme si tu ne le savais pas déjà toi-même, comme si tu n'étais pas le premier concerné mais c'était plus fort que toi, tu avais besoin de travailler, pour fuir la maison familiale, cette maison de l'horreur où t'attendais ton bourreau, ce monstre que ta mère avait fait entrer dans vos vies il y a quelques années et qui prenait plaisir à se défouler sur toi chaque fois qu'il te voyait, pour un geste, un mot en trop, parfois pour rien aussi, juste parce qu'il te détestait profondément, viscéralement, parce qu'il voulait t'apprendre la virilité, pour pouvoir ne plus jamais y revenir un jour aussi, pour pouvoir t'en aller à l'université à la fin de l'année et ne plus jamais entendre parler d'eux, laisser la peur, la violence derrière toi mais ça évidemment, ces médecins qui te disaient de te reposer, de rentrer chez toi, comme si c'était facile, simple, comme si tu avais même encore un chez toi, ne le savaient pas, et tu ne disais rien, parce que tu ne voulais pas que les choses soient pires ensuite, parce que tu pensais pouvoir gérer tout seul, sans même réaliser que tout t'échappait lentement, que tu te donnais l'illusion de contrôler encore quelque chose qui n'était plus de ton ressort depuis longtemps.

Sorti de là c'était toujours la même chose, toujours les mêmes gestes, comme une routine qui s'était installée, sourire, mentir, déchirer l'arrêt de travail, le certificat médical une fois les portes franchies, repoussant l'aide, les mains qu'on tendait vers toi parce que tu n'avais pas besoin d'eux, tu n'avais jamais eu besoin d'eux jusque là, retournant au lycée comme si de rien n'était, prétextant une panne de réveil, un retard de bus, n'importe quel baratin vaguement crédible qui suffisait à justifier ton absence, on ne te posait pas de questions de toute façon, on ne posait jamais de question dans le lycée de ton quartier, des gosses en train de sombrer, il y en avait bien trop pour essayer de les sauver. Et puis tenir la journée, écouter des professeurs tout aussi usés et épuisés que toi répéter les mêmes cours qu'ils répétaient déjà depuis de longues années, prendre des notes, recommencer, jusqu'au moment où la sonnerie viendrait te libérer, aller à la salle de sport pour attendre que les heures passent et enfin aller au bar pour travailler.

Ce soir là n'avait pas fait exception et tu débarquas dans le vestiaire à l'heure habituelle, saluant tes collègues alors que tu enfilais ton uniforme, jetant un regard vers le miroir, décidant de remettre un peu d'anti-cernes pour camoufler les dégâts avant d'arranger tes cheveux lorsqu'un de tes collègues débarqua

« Ylo, y a un mec qui te demande devant »

Tu haussas légèrement un sourcil toujours sans détourner les yeux du miroir

« C'est le mec de l'autre fois ? Celui qui voulait payer pour coucher avec moi ? Je lui ai déjà dit que même si ce bar est pourri et paumé au milieu du southside je fais pas dans ce business là »

« Non un autre encore»

Tu soupiras lentement avant de ranger tes affaires, c'était l'aspect que tu détestais le plus dans ton travail mais tu n'avais pas le choix, plus vite tu verrais le mec en question, plus vite tu expédierais la question, plus vite tu aurais la paix.
Toutefois, tu te figeas bien vite en réalisant qu'il ne s'agissait pas d'un quelconque client venu te draguer lourdement mais de quelqu'un d'autre, que tu ne connaissais que trop bien

« Xander ? Tu veux boire quoi ? »

Tu faisais l'innocent, lui adressant ton plus beau sourire de serveur, tu savais pertinemment qu'il était là ce matin, qu'il avait dû entendre ce qu'il s'était dit et donc qu'il savait que tu n'aurais pas dû être en train de travailler mais tu n'avais absolument pas envie d'aborder le sujet.


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@Xander Dromes C'était parfait chaton
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MessageSujet: Re: quand on espère l'absence - yloé & xander   Lun 26 Mar - 18:19

quand on espère l'absence
Donc ce con était vraiment venu bosser en fait. Désespérant. Xander s'accoude au comptoir en l'attendant. Il se demande ce qu'il peut faire concrètement. Il n'est pas médeçin. Il est à peine capable d'être quelque chose déjà. Il note dans le coin de sa tête de vérifier le dossier de Yloé. Car l'adolescent par définition est un être en pleine forme, en croissance, pas fatigué, fort, puissant, ce que pour l'instant il n'est pas. Il se demande s'il doit y avoir une raison quelque part, quelque chose qu'il cache. Sûrement d'ailleurs. Mais après, est ce qu'il a le droit de s'en faire ? Cela fait surement parti du secret professionel mine de rien. Quoi que, encore une fois, Xander n'est pas médeçin. Il n'est pas personnel médical à proprement parler. Il aurait bien aimé. Il avait commençé. Avant d'arrêter. Trop dur pour lui, hors de sa portée. Par contre, aider Yloé était dans ses moyens. C'était pour ça qu'il était venu vérifier. Une inquiétude. Un préssentiment ou quelque chose comme ça. Pas comme si l'autre ne leur avait jamais fait un coup de ce genre. C'était sans cesse. Il venait se faire admettre, prenait des médocs s'il le fallait, fuir, revenir. Il n'arrivait plus à se souvenir combien de fois il l'avait vu franchir les portes du service, chaque fois plus amoché.

Non et puis sérieux cet endroit on en parle ou pas ? C'est ... ce n'est pas la place d'un adolescent bordel c'est la place des putains et des vendeurs de drogues. Pour autant qu'il sache, Yloé n'est ni l'un ni l'autre. Quoi que. Niveau double vie il pourrait témoigner. Mais le problème de base restait le même. Ce n'était pas la place d'un ado de rester là, de travailler là. Etait-il vraiment le seul à capter que Yloé n'a pas vingt et un an bordel ou est ce qu'ils savent et s'en balancent ? Tiens en parlant de s'en balancer, le v'là. Pas en forme. Evidemment. Sérieusement il était là quand le pédiatre lui a fermement conseillé de reposer. Est ce que ce gamin est sourd ? Sans doute pas pourtant. Il soupire en le voyant débarquer et en plus feindre l'innocence totale, comme s'ils ne se connaissaient qu'à peine comme si Xander ne savait pas que Yloé était un mineur et deux fatigué. Incroyable. "Tu t'fous de moi ? Qu'est ce que tu fous ici ? On sait tous les deux que tu devrais être au fond de ton lit, à matter Netflix Kids et à manger des céréales !" Ouais il exagère peut être un peu mais l'autre n'est vraiment qu'un môme comparé à lui. Et il l'a vu pour la première fois ... vraiment déjà il était petit. "Oh et puis tiens va s'y fais moi un cocktail, avec du gin et j'espère que tu ne sais pas ce que c'est parce qu'à ton âge on n'en boit pas." Malin vraiment. Il croise les jambes en le fixant. "Sérieusement Yloé. Qu'est ce que tu fais ici ? Et me sors pas que tu te sens mieux." Parce qu'il ne le croirait pas. Déjà.

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MessageSujet: Re: quand on espère l'absence - yloé & xander   Mer 28 Mar - 4:42

quand on espère l'absence


Persuadé de devoir aller remballer un énième mec louche te demandant de te prostituer, tu te figeas bien vite en réalisant qui t'attendait réellement au bar, Xander, un ami certes mais surtout le standardiste de l'hôpital dont tu étais sorti ce matin avec un arrêt de travail de plusieurs jours, une obligation de te reposer, que tu avais déchiré à l'instant même où tu avais mis les pieds sur le parking bien évidemment, mais tu te doutais qu'il avait tout entendu et que sa présence ce soir n'était pas anodine.
Toutefois, arrangeant tes cheveux et prenant ton plus beau sourire de serveur, tu te dirigeas vers lui, lui demandant innocemment ce qu'il voulait boire.
Sa réaction ne se fit pas attendre évidemment, te demandant si tu te foutais de lui et ce que tu foutais ici alors que tu devrais être dans ton lit à -mater Netflix Kids et manger des céréales- tu le fusillas du regard, lui faisant signe de baisser d'un ton avant qu'un de tes collègues n'entende la conversation, personne ici ne savait que tu étais mineur, plus ou moins tout le monde s'en doutait mais personne ne disait rien, tout comme plus ou moins tout le monde voyait très bien que tu n'allais pas bien sans rien dire non plus, la loi du silence était la loi de ce bar, on voyait quel collègue était mineur, quelle collègue était enceinte, qui était alcoolique, qui piquait dans la caisse mais on ne disait rien, jamais rien.

« Xander grille pas ma couverture, ce serait sympa s'il te plait»

Même si en soi tu doutais que ça change quoique ce soit, même si tes patrons apprenaient officiellement que tu étais mineur ou en mauvaise santé, ou les deux, tu savais qu'ils te garderaient parce qu'ils manquaient de personnel, personne ne voulant travailler dans un bar glauque du southside et parce que tu travaillais ici depuis deux ans sans jamais te plaindre, pas même du salaire misérable, faisant même un nombre incalculable d'heures supplémentaires.

Ce fut la voix de Xander qui te tira de tes pensées, te demandant un cocktail à base de gin, soulignant qu'il espérait que tu ne savais pas ce que c'était -parce qu'à ton âge on n'en boit pas- ce qui te fit lever les yeux au ciel une nouvelle fois, le laissant quelques secondes pour aller chercher de quoi préparer son cocktail avant de revenir et reprendre la conversation comme si de rien n'était.

« Je bosse dans un bar depuis deux ans crétin, évidemment que je sais ce que c'est, je sais même quel goût ça a si tu veux tout savoir, faut bien goûter ce qu'on sert, il paraît que ça se fait pas trop d'empoisonner les clients »

Même si vu le bar en question tu doutais franchement que quiconque oserait entrer pour enquêter.
Tu lui tendis son cocktail, toujours sans te départir de ton sourire trop poli, trop parfait, prêt à aller vers le client suivant lorsqu'il t'interpella à nouveau, te demandant cette fois sérieusement ce que tu faisais ici, tu t'apprêtais à simplement lui dire que tu te sentais mieux lorsqu'il prit les devants, balayant cette excuse avant même que tu ne l'aies prononcée, te faisant te demander un instant si ta fatigue se voyait à ce point, si tu n'aurais pas dû rajouter encore un peu de maquillage.

« Euh...Bah je travaille ? J'ai l'air d'être en train de faire quoi d'autre ? »

Pragmatique



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MessageSujet: Re: quand on espère l'absence - yloé & xander   Sam 31 Mar - 20:05

quand on espère l'absence
Xander est quelqu'un de simple : quand il a un rhume il décroche son téléphone pour ne pas aller bosser. Quand il voit des personnes qui ont besoin de soins, il se précipite pour les aider. Il fait attention à ceux qui tombent dans la rue quand il y en a, il aimerait donner plus de pièces aux sdf même s'il doit les garder pour lui pour manger. Il jette un oeil aux enfants qui passent les portes de son service parce que ça fait aussi parti de son travail. Alors non Yloé n'est plus un enfant et théoriquement il n'est plus un gamin, il sait son âge, mais il sait aussi qu'il doit être épuisé et limite blessé. Il sait combien l'autre devrait être dans son lit et pas ici. Ca le révolte quelque part. Il voit Yloé dans ce décor sombre, glauque et ça l'énerve. Alors il peut prendre ses grands airs le petit, il n'empêche que Xander s'inquiète. C'est étrange. Il comprend les grands frères qui s'inquiètent pour leurs cadets, les parents qui paniquent pour leurs gosses. Qui panique sur le fait que Yloé soit là à cette heure en train de servir de l'alcool dans un bar ? Et peut être même d'autres choses ?

Sauf que Xander se prend en retour une remarque sur sa couverture et ça lui saute aux yeux. Yloé n'a pas envie d'être ici. Il a juste besoin de fric, besoin d'avoir des billets verts, besoin de travailler. Peut être qu'il est aussi pauvre que lui après tout il n'en sait rien. Il n'a pas le droit de juger. Alors Xander redescend lui aussi. Il n'a pas le droit de se prendre pour le grand frère qu'il n'est pas, il ne doit pas lui faire la leçon. Alors il va y aller autrement. Il se pose sur une chaise du bar, demande un cocktail, pose ses affaires. Après tout il a besoin de boire. Peut être qu'ils en auraient tous les deux besoin. Il soupire. "Ca va excuse moi j'arrête. Tu fais comme tu veux après tout. Ou comme tu peux." Il connaît lui aussi les fins de mois à boire de l'eau avec du sucre dedans pour ne pas penser aux frigos vides après tout. Qui est-il pour oser juger. Il ne veut pas que Yloé ait d'emmerdes. Il prend son coktail avec un regard foudroyant sur l'adolescent. Il s'prend pour quoi le jeune homme. "Goûter ce qu'on sert ... j'espère que t'as goûté qu'à l'alcool." Parce que ce bar est comme les clichés qu'on voit dans les séries : des repaires à malfrats qui font du trafic humain et de drogues. Bon sang Yloé est sans doute dans une merde monstrueuse. Il le fixe. Il attend une explication.

Parce que Xander a une facheuse tendance à prendre soin des gens, en particulier ceux qu'il apprécie, en particulier ceux qu'il a vu le matin même dans le mal dans une salle d'attente d'hôpital. Il trempe ses lèvres dans le coktail, boit doucement, observe Yloé, attend sa réponse et son air ... bizarre. Non il ne va pas mieux. Il rejette ses cheveux en arrière. "Je vois bien que tu travailles. Donc laisse moi reformuler ma question : pourquoi est ce que tu viens travailler alors que le doc t'a fait un arrêt ce matin ? Tu sais que t'es payé quand t'es en arrêt mon chou ? Tu vas quand même pas me sortir que tu viens pour la clientèle fidèle et les pourboires ?" Parce que bon euh hein on repart dans la description ou c'est même pas la peine on a compris les bails ? "Je ... on s'inquiète." Il emploie le pluriel. Pour le mettre en confiance. Essayer de lui faire croire qu'il n'est pas le seul.

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MessageSujet: Re: quand on espère l'absence - yloé & xander   Lun 9 Avr - 6:57

quand on espère l'absence


Tendant son cocktail à Xander et espérant pouvoir échapper au regard qu'il portait sur toi, aux interrogations qui semblaient assaillir son esprit, tu t'apprêtais à partir t'occuper d'un autre client lorsqu'il t'interpella à nouveau, te forçant à te retourner vers lui pour lui faire face. L'air sérieux cette fois il te demandait ce que tu faisais ici alors qu'il t'avait vu le matin même dans un état pitoyable à l'hôpital, tu t'apprêtais à répondre ce que tu répondais toujours dans ces cas là, ce mensonge que tu avais tellement l'habitude de prononcer que tu arrivais presque à t'en convaincre toi-même parfois, que tu allais mieux tout simplement, lorsqu'il balaya cette possibilité, te forçant à trouver une autre réponse, qui ne put être que la plus pragmatique, la plus logique, il voulait savoir ce que tu faisais, tu lui répondis simplement que tu travaillais, prêt une nouvelle fois à t'enfuir sans un mot de plus, tu n'avais pas envie de parler de ça, pas envie de parler de ce qui te poussait à aller à l'hôpital si souvent, pas envie non plus de parler des raisons qui te forçaient à passer tes nuits dans ce bar pourri depuis deux ans déjà, tu détestais ça,  pourtant il ne te laissa pas vraiment le choix, refusant cette réponse pourtant si claire, insistant, il voulait comprendre pourquoi tu venais ici alors que tu étais tout de même payé même en étant en arrêt, supposant probablement que les choses étaient aussi simples qu'un problème financier, parce qu'ils s'inquiétaient, c'était ce qu'il disait pour se justifier et l'usage du pluriel te fit sourire, il pouvait dire ce qu'il voulait, il n'était pas vraiment meilleur menteur que toi, loin de là.

« Mens pas, y a que toi qui t'inquiète. »


Simple constat, pas de rancœur, de douleur, de colère ou de sentiment négatif quelconque dans ta phrase, dans tes mots, bien au contraire, tu avais toujours ton sourire aux lèvres, ta voix calme et posée alors que tu prenais même place en face de lui cherchant à capter son regard.

« Je suis pas stupide, vu le nombre de fois où je viens aux urgences chaque semaine s'ils en avaient quelque chose à foutre de moi, ils auraient déjà signalé mon cas »

Mais qui en avait réellement quelque chose à faire de toi ? Qui en avait réellement quelque chose à faire d'un gosse né dans les quartiers pauvres, fils d'un membre de gang qui s'était fait arrêter, d'un mioche, fils de prisonnier ? Tu l'avais compris et intégré depuis longtemps que tu ne devais rien espérer, rien attendre de qui que ce soit, que pour le reste du monde tu étais déjà condamné, une destinée toute tracée, que tu ne pouvais compter que sur toi-même pour avancer, pour ça, pour l'université, pour le reste, si tu voulais quelque chose tu étais forcé de te débrouiller, d'aller l'arracher aux mains de ceux à qui elle appartenait, tu étais forcé de faire preuve d'excellence, là où pour d'autres la médiocrité suffisait, c'était injuste, évidemment, révoltant, mais c'était ainsi que les choses fonctionnaient pour les gamins comme toi et pour ça que beaucoup renonçaient en chemin, décidant de tout simplement se conformer, c'était souvent bien plus simple que de lutter...Alors non, tu n'étais pas choqué, ni vexé que ceux pour qui tu n'existais déjà plus, ceux pour qui tu n'étais qu'un nom de plus à ajouter à la longue liste de ceux qui mourraient d'ici quelques années, ne s'inquiètent pas pour toi, tu étais plus surpris de l'inverse en toute honnêteté, surpris qu'il ait pris sur son temps libre pour venir voir si tu travaillais, surpris qu'il insiste encore alors que tu l'avais tout de même plus ou moins envoyé balader, il ne te devait rien pourtant, tu ne pouvais pas nier que ça te touchait alors tu décidas finalement de lui livrer une partie de la vérité, attrapant son cocktail pour en avaler quelques gorgées, tu détestais l'alcool pourtant mais tu avais au moins besoin de ça pour oser parler.

« Je sais qu'on est payé quand on est en arrêt et je viens certainement pas par plaisir de servir des gars qui pensent juste à me prostituer je te rassure, c'est juste qu'ici c'est toujours mieux que chez moi, tu peux me croire... »

Toujours mieux que de se faire frapper à peine rentré, toujours mieux qu'encaisser les insultes, les coups en silence, sans même oser se rebeller, sous les yeux vides d'une mère qui avait renoncée depuis longtemps, préférant utiliser son propre fils comme bouclier, il n'y avait bien que quand il dormait, que quand il s'effondrait plutôt, après son dernier verre de la journée qu'il te laissait en paix, et à peine réveillé, tout recommençait.




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