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 Slàinte ! ❦ Liam Lawless

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MessageSujet: Slàinte ! ❦ Liam Lawless   Slàinte ! ❦ Liam Lawless EmptyMer 26 Déc - 17:14

Slàinte !
Liam ✧ James
"Le cercle des anciens combattants" tu parles d'un nom... Je ne sais pas s'ils avaient l'intention de se faire de la pub en choisissant cet intitulé ridicule ou s'ils avaient juste envie de se fendre la poire. Ça ne m'avait pas franchement fait rire d'ailleurs, d'autant que je n'avais pas vraiment eu le choix. Les médecins prônaient le dialogue et, mes parents étant médecins, ils étaient rassurés de me savoir ici au moins une fois par semaine. « Puis ça te fais sortir un peu. avait gentiment ajouté ma mère de sa voix douce. La voir dans cet état était sûrement la pièce torture. Elle qui avait passé toute sa vie à travailler, toute mon enfance entre le travail et les conférences... Depuis mon retour, elle était presque tout le temps à la maison, inquiète de mon état, triste. 

Je suis sûr qu'elle s'en veut, qu'elle pense que tout est de sa faute. N'est ce pas le rôle d'une mère de protéger ses enfants ? Je l'ai entendu discuter avec mon père un jour, lui dire qu'elle aurait dû m'empêcher d'entrer dans l'armée, me dissuader de partir là bas. J'ai voulu la contredire, la rassurer, mais les mots ne viennent pas. Puis je la connais, tout ce que je pourrais dire va rentrer par une oreille et ressortir de l'autre. Une vraie tête de mule, comme tout le reste de la fratrie. J'aimerais tellement que mon père parvienne à la raisonner, à la rassurer... Mais il semble aussi dépassé par la situation, toujours aussi absent. Et, pendant ce temps, la culpabilité me ronge un peu plus chaque jour. Tout le monde est unanime pourtant : « Ça va aller ne t'en fais pas. ». Des mots vides de sens qui m'énervent plus qu'autre chose. 

Je ne m'en fais pas, je ne m'en fais plus pour moi depuis longtemps. Tout ce qui compte à présent ce sont eux, mes parents, mes sœurs, mes frères et les rares amis qui me supportent encore. Ceux qui sont là pour moi, qui espèrent encore. Plus soucieux pour moi que je ne l'ai jamais été, plus confiant en l'avenir que je ne le serai jamais. Alors je vais à cette fichue secte des anciens combattants, je vais chez le psy, je passe un peu de temps au club équestre pour tenter d'aller mieux. Entre deux crises, entre deux insomnies. Avec l'atroce impression d'être bloqué dans un gouffre sans fond... Quoi que je fasse, les choses ne semblent pas aller mieux, les attaques de panique restent fréquentes, les cauchemars, les sautes d'humeur. Que n'ai je pas encore tenté pour aller mieux ? 

L'alcool me direz-vous ? Même pas, ça aussi j'ai tenté. Au bar après nos rendez-vous du cercle. Un peu d'abord, quelques verres pour les accompagner, des verres de politesse pour aller avec les cigarettes elles aussi de politesse. Mais ça n'a rien fait. Alors j'ai tenté plus, le bon vieux boire pour oublier et le résultat fut bien pire. Après tout, quand les crises sont liées à l'inconscient, on ne peut rien attendre de positif d'un état qui nous fait oublier notre conscience... J'aurai du m'en douter. Après une vilaine crise au sein même du bar (sauvé de justesse par un ami), je suis donc retourné à l'alcool de politesse, juste assez pour me sentir un peu joyeux, pour flâner à la frontière du raisonnable. Puis ce n'était qu'une seule fois par semaine après tout et ça me délié un peu la langue parfois. Pas toujours mais parfois et c'est déjà mieux que rien. 

Ce soir, les gars n'étaient pas venus au bar. J'aurai pu prendre un taxi et rentrer directement mais je n'en avais pas envie. Rentrer juste après le cercle n'était pas facile. Quoi que je puisse en dire, entendre les autres m'affectait et me faisait me sentir encore plus minable. Certains avaient perdu plus que des amis à la guerre. Une partie de leur corps aussi. Certains avaient été blessé gravement, hospitalisé pendant des mois entiers. De quoi avais-je à me plaindre au juste ? Je n'avais même pas osé leur raconter mon histoire, tournant autour du pot comme j'avais appris à le faire depuis mon retour. Heureusement, nous parlions surtout de nos progrès, des projets qui nous tenaient à cœur, de nouvelles choses. C'était un peu plus efficace que ressasser le passé j'imagine. Enfin, ça devait sûrement l'être. 

Les seules choses qui me redonnaient un peu le sourire étaient les moments passés au club à m'occuper des animaux, les quelques séances avec ma nouvelle psy et le verre que je tenais dans ma main, le regard perdu dans son contenu. Peut-être était-ce du au sang Irlandais qui coulait dans mes veines mais je n'avais jamais été très sensible à l'alcool. Presque aucune gueule de bois à déplorer et une bonne descente. Je ne prenais plus autant de risque aujourd'hui mais j'avais gardé un goût prononcé pour les alcools forts de bonne qualité. Le whisky surtout, celui du vieux continent surtout. On the rock. J'aimerais dire que l'odeur me rappelait le pays mais je n'y avais pas souvent mit les pieds. Ce qui ne m'empêchait pas d'être fier de mes origines, surtout quand j'étais plus jeune. C'était mon argument de séduction et j'aimais à forcer un peu l'accent. Plus d'une avait cédé d'ailleurs... Ah la belle époque ! Qu'elle semblait loin aujourd'hui ! 

Soudain, une voix me sortit de mes pensées. Enfin non, pas une voix, un accent. Pas Irlandais de toute évidence, mais pas Américain non plus. J'écoutais donc mon nouveau voisin prendre sa commande, un sourire en coin s'affichant sur les lèvres. J'avais suffisamment bu pour délier un peu ma langue, pas assez pour être saoul. Le juste milieu idéal pour entamer une conversation même si je pouvais aussi partir en crise à tout moment. Ce qui arrivait aussi quand j'étais sobre alors bon, quelle importance ? Je me tournais donc vers l'Écossais à ma droite et levais mon verre dans sa direction, un sourire un peu plus franc sur les lèvres. J'avais vraiment progressé à ce niveau là d'ailleurs, mon sourire était moins tordu, plus authentique. Il y avait encore du travail certes, mais j'étais dehors et je parlais, c'était déjà un p*tain de miracle. 

    « Heureux de ne pas être le seul ici à avoir un peu de goût ici. Slàinte ! »

Dis-je, faisant ressortir mon bon vieil accent Irlandais, heureux de constater qu'il n'avait pas rouillé. J'espérais que mon Gaélique non plus car j'avais eu moins l'occasion de le travailler que mon accent à l'armée... Mais tous les Écossais ne parlent pas Gaélique alors j'avais bon espoir de pouvoir finir la soirée en Anglais. Et au pire, l'alcool pourrait toujours me rafraîchir la mémoire ! Il paraît qu'on est parfaitement bilingue après plusieurs verres... Même s'il est préférable que je n'aille pas vérifier.
©️ nightgaunt

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There are wounds that never show on the body that are deeper and more hurtful than anything that bleeds.
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