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 Nobody Can Save Me - Lilas

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MessageSujet: Nobody Can Save Me - Lilas   Mer 21 Mar - 8:03

Yloé & Lilas


« Et pour la semaine prochaine, vous n'oublierez pas de... »

Sorti brutalement de tes pensées par ces quelques mots, tu réalisas qu'une nouvelle fois tu t'étais assoupi malgré toi en cours, grimaçant à la simple idée de la quantité de travail qu'allait te coûter cette inattention alors que tu rassemblais tes affaires avant de quitter la salle en prenant le plus de temps possible.
Il était seulement 17h, tu avais encore trois heures devant toi avant d'entamer ton service au bar et contrairement à la plupart des autres élèves tu ne pouvais pas vraiment te permettre de rentrer te reposer chez toi, à une heure pareille ton beau-père en était probablement à sa quatrième bière et trouverait assez facilement quelque chose à te reprocher, un objet mal rangé, la vaisselle mal essuyée, tout serait un prétexte suffisant pour te frapper, parfois il ne prenait même plus la peine de chercher une excuse et t'accueillait simplement sous les coups, ta mère assistant toujours au spectacle sans dire un mot, tu préférais encore ça, les rares fois où elle parlait étant pour te dire que tu avais dû bien le mériter, autant dire que tu préférais amplement ne rentrer qu'en cas d'extrême nécessité.

Toujours sans te hâter, tu finis par sortir du lycée, émergeant dans le froid et prenant le chemin de la salle de sport, le seul endroit où tu pouvais te réfugier sans attirer les regards, le seul endroit où personne ne jugeait un gamin qui venait y traîner au lieu de rentrer chez lui, probablement parce que beaucoup d'autres gosses étaient dans ton cas, la violence n'était pas rare dans ton quartier, entendre les hommes hurler, retrouver les enfants ou les femmes avec des bleus sur le visage le lendemain faisait aussi partie d'une certaine forme de quotidien, avec les loyers impayés, les relances sur les factures d'électricité qui s'entassaient et cette bouffe discount que tu détestais.

Avec un soupir las tu finis par entrer dans la salle, saluant quelques habitués que tu connaissais, ignorant royalement Lilas au passage avant de t'isoler au sac de frappe, trop de négativité récemment, trop de lassitude, de questionnements qui ne trouvaient jamais leur réponse, tu avais besoin d'évacuer et c'était la seule manière que tu connaissais.
Si tu étais souvent perçu, et à raison comme doux et calme, ces moments là étaient les seuls où tu te permettais de laisser libre cours à ton agressivité, où tu te permettais de laisser s'exprimer la colère, la frustration, la douleur qui t'habitaient comme elles habitaient tout un chacun, tu restais un être humain et au delà des apparences bien sûr que tu étais parfois en colère, révolté contre la situation, bien sûr que tu avais des fois envie de hurler ta haine et ta douleur mais tu le faisais dans ces quelques instants, utilisant cette énergie pour transformer le négatif en positif, pour trouver quelque chose d'utile dans cette violence, parce que tu avais toujours été comme ça, tu n'étais pas de ceux qui se laissaient dominer, submerger, noyer par leurs émotions, toi tu étais de ceux qui les transcendait au contraire, un caractère qui aurait pu être admirable si seulement tu avais su le faire avec modération, si seulement tu n'avais pas toujours eu cette tendance à toujours en faire trop, aller trop loin, repousser les limites au delà du tolérable et de l'acceptable comme tu le faisais avec ton propre corps ces derniers temps, refusant d'entendre les signaux d'alarmes, refusant de voir la fatigue qui te rongeait lentement, qui s'insinuait en toi comme un poison, refusant de réaliser à quel point les malaises se multipliaient.
Encore à cet instant très précis alors que la faiblesse et la migraine te gagnaient tu ne réagis qu'à la dernière minute, te précipitant vers les vestiaires, juste à temps pour te laisser glisser au sol, les mains tremblantes, la tête qui tournait atrocement, les larmes qui coulaient le long de tes joues brûlantes tu demandais combien de temps tu réussirais à rester conscient.



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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Mer 21 Mar - 18:56

Nobody can save me"Ce qui existe, ce sont les échecs. Personne n'y échappe. Aussi vaut-il mieux perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d'être battu sans seulement savoir pour quoi on lutte.           - Paolo Coelho -Yloé et Lilas
- Le sport est une grande partie de la vie de Lilas, comme beaucoup de petites filles, elle a commencé par la danse suivit de l'équitation, la natation, le patinage artistique... Rien n'échappait à la jeune fille. Plus les années passaient et plus elle prenait du temps pour faire du sport, s'entraîner allant même jusqu'à vouloir en faire son métier plus tard. Elle avait donc intégré l'université sportive de sa ville, malgré ses nombreuses heures de sport dans la semaine, cela ne lui suffisait pas et il n'était pas rare de la croiser dans la salle de sport. C'est l'un des endroits qu'elle préfère, où elle passe beaucoup de temps, elle était d'abord dans une salle dans le Northside cependant lorsqu'elle avait connu Diego, le meilleur ami de son beau-frère Gabriel, ce dernier l'avait alors invité à venir dans sa salle qu'il tenait dans le Southside. Cette dernière l'a tout de suite séduite et c'est désormais sa salle habituelle, d'ailleurs il n'est pas rare de la voir faire de la boxe également, de ce côté, c'est lui qui lui apprend tout alors qu'elle essaye de lui apprendre d'autres choses qui est plus dans son domaine. Elle sait également que l'un de ses ami de lycée vient régulièrement ici, un jeune homme qu'elle apprécie énormément et qu'elle sait dans une situation difficile et c'est pour cette raison qu'elle n'hésite pas à lui venir en aide. Toutefois, il ne lui adresse plus la parole depuis quelque temps et fait comme si elle n'existe pas, ce qui a tendance à l'a blessé puisqu'elle ne voit pas ce qu'elle a pu faire de mal et elle en vient même à se remettre en question. Lorsque ce dernier arriva, Lilas était sur l'une des machines, s'exerçant tranquillement en espérant qu'il vienne lui dire bonjour, mais une fois de plus, il l'évita. Évidemment, elle ne laissait rien paraître devant lui, mais au fond, elle sentait son coeur se serrer.

Une trentaine de minutes plus tard, Lilas s'était finalement décidée à prendre une pause pour pouvoir respirer un peu et puis elle commençait à s'assoiffer, ayant oublié sa bouteille dans les vestiaires. Elle se dirigea alors vers ces derniers, mais c'est à ce moment qu'elle vit Yloé, assis au sol avec une respiration irrégulière mais surtout le corps tremblant de tous les côtés... C'était étrange, et il semblait épuisé, à bout de forces, malgré qu'il lui faisait la tête, elle ne pouvait pas vraiment le laisser ainsi sans lui venir en aide puisqu'il reste son ami après tout. Elle vient alors s'agenouiller près de lui -

"Qu'est-ce qu'il t'arrive Yloé? Tu sembles épuisé! Si tu as besoin de quoi que ce soit, dis-le-moi."

- Elle déposa alors une main contre ton front et sentit à quel point tu étais chaud ainsi que tremblant, signe que toute force avait quitté ton corps. Elle alla rapidement vers son vestiaire, prenant une serviette qu'elle humidifia avec de l'eau froide avant de venir la tamponner sur ton front avec douceur. -

"Est-ce que tu veux que j'appelle les secours? Tu m'inquiètes..."

- Lilas détestait être impuissante et avait l'impression de ne pas servir à ce moment-là, mais elle ne savait pas vraiment comment elle pouvait réagir, ne voulant pas faire quelque chose de travers en vue de ton état de santé. Elle espérait juste que ce ne soit pas quelque chose de trop grave pour ta santé, elle connaissait ta situation familiale donc elle savait que tu n'avais pas besoin de tout ca en plus. -


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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Sam 24 Mar - 6:20

Yloé & Lilas


Réagissant à la dernière minute, tu réussis à te précipiter dans les vestiaires juste à temps pour te laisser glisser au sol à l'endroit où tu avais déposé tes affaires en arrivant, tout ton corps tremblant sans que tu ne puisses le contrôler, tu sentais le monde qui tournait autour de toi, te demandant si tu réussirais à rester conscient cette fois ou si tu allais simplement t'effondrer pour rouvrir les yeux quelques minutes plus tard, alors que les larmes coulaient sur tes joues malgré toi, des larmes d'impuissance, de rage aussi, tu avais horreur de ces moments là, ces instants de faiblesse, tu détestais sentir à ce point ton corps qui t'abandonnait, et, comme si la situation n'était pas déjà suffisamment catastrophique, tu entendis quelqu'un qui approchait, des bruits de pas de plus en plus fort, priant intérieurement pour que cette personne n'entre pas, pour que personne ne te voit comme ça, dans un tel état, mais c'était déjà trop tard, déjà la personne en question dont tu reconnus la voix avant même de voir le visage s'agenouillait à côté de toi, te demandant ce qu'il t'arrivait avant d'ajouter que tu avais l'air épuisé, que si tu avais besoin de quoique ce soit tu pouvais le lui demander et si tu avais été en état d'articuler quoique ce soit, si tu avais réussi à respirer suffisamment correctement pour aligner quelques mots, quelques phrases, tu lui aurais simplement demandé, probablement tout sauf poliment de dégager, tu ne voulais personne à tes côtés et certainement pas elle, certainement pas Lilas, pas après toutes ces semaines à l'éviter soigneusement et à ne plus lui adresser le moindre mot.
Le pire était que tu ne la détestais pas, pas vraiment et encore moins quand comme aujourd'hui elle s'inquiétait réellement pour toi, essayait de te venir en aide, de prendre soin de toi, mais tu l'avais vu, passer du temps avec Diego et tu avais été incapable de réagir autrement que par la fuite, pour toi il était évident que si elle passait du temps avec lui elle faisait partie de ce gang qui avait détruit ta vie, ou en ferait partie très prochainement et tu ne voulais pas leur donner une chance de t'atteindre une nouvelle fois, de t'arracher quelqu'un une nouvelle fois comme ils t'avaient volé ton père alors que tu avais huit ans à peine, préférant prendre les devants cette fois, c'était toujours moins douloureux de laisser quelqu'un plutôt que de devoir lui dire au revoir plus tard, dans les cris et les larmes, les images de la séparation avec ton père hantaient encore tes nuits même dix ans plus tard.

Ce fut sa voix qui t'arracha à tes pensées, à ces souvenirs douloureux qui te revenaient en mémoire maintenant que tu la voyais, te demandant avec cette même douceur, ce même tact qui la caractérisait si elle devait appeler les secours, te faisant réagir rapidement, reprendre conscience de la réalité, essuyant rapidement tes joues d'un revers de main.

« Surtout pas, je dois travailler ce soir, mon patron compte sur moi je peux pas le planter à la dernière minute »

En vérité tu aurais pu, et il aurait compris, mais tu ne voulais pas, tu en avais besoin, de travailler, travailler pour ne penser à rien, pour t'évader loin, pour déconnecter ton cerveau, ne plus ressentir, ne plus penser, pour certains c'était la drogue, pour d'autres l'alcool, pour toi c'était le travail, ton unique échappatoire d'une réalité que tu haïssais.

Te relevant précautionneusement tu finis par te diriger vers le lavabo le plus proche, te passant doucement de l'eau sur le visage alors que tu affrontais ton reflet, remarquant à quel point tu avais l'air épuisé, en plus d'avoir toujours les marques sur la joue de la dernière dispute avec ton beau-père, un bleu qui prenait doucement les couleurs de l'arc en ciel.
Tu finis par lâcher un soupir et te tourner à nouveau vers elle.

« C'est rien je t'assure, ça arrive des fois c'est pas grave »



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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Sam 24 Mar - 12:48

Nobody can save me"Ce qui existe, ce sont les échecs. Personne n'y échappe. Aussi vaut-il mieux perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d'être battu sans seulement savoir pour quoi on lutte.           - Paolo Coelho -Yloé et Lilas
- Même si elle ne le montrait pas, Lilas avait très peur pour son ami mais, elle essayait de contenir ses émotions pour ne pas l'inquiéter un peu plus. Son état de santé se dégradait de plus en plus, elle n'était pas folle et elle voyait très bien que depuis quelques semaines, c'était la dérive totale et elle ne voulait pas qu'il tombe malade ou autre. Sa situation, elle la connaît et ca l'énerve d'être impuissante face à tout cela, pourtant il n'est pas rare qu'elle l'ait invité à venir dormir chez elle afin d'échapper à sa maison de temps à autre même lorsqu'elle se trouvait encore chez ses parents. Cependant c'était parfois complexe puisque, bien qu'ils n'étaient pas souvent là, ils verraient directement qu'il y a quelque chose qui cloche chez Yloé et eux, ils savent très bien quoi faire dans ce cas donc le jeune homme prenait soin de venir lorsqu'ils n'étaient pas là.

Lorsqu'enfin il reprit ses esprits, la blonde sentit un soulagement, au moins il n'allait pas faire un malaise et c'était le plus important puisque dans ce cas, elle ne sait même pas comment elle aurait pu gérer la chose et puis il aurait sûrement terminé aux urgences... Et elle aurait fait la même chose parce qu'elle n'aurait pas voulu le laisser seul tout simplement. La réponse qu'il lui avait apportée ne lui plaisait pas, comment est-ce qu'il pouvait penser à aller travailler après ce qu'il venait de lui arriver? Tout ce dont il avait besoin c'était du repos et pas d'aller au travail. -

"Tu rigoles ou quoi? C'est hors de question que tu ailles travailler après ce qu'il vient de t'arriver, il faut que tu te reposes. La santé c'est plus important que le boulot non? Et ce n'est pas rien ce que tu viens de faire, tu aurais pu faire un malaise ou pire, te faire mal quelque part en tombant de fatigue. Tu devrais appeler ton patron pour lui dire que tu ne viendras pas ce soir, en lui expliquant les raisons. Je suis certaine qu'il comprendra et au pire, si ca l'embête, je te remplacerai, ca ne me dérange pas."

- Il est vrai que Yloé avait pas mal de problèmes d'argents donc elle comprenait qu'il ne veuille pas louper un jour de boulot au risque de voir son salaire baisser mais elle ne pouvait pas le laisser partir dans cet état. Elle était même prête à prendre sa place s'il le faut, c'est vrai qu'elle n'avait pas vraiment l'habitude de travailler mais pour son ami, elle le ferait et ca ne l'a dérangerait aucunement, après tout c'est seulement une soirée. Elle n'est pas du genre à être rancunière alors même s'il l'évite depuis des semaines, elle ne pourrait jamais tourner le dos à un ami et le laisser dans la galère. -

"Si tu veux, tu peux dormir à mon appartement ce soir... C'est un quartier calme alors tu pourras facilement te reposer plus tranquillement. "

- Quand il se leva pour aller jusqu'au lavabo, elle le suit de près afin de s'assurer qu'il ne tombe pas ou qu'il ne se sente pas bien une nouvelle fois. Malgré qu'il disait allez mieux, Lilas n'était pas vraiment rassurée et avait toujours peur. Une fois face à lui, elle posa une main contre sa joue en le regardant dans les yeux un instant, des cernes ornaient son visage et ca faisait presque peur, ses joues étaient creusées également. -

"Tu m'inquiètes Yloé, je ne sais pas pourquoi est-ce que tu m'évites depuis quelques semaines mais ca m'importe peu... Le plus important c'est ta santé et même si tu serais mon pire ennemi, je m'en inquiéterai. Il faut que tu arrêtes de te malmener de cette façon, ta santé est en jeu dans tout ca et j'ai l'impression que tu ne penses pas à ce détail. Je peux t'aider si tu en as besoin et tu le sais, je pense te l'avoir assez dit. "
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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Dim 25 Mar - 6:56

Yloé & Lilas


Tu savais que lui rétorquer que tu devais travailler ce soir et qu'il n'était absolument pas question d'appeler les secours la ferait réagir, tout comme tu te doutais d'avance que tes tentatives pour la rassurer sur ton état de santé resteraient vaines alors, lorsqu'elle reprit la parole, te disant qu'il était hors de question que tu ailles travailler après ça, qu'elle pouvait même te remplacer au travail, te laisser dormir chez elle ce soir mais que tu avais besoin de te reposer, tu levas simplement les yeux au ciel en soupirant sans rien ajouter dans un premier temps. Comme si tu ne le savais pas déjà tout ça, c'était de ton corps dont il s'agissait, tu étais le premier concerné, le premier à ressentir la fatigue, à ressentir la faiblesse, celui qui voyait son nombre de malaises, son nombre de visites à l'hôpital augmenter dangereusement, celui qui tombait malade de plus en plus souvent, tu étais le premier à ressentir tous les symptômes, à ressentir ton corps qui ne pouvait plus en supporter plus, qui te suppliait d'arrêter de faire ça, d'en faire autant, de te tuer au travail, littéralement, mais tu étais aussi le premier à les ignorer, ces signaux, ces alertes, ce danger, parce que tu savais ce qui t'attendait si tu rentrais plus souvent chez toi, tu savais que c'était bien pire que quelques malaises, quelques migraines passagères, plus les années passaient et moins il se contrôlait face à toi, il suffisait d'un mot, d'un geste qui ne lui avait pas plu, parfois même de rien et les coups pleuvaient, sans que rien ne semble réussir à le faire s'arrêter, sous le regard de ta mère qui restait muette, qui t'utilisait simplement comme son propre bouclier, mais tu ne t'attendais pas à ce qu'elle comprenne ça, à ce qui n'importe qui comprenne, cette peur qui t'habitait, pourtant c'était bien connu, un humain qui a peur en vient toujours à faire des choses insensées.

Après de longues secondes d'exaspération à l'ignorer, tu finis toutefois par lui répondre, du bout des lèvres, à contre cœur, contraint et forcé.

« Non je peux pas, je dois faire mon service au bar et ensuite j'ai des devoirs à faire en rentrant si je veux continuer à rester premier dans toutes les matières au lycée »


Parce que tu voulais aller à l'université, parce que tu voulais pouvoir fuir cette maison de l'horreur et que tu le savais pertinemment, on exigerait de toi l'excellence, la perfection, on l'exigeait de tous les gosses nés du mauvais côté de Chicago mais de toi encore plus, tu étais le fils d'un membre de gang, tu étais le fils d'un prisonnier, tu avais déjà redoublé quelques fois, tes notes jusqu'au lycée n'avaient rien eu de formidable, si tu ne restais pas premier dans chaque matière cette année, si tu n'obtenais pas la note maximale à chaque examen final, tu savais que personne ne voudrait de toi et tu n'avais pas le choix, une année encore sous son toit, tu ne le supporterais pas.

Ce fut la main de Lilas sur ta joue alors qu'elle essayait de capter ton regard qui te ramena à la réalité, t'arrachant une grimace de douleur alors que tu lui attrapais le poignet pour stopper son geste, redirigeant sa main sur ta joue opposée. Même si la blessure avait quelques jours déjà, tu avais encore mal chaque fois qu'on y touchait, on pouvait le dire l'autre abruti ne t'avait pas loupé

« J'ai pas besoin d'aide, je te l'ai dit souvent aussi non ? Je te jure que c'est rien, je vais bien »

Avec un petit sourire que tu espérais rassurant, tu traversas de nouveau le vestiaire, allant chercher dans tes affaires un anti-cerne, c'était probablement stupide mais c'était ce que tu utilisais au quotidien pour camoufler les dégâts et c'était plutôt efficace, quand tu ne chialais pas comme un crétin.
Retournant devant le miroir et te concentrant sur le maquillage, te disant au passage que si ton beau-père te voyait faire ça il te tuerait sur le champ, tu finis par oser poser la question qui te brûlait les lèvres depuis des semaines, ce sujet qui te poussait à l'éviter plutôt que la confronter, profitant du fait d'être occupé pour ne pas avoir à affronter son regard

« Pourquoi tu traînes avec Diego ? »

On aurait dit la question d'un petit ami jaloux, possessif et tu espérais sincèrement qu'elle n'allait pas interpréter les choses ainsi, éviter le quiproquo, regrettant un peu soudainement de ne jamais avoir été plus clair sur ton homosexualité.



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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Lun 26 Mar - 22:37

Nobody can save me"Ce qui existe, ce sont les échecs. Personne n'y échappe. Aussi vaut-il mieux perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d'être battu sans seulement savoir pour quoi on lutte.           - Paolo Coelho -Yloé et Lilas
- Sans grande surprise, voilà qu'elle se faisait renvoyer une fois de plus sur ce qu'elle venait de lui dire. Décidément ce petit bout d'homme était un vrai têtu, bien même qu'il venait de frôler le malaise, il était encore déterminé à se rendre au travail et à réviser en rentrant en plus de ca. C'était trop pour elle, il lui était impossible de le laisser dans cette situation sans réagir, malheureusement elle ne pouvait pas non plus le forcer et l'emmener jusque chez elle de force pour prendre sa place à son boulot. Elle soupira alors en le laissant faire avec sa main, c'est là qu'elle aperçut sa blessure qu'elle venait de frôler quelques minutes plus tôt, cet enfoiré ne l'avait pas loupé... Encore une fois. -

"Ecoute, tu ne peux pas continuer comme ca. Tu vas finir par te tuer toi-même et tu n'as pas le droit de lui laisser ce plaisir-là, il faut que tu lui montres que tu vaux mieux que ca, parce que c'est le cas... Tu mérites mieux que cette vie de merde que l'on t'inflige, tu es bien mieux qu'eux. Alors peut-être que je ne suis pas la personne la mieux placée pour toi, peut-être que tu n'as plus envie de me parler ou de me voir pour je ne sais quelle raison mais c'est contre mes principes de te laisser dans cette galère. Alors si tu veux, j'ai un appartement bien trop grand pour moi et il me reste une chambre de disponible, tu peux venir vivre là et je ne te demanderai rien, je m'occupe de tout. Tu ne peux pas le laisser gagner, tu comprends?"

- Peut-être qu'elle était assez naïve mais pas sur ce genre de situation, elle a eu une famille des plus parfaites alors évidemment qu'elle se doute qu'un beau père qui bat le fils de sa compagne n'est pas normal. Malgré ses nombreuses tentatives d'aides, qu'il a souvent refusées, Lilas ne pouvait pas s'empêcher de revenir à l'attaque, c'était plus fort qu'elle. Cette fois elle possède son propre appartement alors il est plus facile pour elle d'héberger quelqu'un par apport à lorsqu'elle était encore chez ses parents. Elle le suit alors du regard lorsque il s'en alla vers les vestiaires en lâchant un énième soupires -

"Non, tu ne va pas bien... Arrête de me mentir Yloé. Je ne suis pas encore aveugle et je sais très bien voir lorsqu'une personne n'en peut plus et, là c'est ton cas. Je m'inquiète pour toi et il faut que tu arrêtes de me repousser sans cesse comme ca, je veux ton bien, rien de plus."

- Elle le regardait se maquiller pour cacher ses cernes, seulement il était trop tard puisque Lilas l'avait vu sûrement au plus grand regret du jeune homme d'ailleurs. Toutefois à sa question, Lilas haussa un sourcil, elle s'attendait à plein de chose mais certainement pas à ca.... Diego? Vraiment? Qu'avait-il fait de mal pour que le jeune homme le prenne en grippe? Elle lâcha un léger rire tout de même. -

"Diego? C'est un ami, rien de plus ! C'est surtout le meilleur ami de mon beau frère, Gabriel, je l'ai connu à son mariage et on s'est découvert une passion en commun. Du coup parfois on s'entraîne tous les deux, il m'a initié à la boxe d'ailleurs. Mais pourquoi est-ce que tu me poses cette question? C'est pour ca que tu m'évitais?"
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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Mer 28 Mar - 4:38

Yloé & Lilas


Toujours concentré sur ton maquillage, ce qui te permettait au passage d'éviter son regard , tu l'écoutais attentivement, tu savais au fond qu'elle avait raison, qu'en continuant ainsi tu finirais juste par te tuer toi-même, que tu n'allais pas bien, vraiment pas bien, que tu arrivais à tes limites, que ton corps n'allait bientôt plus pouvoir en supporter davantage alors que tu méritais pourtant mieux que ça, mieux que cet enfer dans lequel tu étais enfermé depuis deux ans déjà mais tu n'avais pas envie de le reconnaître à haute voix, tu étais bien plus du genre à souffrir en silence, à toujours afficher un sourire sur tes lèvres même dans les pires moments, tu refusais de te plaindre, tout comme tu refusais qu'on te plaigne alors tu forças à nouveau ce même sourire sur tes lèvres, doux, faussement rassurant.

« Ça va aller je te le promets, tu me fais confiance non ? Je termine le lycée dans quatre mois, si je suis diplômé, si j'ai la note maximale dans chaque matière j'entre à l'université dans six mois et j'aurais mon propre appartement, ça fait déjà deux ans que ça dure, je peux encore tenir six mois »

C'était ce que tu espérais en tout cas mais plus les jours passaient et plus tu doutais réellement d'arriver à tenir encore six mois à ce rythme, parfois lors des pires journées, celles où tu enchaînais les malaises en silence, en essayant de n'alerter personne, dans ces moments de panique intense tu te demandais même si tu réussirais à être encore en vie pour tes examens mais tu t'accrochais à cet espoir désespéré pourtant : Six mois, juste six mois avant ta liberté, six mois et tu pourrais partir loin de tout ça, loin de la violence de ton beau-père, loin de la passivité de ta mère, loin du southside, loin du bar, loin des propositions de prostitution que tu taisais à Lilas, loin des histoires de gang, six mois, ce n'était rien à l'échelle d'une vie, à peine un battement de paupière, tu devais le faire.

Ce fut sa voix qui t'arracha à ces pensées et de nouveau un sourire, plus doux encore si c'était possible même se dessina sur tes lèvres, tu le savais qu'elle s'inquiétait juste pour toi, qu'elle ne voulait que ton bien, tu te sentais coupable au fond de toujours la repousser ainsi, même avant que tu décides de la rayer de ta vie tu la repoussais déjà, parce que tu ne voulais pas d'aide un peu, parce que tu ne voulais pas profiter d'elle surtout, mais tu décidas de faire un effort, au moins une fois.

« Je peux venir dormir chez toi après le boulot ce soir, t'auras qu'à m'aider pour mes devoirs et je ramènerai à manger du bar, ça te va ? »

C'était tout ce que tu pouvais lui proposer, vivre chez elle étant bien entendu complètement hors de question, tu décidas même de faire comme si tu n'avais rien entendu, de ne pas l'évoquer tant sa proposition te paraissait absurde.
Toutefois tu finis par poser la question qui te brûlait les lèvres depuis des semaines, celle qui t'avait poussée à ne plus lui parler, à t'éloigner d'elle, pourquoi traînait-elle avec Diego ?
Et malgré son rire sa réponse ne te rassura pas, il pouvait bien être le meilleur ami de qui il voulait, tu ne savais que trop bien qui il était en réalité.

« Oui c'est pour ça. Écoute, c'est pas quelqu'un de fréquentable Lilas, tu devrais te méfier de lui »

Tu te sentais un peu coupable de parler de lui ainsi, au fond il ne t'avait jamais rien fait, tu n'avais que des bons souvenirs avec lui, il avait même été le grand frère que tu n'avais jamais eu, le grand frère dont tu aurais atrocement besoin aujourd'hui mais il était l'un d'eux, un des membres du gang qui t'avait arraché ton père, à cause de qui ton père était derrière les barreaux depuis dix ans désormais, à cause de qui ta mère avait refait sa vie, à cause de qui tu te faisais frapper chaque jour depuis et tu ne pouvais pas lui pardonner ça, tu mourrais de peur qu'il entraîne Lilas, ta Lilas dans ses délires, tu ne voulais pas la perdre elle-aussi, tu ne supporterais pas qu'ils arrachent une personne de plus à ta vie.



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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Jeu 5 Avr - 11:48

Nobody can save me"Ce qui existe, ce sont les échecs. Personne n'y échappe. Aussi vaut-il mieux perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d'être battu sans seulement savoir pour quoi on lutte.           - Paolo Coelho -Yloé et Lilas
- Au fond, Yloé était tellement une âme perdue que l'on avait à tout prix envie d'aider donc elle ne pouvait pas lui en vouloir pour quoi que ce soit. Même si ce dernier l'avait totalement ignoré ces derniers temps, elle continuait d'être bienveillante à son égard et a essayé de faire en sorte qu'il prenne soin de lui et de sa santé ou même d'arranger la situation.  A ses mots, elle leva alors les yeux au ciel un instant -

"Bien-sûr que je te fais confiance oui, mais le problème, c'est que tu m'inquiètes quand même. Ca fait peut-être deux ans, mais six mois, c'est encore long et j'ai bien peur que ton corps commence à ne plus en pouvoir, tu ne pourras pas passer six mois de plus ainsi. Il faut que tu trouves une solution avant! Donc moi, en tant que bonne amie que je suis, je suis là pour t'aider si tu en as besoin et tu le sais, depuis l'année dernière je te le dis même si tu es borné et têtu."

- Au vu de son état actuel et de ce qui venait d'arriver, elle ne pouvait pas croire qu'il pouvait encore tenir à ce rythme pendant six mois et puis au final, six mois, c'était quand même la moitié d'une année. En tout cas, elle ne baissait pas les bras, au pire si elle n'arrivait pas à te convaincre aujourd'hui, elle réessayerait dans quelques jours ou même ce soir, d'autant plus qu'il avait accepté de venir dormir chez elle après avoir terminé son service au bar, c'était déjà une petite victoire pour elle. Elle observa alors l'heure sur son téléphone avant de finalement hocher la tête -

"D'accord, tu viendras chez moi ce soir dans ce cas. En attendant on va y allez tout de suite et tu vas te reposer avant que ton service ne commence pas, même si ce n'est qu'une micro sieste de quelques minutes, c'est toujours ca."

- Après ce qu'elle venait de voir, elle n'allait plus lâcher le jeune homme désormais et puis si vraiment il était encore dans cet état, elle ne se générait pas pour passer un coup de téléphone à son patron pour lui dire de lui mettre une à deux semaines de congé pour qu'il puisse se reposer même si en contrepartie elle doit le remplacer ou même lui donner de l'argent pour qu'il continue de le payer quand même, mais évidemment elle se retiendrait de dire quoi que ce soit à Yloé à propos de ca. D'ailleurs, elle était plutôt étonnée que ce dernier réagisse de cette manière à propos de Diego puisqu'il n'avait pas du tout l'air d'un mauvais garçon et puis il ne lui avait jamais rien fait de mal. Etant donné qu'il était aussi le meilleur ami de Gabriel, cela l'étonnerait que celui-ci ait de si mauvaises fréquentations. Elle haussa alors simplement les épaules, elle n'était pas le genre de personne à juger les autres par les "on =-dit" même si évidemment elle voulait bien croire Yloé, peut-être qu'il avait juste une dent contre lui à propos de quelque chose de personnel. -

"Je ne vois pas pourquoi est-ce que tu dis ca, c'est un garçon plutôt sympathique. Puis il ne m'a jamais rien fait de mal donc je ne vais pas le juger pour des choses que je n'ai jamais vues ou que qu'il n'a jamais fait. On en discute plus tard, ce n'est pas important pour le moment? Je vais aller chercher mes affaires et on va rentrer."

- La petite blonde s'était alors dirigée vers son vestiaire après s'être assuré que tu tenais bien debout pour le moment. Elle récupéra alors son sac et enfila une veste au-dessus de sa tenue, elle devait prendre une douche avant de partir, mais tant pis, ca pouvait attendre puisque la santé de son ami était prioritaire. -
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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Lun 9 Avr - 6:35

Yloé & Lilas


A contrecœur, parce que tu te sentais coupable de toujours repousser Lilas chaque fois qu'elle tentait de te venir en aide depuis un an déjà, tu avais fini par accepter de dormir chez elle ce soir après ton service au bar.
Tu savais qu'elle aurait voulu plus de toi, qu'elle aurait voulu que tu vives avec elle, qu'elle aurait voulu pouvoir te garder près d'elle, te protéger et au fond, tout au fond de toi, tu aurais aimé aussi pouvoir être en position d'accepter, pouvoir juste rassembler tes affaires et quitter cette maison qui s'apparentait plus à un enfer sur terre mais tu ne pouvais, plutôt tu ne voulais pas, tu ne voulais pas profiter d'elle, de son argent, de sa famille, elle qui avait eu la chance de naître du bon côté de la ville et surtout tu ne voulais pas d'aide, consciemment ou pas tu voulais pouvoir être fier de toi, tu voulais pouvoir dire dans six mois que tu avais réussi à te sortir de là tout seul, que tu ne devais ta réussite qu'à tes efforts, tu voulais être une source d'inspiration pour tous ces jeunes du southside, tu voulais pouvoir leur prouver qu'on pouvait s'en sortir, qu'on pouvait survivre, qu'on pouvait être mieux que ce à quoi on vous destinait, tu voulais prouver que même si tu étais l'enfant d'un membre des gangster crips, même si tu étais le fils d'un prisonnier, même si tu ne connaissais que la pauvreté, les coupures d'électricité, les factures qui s'accumulaient sur la table basse du salon, même si tu ne connaissais que la violence d'un beau-père qui ne t'avait jamais aimé, tu t'étais sorti de là, tout seul, par toi-même, tu avais fait mentir toutes les statistiques, tout ceux qui t'avaient regardé avec pitié, qui t'avait déjà enterré, tu n'étais pas encore mort, tu n'étais pas encore foutu, tu n'étais pas condamné à quoique ce soit, maître de ton propre destin, c'était ce que tu voulais croire en tout cas, tu n'étais jamais qu'un gamin au fond, un gosse poussé par la rage, par la colère et surtout aveuglé par sa propre fierté.
Mais évidemment, le simple fait que tu finisses par céder ne lui suffit pas, elle voulait plus, toujours plus, te proposant d'aller chez elle dès maintenant, pour que tu puisses te reposer même juste quelques minutes, tu levas les yeux au ciel en soupirant, vu le ton employé, tu n'avais pas le choix de toute façon, tu ne pris donc même pas la peine de répondre, rangeant ton maquillage dans la trousse prévue à cet effet alors que tu regardais ton reflet, c'était mieux, définitivement beaucoup mieux.

Tu te dirigeas alors vers le vestiaire, commençant à ranger calmement tes affaires, profitant une nouvelle fois du fait de ne pas avoir de contact visuel avec Lilas pour lui poser la question qui te brûlait les lèvres depuis des semaines, la question qui t'avait forcée à t'éloigner d'elle depuis ce jour où tu l'avais surprise en train de s'entraîner avec lui : pourquoi fréquentait-elle Diego ?
Et même son rire, même ses paroles qui se voulaient rassurantes ne parvinrent pas à t'apaiser pour autant, il pouvait bien être le meilleur ami de qui il voulait, il pouvait bien être charmant, souriant, le genre de mec que tout le monde appréciait, toi, tu savais qui il était vraiment, et même s'il ne t'avait jamais rien fait personnellement tu avais peur, irrationnellement peur qu'il te prenne Lilas aussi alors tu n'avais pas pu t'empêcher, de la mettre en garde, de se méfier de lui, il n'était pas quelqu'un de bien pas quelqu'un pour elle, pas plus que toi d'ailleurs mais tu gardais cette pensée pour toi.
Et lorsqu'elle te répondit, avec sa gentillesse, sa naïveté habituelle, qu'elle ne voyait pas pourquoi tu disais ça, qu'il était un garçon sympathique qui ne lui avait jamais rien fait, tu sentis la colère monter en toi, se répandant insidieusement dans chaque partie de ton être, le coup de grâce sonnant lorsqu'elle finit par dire que ce n'était pas important, le gang auquel il appartenait avait détruit ta vie alors que tu n'avais que huit ans, alors que tu n'étais jamais qu'un enfant te forçant à devenir celui que tu étais aujourd'hui, celui qui devait se battre pour sa propre vie, mais non, ce n'était pas important ? Tu avais envie de rire nerveusement, de pleurer et en même temps tu étais tellement las de pleurer pour tout et pour rien, alors ce fut finalement cette colère que tu gardais si bien cachée en toi qui finit par gagner, par éclater. Vivant presque la scène au ralenti, tu laissas tomber ton sac au sol dans un grand bruit, finissant d'ajuster ta veste avant de balancer ton poing dans le mur face à toi, insensible à la chair que tu sentais se déchirer, les os craquer sous la violence du choc, elle ne pouvait pas savoir mais c'était juste trop tout ça, trop pour toi.
Le silence s'installa quelques instants, tu sentais le sang qui coulait le long de tes doigts, ta respiration qui refusait de reprendre un rythme normal et surtout son regard sur toi.

« Il fait partie du même gang que mon père »


Ton père...Tu n'en parlais jamais à Lilas, tu n'en parlais jamais à personne, c'était tellement privé, tellement sensible comme sujet, il n'y avait personne au monde que tu avais autant aimé.




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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Mer 11 Avr - 16:30

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- D’un côté, Lilas savait très bien que Yloé n’avait pas vraiment envie d’être aidé ou du moins il évitait de l’être, cependant c’était plus fort qu’elle et elle ne pouvait pas s’empêcher de lui proposer de l’aider sans arrêt comme si c’était un devoir finalement. Avoir un énorme cœur de la sorte lui avait pourtant valu des tours parfois mais c’était quelque chose qu’elle n’arrivait pourtant pas à se détacher et en même temps, la plupart des membres de sa famille était pareil notamment sa mère alors, elle savait exactement de qui elle tenait. Malgré tout, elle comprenait le point de vue de son ami, elle ne sait pas ce qu’elle ferait dans sa situation mais sûrement qu’elle non plus ne voudrait pas embêter les autres avec ses histoires. Seulement, elle a de la chance de ne pas vivre ce genre de vie et de ne pas avoir besoin d’aide d’autres personnes même si elle échangerait volontiers sa place avec lui pour lui faire goûter au bonheur. Après avoir été récupérée son sac, elle avait remarqué qu’il avait également rejoint les vestiaires, elle vient alors à ses côtés en attendant qu’il termine de ranger ses affaires dans son sac de sport.

Alors qu’elle le regardait, elle avait vu ce changement de regard ainsi que de comportement, elle avait peut-être dit quelque chose de trop cette fois. A force d’avoir la langue trop pendue, on finit parfois par récolter de mauvaises choses et là c’est sûrement la colère de Yloé puisqu’elle vit son poing s’écraser littéralement contre le mur suivit de ses quelques mots. Lilas n’avait rien répliqué, elle le regardait juste avec un air étourdi sur le visage, se demandant ce qui lui était passé par la tête pour faire preuve d’une telle violence. Yloé qu’elle avait pourtant l’habitude de connaître si doux et adorable venait littéralement de lui montrer une face de lui qu’elle ne connaissait pourtant pas, signe qu’elle avait gaffé. Immédiatement, elle s’en était voulu et encore plus lorsqu’elle aperçut le sang venant de la main du jeune homme se répandre au sol. Elle se sentait vraiment idiote et horriblement conne à ce moment là, elle sentit d’ailleurs quelques larmes dévalées sur sa joue, signe qu’elle s’en voulait d’avoir provoqué ca. Elle finit alors par secouer doucement la tête –

"Je suis désolé… Je vais chercher de quoi te soigner, je n’en ai pas pour longtemps."

- C’est ainsi que la blonde avait alors disparu de son champ de vision pour se rendre dans la salle de soins qui ne se trouvait pas loin, échappant à cette situation. Elle prit alors des compresses, du désinfectant ainsi que du bandage pour pouvoir arrêter le saignement, essuyant ses quelques larmes qui continuaient de couler le long de ses joues pendant ce temps-là. C’était elle qui était en tord pour le coup alors elle n’avait pas le droit de pleurer. Quelques minutes plus tard, elle était de retour aux côtés d’Yloé, venant prendre sa main blessée pour commencer à désinfecter sa plaie, visiblement il ne s’était pas loupé. Déjà qu’il n’était pas bien, ca n’allait absolument pas arranger les choses, bien au contraire. Elle détestait plus que tout se retrouver dans ce genre de situation où sans le vouloir, elle faisait du mal à quelqu’un, ce n’était absolument pas son genre de le faire volontairement. –

"Je ne voulais pas te faire de mal en disant quelque chose. Je veux juste que tu saches que peu importe si je suis amie avec Diego ou non, ca ne change rien entre nous deux, cependant je lui en parlerai par apport au gang enfin même si ce n’est pas vraiment mes affaires. Tu es mon ami et tu le resteras toujours, j’ai beaucoup d’amour alors je peux en donner encore beaucoup bien que pour le moment mon entourage me convient. Je suis désolé, encore une fois même si je ne sais pas comment est-ce que je peux me faire pardonner actuellement."

- Après avoir terminé de désinfecter ses plaies, elle commença à bander sa main pour cacher tout cela bien que ce n’était pas très discret avec ce genre de truc au-dessus. Une fois terminée, elle déposa un baiser contre sa main, afin de s’excuser encore des dommages qu’elle lui avait causés. Elle voulait protéger Yloé, rendre sa vie meilleure qu’elle ne l’est et non pas lui faire du mal. –

"On y va ?"

- Finit-elle par dire simplement après s’être redressé, te regardant un instant dans les yeux. - 
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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Sam 14 Avr - 0:30

Yloé & Lilas


Le silence s'était installé dans les vestiaires, si lourd, si pesant, si intense, que tu pouvais presque entendre le bruit que faisait le sang qui gouttait de ta main blessée en s'écrasant contre le sol, le silence seulement brisé par le bruit de vos respirations respectives, la tienne encore bien trop saccadée alors que tu sentais le regard qu'elle portait sur toi, un regard un peu perdu, choqué aussi, que tu ne pouvais que comprendre, elle qui t'avait toujours connu si calme, si souriant, si doux, ne pouvait se douter qu'il y avait un sujet, un seul et unique sujet capable de te faire déraper, de réveiller en toi une colère, une violence qu'elle ne pouvait pas imaginer : Ton père, la personne que tu avais le plus aimé.

Tu ne parlais jamais de lui, ni à Lilas, ni à qui que ce soit, c'était un tabou, un secret, tout au plus expliquais-tu qu'il était en prison mais tu n'entrais jamais dans les détails, tu ne racontais jamais que tu avais assisté en personne à son arrestation alors que tu n'étais encore qu'un enfant, que tu avais été arrêté toi aussi pour avoir commis le seul crime de tenter de rester avec lui, tu ne racontais jamais ce que tu avais appris ensuite, son appartenance à ce gang que tu haïssais depuis, que tu avais déclaré coupable de ce qu'il s'était passé parce que c'était toujours plus simple de leur en vouloir à eux, plutôt que de lui en vouloir à lui...
Tu savais aujourd'hui que cette haine était injustifiée, tu savais aujourd'hui qu'il aimait ce gang au moins tout autant qu'il t'aimait toi mais tu avais besoin de continuer à les détester, de continuer à les tenir responsable de ce qu'il s'était passé parce que tu aimais ton père, probablement trop pour ton propre bien, parce qu'il était plus qu'un homme, plus qu'un héros à tes yeux, parce que tu aurais été capable de tout faire pour lui s'il te le demandait et tu refusais d'admettre qu'il ait pu faire des erreurs, qu'il ait pu se tromper et Diego même si tu l'avais longtemps considéré comme un frère était un des leurs, tu n'avais jamais été capable de le lui pardonner, préférant lui tourner le dos, préférant l'oublier.

Les mots étaient alors sortis de ta bouche, trop calmement, même pour toi, presque vides de toute émotion et tu vis dans son regard, dans les larmes qui coulaient le long de ses joues alors qu'elle s'excusait avant d'aller chercher de quoi te soigner qu'elle avait compris.
Doucement tu te laissas glisser sur un des bancs, tu te sentais coupable au fond, d'avoir dérapé à ce point, de l'avoir blessée mais tu savais aussi que c'était plus fort que toi, échappant à tout contrôle, que tu ne pouvais jamais agir rationnellement quand on en arrivait à ce sujet là, tu avais besoin de temps, de plus de temps, pour savoir ce que tu pouvais dire ou non, ce que tu voulais dire ou non, ta seule certitude étant que tu lui devais bien plus d'explications sur ton comportement que cette simple phrase et des excuses aussi, très certainement.
Alors tu ne dis rien, plongé dans tes pensées pendant qu'elle s'occupait de soigner ta main, entendant ce qu'elle te disait sans pour autant répondre, sans pour autant avoir la moindre réaction, pas même une simple grimace de douleur, ni le moindre tressaillement de paupière  ne lui adressant finalement qu'un faible sourire alors qu'elle embrassait ta main avant de te demander si vous pouviez y aller, cherchant à te regarder dans les yeux, regard que tu fuis immédiatement, toujours muré dans ton silence obstiné, dans tes réflexions torturées.
Ce ne fut que de longues minutes après que tu finis par te décider, ta voix brisant ce nouveau silence qui s'était installé

« C'est pas la peine d'en parler à Diego, il a fait son choix et je le respecte, tout comme j'ai fait le choix de pas les rejoindre pour le moment »

Pour le moment, parce que malgré tout, même si tu les détestais ou même si tu prétendais les détester, malgré tes sentiments ambigus à leur égard, tu n'étais pas sourd et tu entendais bien ce que ton père te disait à leur sujet, tu entendais les promesses de sécurité, tu voulais résister à cette vie là, à l'appel de ce gang qui te tendait les bras mais si les choses dégénéraient trop, tu savais aussi que tu n'aurais probablement pas beaucoup d'autres choix

« Je suis désolé, j'ai juste eu peur qu'il t'entraîne avec lui dans ce monde là, ils m'ont déjà pris mon père,je supporterais pas de perdre encore une personne que j'aime...
J'ai conscience maintenant qu'il avait fait son choix lui aussi mais c'est comme ça que j'ai vécu les choses sur le moment, quand j'avais huit ans et qu'ils l'ont arrêté juste sous mes yeux, pour moi c'était de leur faute, parce qu'il fallait bien un coupable et je voulais pas que ce soit lui...
T'imagines pas l'horreur que c'était de les voir le menotter de force, les heures passées sur une chaise dans le commissariat à juste chialer et attendre que quelqu'un daigne m'accorder un regard et m'expliquer.
On me retirera pas de la tête que ma vie aurait été différente, moins merdique, s'il avait été à mes côtés...Promets moi de jamais te laisser tenter par cette vie là parce qu'on n'en revient pas.»


Tu souris tristement avant de passer une main dans tes cheveux

« Tu pourras dire à Diego que je suis désolé ? Et qu'il me manque ? »



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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Lun 30 Avr - 15:51

Nobody can save me"Ce qui existe, ce sont les échecs. Personne n'y échappe. Aussi vaut-il mieux perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d'être battu sans seulement savoir pour quoi on lutte.           - Paolo Coelho -Yloé et Lilas
- Jamais elle n’avait voulu faire de mal à Yloé en lui parlant de cela, elle ne se doutait pas qu’il pouvait être à ce point rongé par la haine d’un gang. Pour quelle raison ? Elle l’ignorait encore mais désormais elle ne voulait plus vraiment lui en parler à moins que lui ne lui dise quelque chose lui-même à ce propos. Tout ce qu’elle faisait actuellement, c’était s’occuper de sa main qu’il avait blessé par sa faute. Après avoir stoppé l’écoulement de sang, elle lui passa alors le bandage, ce dernier allait faire le reste après tout.

Alors qu’elle s’apprêtait à glisser son sac sur son épaule, Yloé commença à parler à propos de cette histoire, à propos du gang qui avait littéralement brisé sa vie et brisant au passage le silence dont il faisait preuve avec la blonde depuis le début.  Evidemment ses mots avaient réussi à la toucher en plein cœur, elle comprenait mieux pourquoi ce sujet était si douloureux pour lui et donc pourquoi est-ce qu’il s’était énervé de la sorte alors que pourtant il était d’habitude si doux et si calme. La seule réaction qui lui vient à l’esprit c’est de prendre Yloé dans ses bras en le serrant très fort contre elle. Même si évidemment cela ne changeait certainement rien, elle voulait lui montrer qu’elle était là pour lui quoi qu’il arrive. Parfois elle se disait qu’elle avait de la chance d’être née dans une bonne famille lorsqu’elle voyait d’autres personnes souffrir à ce point alors que pourtant le brun était si jeune, la vie ne lui avait pas vraiment souri. C’est pour cette raison qu’elle voulait au moins essayer de la lui rendre meilleure bien qu’en soi, elle ne pouvait pas faire grand-chose et si elle le pouvait, elle aurait volontiers pris sa place pour qu’à son tour, il puisse vivre paisiblement. Elle vient alors déposer un doux baiser sur sa joue, comme pour s’excuser une seconde fois. -

"Ecoute, jamais il ne m’entrainera dans ce monde-là. On s’entraide tous les deux au niveau du sport puisque c’est un bon boxeur donc il a de bons conseils pour que je puisse m’épanouir en la matière puis c’est également le meilleur ami de mon beau-frère alors évidemment je ne vais pas le craindre non plus. Seulement il a sa vie, aussi sombre soit-elle, et moi j’ai la mienne qui est bien différente. Jamais je ne me dirigerai vers des choses illégales dans le genre, tu pourrais imaginer un peu la tête de mes parents s’ils apprenaient que leur dernière fille adorée faisait partie d’un gang qui sème le ko dans la ville et qu’en plus elle a des chances de finir en prison. Pour tout te dire, je ne savais même pas que Diego faisait partie d’un quelconque gang puisqu’il ne m’en a jamais parlé. Mais je suis désolé pour ton père, j’espère qu’il sera libéré un jour et que tu puisses le revoir. Il est au courant pour… ton nouveau beau-père ?"

- Ce sujet, elle savait que c’était aussi quelque chose d’assez sensible et c’est pour cette raison qu’elle n’osait pas vraiment en parler en temps normal mais étant donné qu’ils étaient dans les révélations, autant continuer dans la lancée. Après un moment, elle finit alors par se reculer doucement de lui en prenant sa main dans la sienne après avoir mis son sac sur son épaule. Elle n’avait plus trop envie de rester ici pour le moment après ce qu’il venait de passer et puis si Diego venait à débarquer, ce n’était pas vraiment le moment adapté. Elle l’attira alors dehors après qu’il ait également récupéré ses affaires. Une fois dehors, elle hocha la tête suite aux mots de Yloé, évidemment qu’elle serait d’accord de faire passer le message pour lui à Diego. -

"Je lui dirais avec grand plaisir… Une fois que tu te seras reposé et que tu iras mieux ! Moi je veux que tu me promettes de faire plus attention à toi désormais parce que je ne veux pas te perdre non plus. "

- Bien sûr, elle ne pouvait pas oublier son objectif principal après le malaise qu’il venait de faire. Il fallait que Yloé se repose et qu’il arrête de se surmener de la sorte sinon ca allait finir par lui porter préjudice un jour ou l’autre. -
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MessageSujet: Re: Nobody Can Save Me - Lilas   Mar 22 Mai - 6:02

Yloé & Lilas


C'était probablement la première fois que tu te confiais à Lilas à ce sujet, ton père, le gang, son arrestation, tu n'en parlais jamais, à personne, tu n'étais même pas sûr de lui avoir déjà confié avant que ton père était prisonnier, c'était si commun, si habituel dans ce quartier, dans ce lycée que personne ne l'évoquait, elle devait probablement penser que ton père était parti sans oser t'interroger à ce sujet, pourtant après ce que tu venais de lui montrer, cette partie de ta personnalité que personne ne connaissait réellement, tu t'étais senti obligé de lui raconter ce qu'il s'était passé exactement, pourquoi tu n'arrivais pas à rester calme lorsqu'on évoquait les Gangster Crips ou un de leurs membres près de toi, pourquoi la plupart du temps tu quittais simplement la pièce en claquant la porte mais pourquoi d'autres fois tu frappais les murs de rage, de désespoir, pourquoi tu ressentais autant d'émotions si fortes, si violentes lorsqu'on en arrivait à eux...Les mots étaient sortis tout seuls comme s'ils n'avaient attendu que ça toutes ces années durant, tu lui racontais, son arrestation alors que tu avais à peine huit ans à l'époque, les policiers qui avaient fait irruption dans la cour de l'immeuble alors que tu jouais simplement au ballon avec lui, les policiers qui l'avaient plaqué au sol, menotté de force, qui t'avaient aussi embarqué alors que tu criais, que tu te débattais, traité comme un criminel alors que tu n'étais qu'un gamin à qui on arrachait son père, son modèle, son repère sans la moindre explication, les heures ensuite au commissariat à pleurer sur une chaise, les adultes qui passaient devant toi en t'ignorant jusqu'à ce qu'une femme, venue chercher un de ses frères, viennent vers toi pour te consoler, te rassurer, la manière que tu avais eu de tenir le gang responsable de tout ce qu'il s'était passé ensuite parce que c'était toujours plus facile que d'admettre que ton père, ce héros avait lui aussi des défauts, cette haine qui était restée même après l'avoir réalisé, parce que sans ce gang, tu le savais, ta vie aurait été moins catastrophique, si seulement il avait pu être à tes côtés.

Tu serras à ton tour la jeune femme dans tes bras, laissant couler tes larmes malgré toi, tu l'aimais tellement elle aussi, elle qui était ta meilleure amie depuis si longtemps, tu te sentais coupable de l'avoir simplement repoussée sans lui parler, coupable d'en être arrivé à de telles extrêmes pour réussir à te confier mais tu étais aussi incroyablement reconnaissant qu'elle soit toujours là pour toi malgré tout, capable de te faire rire aussi lorsqu'elle te demanda d'imaginer un peu la tête de ses parents si elle rejoignait un gang, c'était vrai que tu aurais dû y penser avant, tu oubliais parfois que pour la plupart des gens en dehors du southside il n'y avait rien de normal, de banal à faire partie d'un gang, tu oubliais parfois que le simple fait qu'elle soit amie avec toi devait en horrifier plus d'un, ce qui finit par t'arracher un sourire, vous ne veniez définitivement pas du même milieu social et pourtant elle était une des personnes que tu aimais le plus au monde.

« J'espère aussi qu'il finira pas être libéré, je sais qu'il a pas fait que des belles choses dans sa vie mais ça reste mon père, je l'aime et il me manque tous les jours, les visites suffiront jamais à combler ça »

Pourtant tu y allais tout de même, plusieurs fois par semaine parce que tu avais besoin de lui, parce qu'il avait besoin de toi aussi, tu avais cessé d'espérer qu'il sorte prochainement, vous n'aviez définitivement pas assez d'argent pour vous payer un avocat capable d'un tel miracle mais tu continuais de venir et d'arracher ces moments, essayant d'en retenir le moindre petit détail, de saisir jusqu'au son de sa voix pour l'emporter avec toi, tu t'y accrochais pour ne pas craquer quand en rentrant tu voyais ton beau-père occupant la place qu'il lui avait volée.

« Il sait pour mon beau-père mais il peut rien faire de là où il est...Il voudrait que je demande la protection du gang mais je veux pas, je veux pas de cette vie là pour moi »

Tu eus un petit sourire triste, ça avait toujours été ton combat, d'aussi loin que tu te souviennes, tu voulais une meilleure vie que celle de tes parents, tu voulais sortir des quartiers pauvres, tu voulais étudier, aller à l'université, tu voulais avoir un petit ami, avoir un mariage, des enfants, tu voulais simplement une vie normale sans électricité coupée, sans frigo vide, sans découverts, sans interdits bancaires, sans violences, sans gang, sans meurtres, sans trafics, tu voulais mieux que ce à quoi on t'avait destiné le jour de ta naissance et pour ça tu ne pouvais pas te permettre de les contacter, tu avais son numéro, celui de leur chef, inscrit dans un carnet, tu avais enfouis ce carnet sous une pile de document, tu refusais d'y penser, c'était ta porte de sortie mais seulement si les choses tournaient si mal qu'il essayait de s'en prendre directement à ta vie.

Glissant ta main dans la sienne, tu finis par la suivre dehors lui demandant si elle pouvait dire à Diego que tu étais désolé et qu'il te manquait, tu aurais aimé le lui dire toi-même mais après toutes ces années à le repousser, toutes ces années à le rejeter injustement, parfois violemment, tu doutais que le jeune homme accepte même de t'adresser la parole et tu le comprenais...Un sourire se dessina sur tes lèvres lorsqu'elle accepta, à condition que tu te reposes, à condition que tu fasses un peu plus attention à toi parce qu'elle ne voulait pas te perdre elle non plus, pas encore une fois.

« Tu me perdras pas, je te le promets »

C'était tout ce que tu pouvais promettre, qu'elle ne te perdrait pas, pour le reste tu ne pouvais pas en dire autant, tu ne savais pas alors à cet instant que quelques semaines plus tard tu frôlerais la mort de près, tu ne savais pas alors à cet instant que tu passerais si près de trahir cette promesse que tu lui avais fait.



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Nobody Can Save Me - Lilas

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