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 sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]

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MessageSujet: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyDim 2 Déc - 13:54


sometimes you have to know when to stop running
VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL
Perdue. S'il fallait user d'un mot pour décrire Veronika ces dernières semaines, c'était bien celui-ci: perdue. La jeune femme vivait sur mode automatique: elle se levait, aller travailler, tentait de penser à manger quelque chose, puis rentrait chez elle afin de prendre une douche, d'aller dormir et de recommencer la même chose le lendemain. L'agression qu'elle avait subi au début du mois de Novembre n'avait rien arrangé: alors qu'elle avait l'habitude d'être sûre d'elle et de répondre à la moindre remarque, elle baissait désormais la tête dès qu'on faisait mine de l'aborder. Abigaël avait bien fait son travail, cependant, puisque son agresseur n'était plus réapparu. Elle avait également, au grand étonnement de Veronika, appelé de temps en temps, pour la tenir informée de l'avancée de l'enquête, mais également (et c'était ce qui l'avait vraiment touchée) pour lui demander de ses nouvelles. Elle appréciait cette policière, même si elle ne la connaissait pas. Parfois, son esprit vaquait vers elle, pour se rappeler de sa gentillesse et ça réchauffait un peu son coeur, brisé depuis le départ d'Arthur. Elizabeth n'était pas en reste non plus: si elle était sa médecin au départ, elle était devenue une amie qui souhaitait veiller sur elle et qui, régulièrement, prenait également de ses nouvelles. Quant à Mina, elle tentait tant bien que mal de lui changer les idées en passant quelques unes de ses soirées avec elle, mais l'esprit de Veronika n'y était pour ainsi dire jamais. Elle ne savait même pas spécifiquement où elle se trouvait, au niveau de sa vie. Dans un sens, elle avait envie d'aller mieux. Elle buvait beaucoup moins désormais, sachant résister à la plupart des tentations, même si c'était un vrai calvaire en vivant seule. D'ailleurs, pour éviter d'avoir de l'argent à dépenser dans de l'alcool, elle ne gardait strictement rien de côté: tout allait dans les courses basiques, mais également à la SPA, où elle faisait des dons régulièrement. Elle adorait les animaux. Elle aurait rêvé d'avoir un chien. Ca avait failli être le cas, puisqu'Arthur possédait un Border Collie et ça lui manquait d'autant plus désormais. Mais elle n'était pas apte à s'occuper de l'un d'eux. Pas encore, en tous cas. Alors, deux fois dans la semaine, elle passait promener ceux du refuge. C'était probablement les seuls moments qu'elle appréciait réellement. Elle n'en avait encore parlé à personne, allez savoir pourquoi. Peut-être était-ce pour garder quelque chose rien qu'à elle, parce que sa vie lui avait filé entre les doigts et qu'elle avait besoin de se raccrocher à une chose tangible et personnelle. Elle avait décidé d'en parler à Elizabeth aujourd'hui, cependant. Quelque part, elle avait vraiment envie de montrer qu'elle ne s'occupait pas d'elle pour rien, qu'elle faisait des efforts... même si le désir de complètement abandonner ne la quittait jamais.

Elle voyait toujours la jeune femme lors de rendez-vous médicaux. Lors de sa première véritable discussion avec elle, cette dernière lui avait proposé de se retrouver au-dehors, afin que l'environnement soit moins stressant. Depuis, c'était quasiment toujours à la plage qu'elles se voyaient. Veronika adorait cet endroit: elle n'avait jamais oublié son temps dans la Navy et la mer lui manquait terriblement. Naviguer lui manquait. Encore une fois, elle aurait pu en avoir l'occasion avec Arthur... Elle secoua la tête alors qu'elle rejoignait la plage, plus tôt que l'heure du rendez-vous, bien couverte car, malgré le soleil, il ne faisait pas bon traîner en t-shirt si vous ne vouliez pas attraper la mort en plein hiver. Quand est-ce qu'il allait sortir de sa tête? Pourquoi est-ce qu'elle s'y accrochait comme ça alors que finalement, ils ne s'étaient pas fréquentés durant longtemps? Peut-être parce qu'il avait été le premier depuis Kyle à la rendre heureuse. Peut-être parce qu'elle l'avait (trop) identifié à Kyle. Sans doute un peu des deux. Elle n'avait déjà pas fait le deuil de son compagnon décédé, accepter une nouvelle rupture lui semblait insurmontable.

Elle s'approcha de l'eau, laissant les vagues frôler ses chaussures alors qu'elles venaient s'écraser sur le sable. Fermant les yeux, elle se laissa envahir par le bruit de ces dernières, occultant le reste. Non loin, un groupe de mouettes se disputaient des restes de pique-nique. L'image aurait pu être paisible, si Veronika ne se sentait pas aussi mal, sans vraiment qu'elle ne puisse s'expliquer pourquoi. C'était comme si un mauvais pressentiment la tenait à l'estomac depuis qu'elle s'était levée.

@Elizabeth J. Lake

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Dernière édition par Veronika Faure le Mer 5 Déc - 18:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyMer 5 Déc - 6:51



 

Veronika & Liz & Abi

Sometimes you have to know when to stop running.



Ma vie avait été un peu mouvementée ces derniers temps. Une collègue étant en congés, j'avais pris pas mal de ses heures et ce n'était pas de trop pour ne pas penser à certains aspects de ma vie. En effet, je n'avais jamais été douée avec les sentiments et les choses ne semblaient pas prête de s'arranger... J'étais toujours incapable de mettre des mots sur ce que je ressentais pour Liam et mon état quand il était dans les parages m'inquiétait grandement. Non, vraiment, il était préférable que je n'y pense pas trop. Et j'avais de quoi m'occuper ! 

    « Si tu continue comme ça c'est toi qu'on va finir par hospitaliser ! »

M'avait dit un collègue en me tapant sur l'épaule avec un air rieur. Il n'avait sûrement pas tort mais c'était un mal nécessaire. Surtout que j'avais décidé de m'impliquer davantage dans les associations en donnant une grande partie de mon revenu à la SPA locale que Veronika m'avait fait découvrir lors d'un de nos rendez-vous en extérieur. J'avais été très surprise et heureuse de la voir si épanouie avec les animaux dont elle s'occupait. Elle m'avait aussi parlé d'une jeune policière qui l'avait aidé et qui semblait s'inquiéter pour de son état. C'était une bonne chose, elle n'était pas seule et elle avait beaucoup progressé. 

En effet nos dernières rencontres avaient été très positives. L'alcool ne faisait presque plus partie de sa vie et elle semblait avoir cessé de traîner dans des endroits peu recommandables. Bon, sa rupture l'avait beaucoup affectée mais elle n'avait pas replongé et j'étais très fière d'elle. Comme je l'avais remarqué depuis le début, Veronika était une femme courageuse et pleine de ressources en qui j'avais confiance. Elle allait s'en sortir, c'était une évidence. J'attendais d'ailleurs les résultats à de sa dernière prise de sang avant de la rejoindre. 

Et, comme je l'espérais, tout revenait doucement à la normale. Plus de carences ou de taux inquiétant, juste quelques irrégularités en bonne voie. Néanmoins, quelque chose me fit rapidement déchanter : elle était enceinte. Nous avions faut un test complet et ces résultats ne trompaient pas... Si j'avais bien compris la situation, elle avait eu deux hommes dans sa vie récemment, dont un qu'elle voyait souvent quand elle n'avait pas l'esprit très clair... Qui que soit vraiment le père, c'était une mauvaise nouvelle ou, du moins, je le craignais grandement. 

    « Ben alors Lake tu as buggé ? »

M'avait dit le jeune médecin, constatant que j'étais restée bouche bée devant ma feuille, les yeux rivés sur la ligne en question. Ce n'était pas possible, je ne pouvais pas lui faire ça, le destin ne pouvais pas lui faire ça ! Et je ne pouvais pas le cacher au risque qu'elle s'en rende compte trop tard pour pouvoir avoir le choix... Car je me doutais de sa réponse et je n'avais pas envie de l'entendre. Je n'avais rien contre l'avortement en soit, je ne voulais juste pas lui imposer ça de plus. Pas à elle, pas maintenant qu'elle allait mieux ! Je secouais la tête, incrédule, ignorant royalement mon collègue qui réalisa qu'il était préférable de ne pas me déranger dans mes contemplations. Quelle galère ! 

Après quelques longues minutes d'hésitations, je réalise que je risque d'être en retard et me décide donc à quitter l'hôpital avec ses résultats rangés au fond de mon sac. Je vais attendre un peu avant de lui dire, voir comment elle va et... Puis je vais improviser, ce sera mieux. Il est hors de question que je lui lance ça à la figure sans prendre la moindre précaution. Je ne lui cacherais pas non plus, elle doit avoir le choix, elle doit savoir. Nerveuse, je ne parviens même pas à écouter de musique pendant le trajet, me mordant la lèvre de temps en temps, mon cerveau fumant sous la pression. C'était bien la première fois que j'étais inquiète de voir la jeune femme, et pourtant elle avait vécu tellement de coups durs... Mais là c'était différent, peut-être aussi parce que j'avais finis par la considérer comme une amie...

Enfin arrivée à la plage, j'attends quelques instants de plus avant de descendre la voiture, cherchant la jeune femme du regard, espérant presque qu'elle n'ait pas pu venir... Mais je la vois déjà, au loin, les pieds presque dans l'eau. Après une grande inspiration, je me décide enfin à la rejoindre, déjà inquiète de ce qui risquait de se passer. Il fallait quand même que je fasse illusion alors j'affichais un sourire chaleureux presque similaire à celui dont j'avais l'habitude. Il était tout de même un peu plus fragile, un peu moins franc. Il faut dire que mon cœur battait trop fort dans ma cage thoracique, gênant sûrement le fonctionnement de mes poumons. Il fallait que je me calme, que je paraisse moins nerveuse, plus naturelle.


    « Bonjour Veronika ! Désolée je suis un peu en retard, il y a beaucoup de travail à l'hôpital en ce moment. »

Dis-je en la rejoignant au bord de l'eau. J'avais apporté une grande couverture pour que nous soyons à notre aise, le tout accompagné d'une bouteille d'eau et de deux verres. C'était presque devenu une habitude maintenant, un moment agréable entre amies qui n'avait plus rien à voir avec des rendez-vous médicaux. J'étais tellement fière d'elle, de la voir si bien. Son teint était plus lumineux, ses cernes avaient disparues... Je ne pouvais pas lui faire de mal, je ne pouvais pas lui dire, pas maintenant... C'était tellement compliqué, tellement frustrant !



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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyMer 5 Déc - 19:24


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VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL

Veronika était plongée dans ses pensées. Elle repassait sa vie en boucles, ces derniers temps. Tout aurait pu si bien se dérouler. Pourquoi avait-elle cette facilité à tout gâcher? Pourquoi avait-elle autant envie d'abandonner, alors que sa vie semblait se remettre enfin en place? Elle n'en parlait pas à Elizabeth. Elle n'en parlait pas à qui que ce soit. Le seul qui s'était profondément rendu compte de sa détresse était son père. N'était-ce pas cocasse? C'était lui qui l'avait mise à la porte, dix ans auparavant. C'était parce que sa famille l'avait abandonnée brutalement qu'elle avait plongée tête la première. C'était pourtant vers lui qu'elle était allée et elle ne l'avait pas regretté. Ce fut d'ailleurs son téléphone qui la sortit de ses pensées. Elle le tira de sa poche et en regarda l'écran.

papa a écrit:
Bonjour ma chérie
Tu avais l'air fatiguée au téléphone hier, j'espère que ça va mieux. Pourrais-tu me rappeler ton adresse exacte? Je voudrais t'envoyer quelque chose.  sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] 2071613250

Elle eut un petit sourire et lui répondit. C'était tellement agréable de l'avoir retrouvé. Au fond, elle ne lui en voulait pas: elle n'avait jamais cherché à reprendre contact avec lui non plus. C'était bien lui qui était revenu vers elle et qui lui avait payé le voyage pour prendre quelques jours de repos, sans réfléchir une seconde. Oui, sa vie aurait vraiment pu reprendre un chemin normal. Enfin, aussi normale que pouvait l'être une guérison de l'alcoolisme. Alors pourquoi ce sentiment profond que quelque chose ne tournait pas rond? Pourquoi cette sensation d'échec constant? Etait-ce vraiment sa rupture qui l'avait mise à mal ainsi? Ca ne pouvait pas être que ça, mais Veronika ne parvenait pas à s'expliquer pourquoi elle se sentait aussi égarée. Des bruits de pas derrière elle l'extirpèrent de ses pensées dans lesquelles elle s'était, une fois encore, un peu perdue. Elle se retourna pour voir arriver Elizabeth. Elle s'avança elle aussi pour la rejoindre, mieux valait éviter de rester trop au bord de l'eau: si elle, elle pourrait se changer, ça n'était peut-être pas le cas de la médecin, si elle retournait à l'hôpital. Elle était sincèrement heureuse de la voir et le sourire qui s'afficha sur son visage, bien qu'un peu timide, mais c'était chose commune depuis qu'elle buvait moins - elle était moins sûre d'elle, l'alcool exacerbant sa sociabilité. Il lui sembla que son amie était plus fatiguée qu'à l'habituelle, mais au vu de ses explications, elle mit ça sur le compte de son travail. Elizabeth n'avait pas de raison de lui mentir, non?

« Salut, Liz... je suis heureuse de te voir. » lui dit-elle en la serrant doucement dans ses bras pour la saluer. C'était vrai. La brunette était une des rares personnes avec qui Veronika n'éprouvait aucune crainte spécifique. Elle avait confiance en elle, chose qui s'était faite rare, au fil du temps. Tout en s'installant, comme à leur habitude, sur la couverture que la médecin avait apportée, Veronika reprit la parole. « Je viens juste de recevoir un message de mon père... Il a quelque chose à m'envoyer, visiblement. J'avoue que je suis curieuse de savoir ce que c'est. » Machinalement, une fois assise, elle ramena ses genoux contre elle, qu'elle enserra de ses bras. Veronika se protégeait toujours un peu du monde extérieur, quand il s'agissait de parler d'elle. Puis elle tourna son regard vers Elizabeth. « J'espère que ça ne te dérange pas, de continuer de se voir ici? Il ne fait pas chaud, mais la mer me détend systématiquement... » Et de se détendre, elle en avait besoin. Parce que ce foutu poids sur l'estomac ne la quittait pas. « Il faudra que je songe à y emmener un chien du refuge, un de ces jours. »

Veronika ne dégageait rien de spécifiquement négatif. Elle ne se sentait certes pas aussi bien que ce qu'elle aurait voulu, mais après tout, c'était peut-être normal, non? Sa vie n'avait été qu'une succession d'emmerdes depuis dix ans. Tout ne pouvait pas rentrer dans l'ordre en un claquement de doigts. Elle était loin de se douter que les conséquences de sa vie dans ce qu'elle avait si longtemps appelé son autre monde allaient violemment la rattraper.

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptySam 8 Déc - 6:16



 

Veronika & Liz & Abi

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Le sourire de la jeune femme me fit chaud au cœur même s'il me rendait aussi plus nerveuse encore : elle semblait heureuse, en bonne voie, et moi j'arrivais avec mes gros souliers et ma nouvelle horrible pour tout gâcher... Quoi qu'elle pourrait peut-être bien le prendre ? Non, impossible... Qui pourrait avoir envie d'un enfant sans être pleinement sortie d'une lourde période d'alcoolisme ? Qui voudrait risquer d'avoir un enfant malade et pas de père en plus ? Non, il était vraiment impossible qu'elle prenne bien la nouvelle et à plus forte raison si elle était de ceux qui ne pouvaient envisager l'avortement... Ce n'était pas son genre mais, pour travailler à l'hôpital, je suis bien placée pour savoir que l'habit de fait pas le moine, surtout pour ce genre de décisions. 

J'acceptais chaleureusement son accolade avant d'installer la couverture derrière nous. Le bruit de l'eau et l'odeur des embruns était agréable et rendait nos rencontres plus sympathique encore. Avec le temps, nous avions toutes les deux finit par oublier l'aspect médical de tout cela, nous n'étions plus que deux amies qui discutaient de tout et de rien de façon régulière. Je facturais le minimum de séance, uniquement celles qui rendaient compte de résultats ou qui enclenchaient des analyses. Juste pour qu'elle puisse le justifier, pour que son suivi ne soit pas vu que par nous. Les joies de la paperasse en somme, mais c'était un moindre mal. J'aurais préféré que notre dernière séance soit gratuite, j'aurais préféré ne jamais avoir à lui annoncer cela... Enfin non, je voulais son bonheur alors... Juste pas lui annoncer ce genre de nouvelle maintenant. 

    « Je suis vraiment heureuse qu'il soit de nouveau dans ta vie. Il a l'air très impliqué c'est super. Peut-être a-t-il retrouvé d'anciennes affaires à toi ou de vieilles photos ? Ça fait toujours un peu drôle de revenir en arrière comme ça mais c'est sympa aussi, ça peut rappeler de bons souvenirs. J'avais une de ces têtes quand j'étais petite !»

Concluais-je, nostalgique, alors que des images de mon enfance me revenaient à l'esprit. J'avais vraiment eu de la chance d'avoir des grands parents en or... J'avais tellement de bons souvenirs avec eux. Ils baladaient souvent dans mon esprits et j'aurais vraiment voulu que ma grand mère soit là pour me conseiller... Elle avait toujours était ma confidente, la voix de ma conscience et elle me manquait atrocement, encore aujourd'hui. Heureusement, Veronika me tira de mes pensées en reprenant la parole. Nous étions maintenant installées sur la couverture, moi en tailleur et elle les genoux contre la poitrine. C'était une jeune femme timide en réalité, loin de l'image qu'elle avait parfois pu me donner quand elle évoquais un peu son autre vie. Sans compter que je n'avais que des bribes... Comme si il existait une autre Veronika une fois que l'alcool lui était monté à la tête. Ce n'était en rien extraordinaire malheureusement, c'était le lot de chacun d'entre nous une fois que les filtres fichaient le camp. 

    « Au contraire ! J'ai l'impression de vivre à l'hôpital ces derniers temps alors venir ici me fait aussi beaucoup de bien. Et je suis sûre que les chiens adoreraient, même si tu risques de moins t'amuser pour les nettoyer avant de les ramener au refuge... Ils ne sont pas aussi frileux que nous et je suis sûre qu'ils se jetteront dans les vagues comme des fous ! »

Plaisantais-je, me rappelant des quelques cascades du chien de Mina lors de nos balades dans les parages. Je crois qu'il avait fait à peu près tout ce qu'il n'aurait pas dû faire ! Une vraie fusée ce chien, et un sacré résistant aussi ! Combien de fois nous avait-il foutu la trouille en faisant n'importe quoi !? Non vraiment, je n'avais pas les nerfs assez solides pour avoir un chien ! Et je n'aurai pas les nerfs assez solides pour lui cacher la vérité très longtemps... Mais je devais attendre un peu, prendre la température et tenter de trouver le moment opportun même s'il risquait de ne jamais arriver... Quelle galère !



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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptySam 8 Déc - 18:16


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VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL

Oui, Veronika était profondément heureuse de revoir son amie. Dans son entourage, c'était probablement la personne la plus stable que l'on pouvait y trouver. Quelque part, elle était admirative: si elle-même avait tenu une sacrée cadence, ça avait été au prix de sa propre santé, alors qu'Elizabeth semblait réussir à tenir le coup sans avoir besoin d'autre chose que sa propre force mentale. La conversation dévia un instant sur le père de la jeune femme. Il était vrai qu'elle était heureuse de l'avoir à nouveau dans sa vie. Lui pardonner n'avait pas été difficile, tant il avait été présent alors qu'elle était en état de détresse avancée. « Ca fait du bien, d'avoir à nouveau une famille... Au fond, il n'a jamais été mauvais avec moi. J'ai de très bons souvenirs de lui, étant gamine. Et puis même adolescente... J'ai vraiment aimé mon passage chez les Navy. C'était juste trop difficile pour moi. Mais je ne regrette rien... Enfin, je crois. » Elle resta silencieuse quelques secondes, fixant la mer, avant de reprendre. « Je comprends sa réaction, en fin de compte. Je ne me supportais déjà plus moi-même à l'époque, alors comment en vouloir à quelqu'un qui ne pouvait plus cautionner mon comportement? »

L'espace d'un instant, ses yeux se perdirent dans l'immensité bleue en face d'elle. Puis elle se reprit, lorsqu'il s'agit de parler des chiens. « Oh, je finirai sous la douche avec eux! » dit-elle en riant, retrouvant ce qui semblait être une humeur plutôt bonne, aujourd'hui. Les animaux n'avaient jamais manqué de la faire rire. C'était vraiment parce qu'elle savait qu'elle n'était pas capable d'en assumer la responsabilité qu'elle n'en avait jamais eu. Elle avait toujours eu moins de scrupules à faire du mal aux gens qu'à ces êtres plein d'innocences. Elle se souvint d'ailleurs qu'Arthur était végétarien et qu'elle aurait aimé suivre sa voie. Ah, mais ça suffit, avec Arthur! Sors-le de ta tête au moins quelques heures! Foutue mémoire. En quelques mois, ils en avaient tant vécu que le moindre détail lui rappelait sa présence.

Veronika tourna alors la tête vers Elizabeth, se souvenant que lors de leur dernière séance, étant donné qu'elle était parvenue à rester clean suffisamment de temps, elles avaient pu faire différentes analyses. C'était un suivi régulier que la médecin tenait à faire et, même si à chaque fois, les résultats effrayaient un peu Veronika, qui avait vu son corps partir en lambeaux durant de longues semaines, jusqu'à présent, ces derniers n'annonçaient que des bonnes nouvelles. Elle semblait avoir réagi à temps pour ne pas avoir de soucis à vie et ça l'encourageait à continuer. Elle venait de réaliser que son amie ne lui en avait pas encore parlé alors qu'en général, c'était quelque chose qu'elles abordaient rapidement. Est-ce que c'était mauvais signe? Non, si ça l'avait été, Elizabeth n'aurait pas hésité à le lui dire... n'est-ce pas? Elle devait sans doute trop travailler et avait un peu la tête ailleurs. Autant ne pas se poser la question durant une éternité. « Dis... Tu as pu avoir les résultats de mes dernières analyses? » Elle demandait ça sans trop de méfiance. Même si parfois, c'était difficile de résister, le temps où elle n'était plus capable de vivre sans alcool dans le sang semblait loin. Elle songea d'ailleurs que si elle en avait les moyens, il était peut-être temps pour elle d'apprendre à conduire. Non pas qu'elle détestait les transports en commun, à dire vrai, elle trouvait ça même plutôt agréable. Mais parfois, elle aurait aimé ne pas dépendre de leurs horaires et des arrêts imposés.


[ HJ : allez! Je mets les pieds dans le plat!  sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] 2266979268 ]

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptySam 22 Déc - 15:25



 

Veronika & Liz & Abi

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Veronika m'avait déjà parlé un peu de son père et de son passé. Je ne connaissais pas les détails mais, si j'avais bien compris, les choses avaient été très compliquées à un moment. Si bien que j'avais été surprise qu'elle retourne chez son père quand les choses avaient dégénéré. Mais les choses s'étaient bien terminées et j'en étais heureuse pour elle. La jeune femme méritait vraiment d'être heureuse à son tour, elle méritait de sortir enfin la tête de l'eau après toutes ces épreuves, quoi qu'elle puisse en penser. Et pourtant, j'avais une mauvaise nouvelle pour elle, j'avais en ma connaissance un élément qui pourrait à nouveau tout gâcher, la goute d'eau qui risquait de faire déborder le vase...

C'est pour cette raison que je n'avais pas encore annoncé la nouvelle, préférant attendre un peu, tater le terrain. C'était idiot, il n'y avait pas de bon moment pour annoncer un truc pareil... Pas dans de telles circonstance en tous cas. Je saisissais donc toutes les occasions de parler d'autre chose, soulagée qu'elle ne m'en parle pas, heureuse d'en apprendre un peu plus sur sa vie, de voir qu'elle allait mieux. Peut-être que ce ne serait pas si catastrophique après tout? Son moral semblait plutôt bon alors... Puis j'étais là, elle savait aujourd'hui qu'elle pouvait compter sur moi quoi qu'il arrive. N'est-ce pas ? Pfff... Ça ne changera rien, rien ne peut changer tout ça.

Je souris quand elle m'annonça avoir compris la réaction de son père. C'était vraiment une bonne chose qu'il soit à nouveau là pour elle, elle allait avoir besoin de tout le soutient possible. Il pourrait peut-être même la convaincre de garder l'enfant ? Lui dire que ce n'est pas une mauvaise chose ? Ma parole n'aurait pas le moindre poids là dedans, j'en étais certaine. Après tout, je n'étais pas grand monde pour elle. Une nouvelle amie oui, mais sans doute pas assez pour pouvoir influencer une pareille décision. Imperceptiblement, mes mains tremblaient un peu et mon cœur battait trop fort dans ma poitrine.

Puis mon sang ne fit qu'un tour... Elle voulait savoir pour les résultats et il était hors de question que je lui mente à ce sujet. Je tentais de garder un sourire sur les lèvres pour la rassurer mais il devait sembler étrangement tordu... Après avoir déglutit douloureusement, je me décidais enfin à lui répondre, croisant intérieurement tout ce qui était croisable et espérant sincèrement qu'elle ne le prenne pas trop mal... Après tout, l'espoir fait vivre non ? Et dire que nous plaisantions sur les chiens quelques secondes plus tôt... Pourquoi n'avais je pas eu le présence d'esprit d'enchainer !?

    « Et bien ils sont très positifs. Tes efforts ont payés même s'il reste certaines petites anomalies qui devraient rapidement se corriger si tu gardes cette bonne attitude. » Dis-je, tentant de paraître normale, optimiste et bienveillante. Mais Veronika me connaissait sûrement assez maintenant pour voir que quelque chose n'allait pas. « En revanche... » Je marquais une pause, soupirant puis secouant la tête pour reprendre un peu mes esprits. Je ne savais pas comment l'annoncer proprement... « Il faudra refaire des analyses car il semblerait que... Que tu sois enceinte. »

Bon, ça c'est fait. Je me mords la lèvre inférieure, cherchant son regard d'un air désolée, prête à la retenir si elle tente de partir. Ce n'était peut-être pas la meilleure façon de lui dire mais c'est la seule qui me soit venue...



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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyVen 28 Déc - 11:40


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VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL
Veronika aimait à se tenir au courant des résultats des analyses qu’elle faisait régulièrement. C’était sa manière à elle de se raccrocher encore au monde. Elle se concentrait sur sa santé autant qu’elle le pouvait, comme si c’était sa dernière chance. Les médecins avaient été clairs: il fallait qu’elle s’arrête où elle allait y rester. Elle chassait comme elle le pouvait son envie de tout laisser tomber, d’abandonner. Pour s’en aller d’ici peut-être ou bien pour s’en aller tout court. Chassant à nouveau cette dernière pensée de sa tête, elle attendit la réponse d’Elizabeth. Les résultats étaient bons. Ses efforts payaient réellement. Elle pouvait le sentir, d’ailleurs: même si mentalement, l’épuisement était bien présent, son corps tenait bien mieux la route que deux mois auparavant. Mais si les résultats étaient positifs, elle remarqua que son amie semblait tendue. Y-avait-il un problème? Quelque chose qui n’était pas prévu?

Le couperet qui tomba fut tellement inattendu qu’elle se figea l’espace d’un instant. Elle était... sérieusement? Elle regarda la mer, puis le sable, puis son regard revint vers Elizabeth. « Je suis... quoi?! » La question était réthorique. Elle avait parfaitement comprit de quoi il retournait. Le calcul fut vite fait: elle n’avait jamais eu de rapports avec Arthur et son seul amant avait été Simon durant trois mois. Elle s’était pourtant protégée, comme elle le faisait toujours depuis des années. Alors comment était-ce possible? Qu’est-ce qui avait mal fonctionné? Sa respiration s’accéléra. « Non. Non, non... » Elle passa une main dans ses cheveux, geste machinal plus qu’autre chose. « C’est pas possible. Pas ça. C’est trop! » Elle se releva brusquement, manquant de perdre l’équilibre. Tout tournait beaucoup trop vite dans son esprit: il n’y avait pas d’autre alternative, elle était enceinte de Simon. Elle ne voulait pas d’enfant. Pas comme ça, en tous cas. Et puis... Simon?! Elle n’allait quand même pas le lui cacher? Mais comment le lui dire, en sachant d’avance qu’il refuserait peut-être de la voir et que quoiqu’il en pense, elle ne mettrait pas cet enfant au monde? Elle se plaça face à la mer, évitant de regarder Elizabeth. « Je peux pas. Est-ce que tu te rends compte de ce que ça veut dire? » Probablement pas: elle ne lui avait jamais vraiment parlé de Simon. Elle se retourna alors vers son amie. Elle se sentait mal. Les larmes restaient coincées au fond de ses yeux et elle tremblait. « Le père de ce gosse est un gangster. Et pas des plus tendres, Liz. Je peux pas. Gérer ça, je peux pas! Qu’est-ce que je vais lui dire? Il a été plus que clair la dernière fois et je refuse de lui apporter encore des emmerdes. Et puis élever un gamin dans mon état, c’est du délire. » Elle parlait vite. Elle n’était même pas certaine qu’Elizabeth ait comprit l’intégralité de son discours mais au final, ça lui importait peu.

« J’en ai marre. Je suis fatiguée. J’abandonne. » Elle aurait voulu fuir en courant, mais ses jambes ne lui obéissaient pas. Sous le choc, elle ne parvenait pas à prendre la fuite, en tous cas pour l’instant. Elle prit son visage dans ses mains et éclata en sanglots. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase, trop plein depuis trop longtemps. C’était comme si elle avait été fauchée en pleine course. Elle sentit le courage qui lui restait l’abandonner et elle ne chercha même pas à cacher sa détresse. Elle n’en avait plus la force.

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyJeu 3 Jan - 7:01



 

Veronika & Liz & Abi

Sometimes you have to know when to stop running.


C'était affreux. Une nouvelle qui devait déclencher tant de joie... Je me sentais coupable, incapable de faire quoi que ce soit, sans savoir quels mots choisir. Que pouvais-je dire de toute façon ? Tenter de la rassurer ne servait à rien, lui dire que je comprenais serait presque faux. Je ne pouvais pas me mettre à sa place, je ne pouvais que vaguement imaginer sa détresse. Immobile, je l'écoutais avec attention, cherchant une issue pour elle, une solution pour l'aider. Mais quelles solutions ? Lui dire que ça pouvait changer, que ce n'était pas irréversible, pas inévitable ? D'après les analyses, nous pouvions en effet encore faire quelque chose seulement je n'étais pas sûre qu'elle le souhaite vraiment. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère, quoi qu'elle puisse en dire. 

Le père n'était donc pas Arthur, c'est l'homme dont elle me parlait, celui de l'autre monde, celui qui avait une si mauvaise influence sur sa vie... Un détail qui changeait tout bien sûr, si seulement Arthur était encore là ! Quoi qu'il n'aurait sûrement pas accepté cette responsabilité, pas après ce qui s'était passé. Même si je ne savais pas vraiment ce qui s'était passé en fait... J'avais l'essentiel, des bribes, la ligne directrice. Assez pour savoir qu'il ne prendrait le risque. Enfin risque, c'était un bien grand mot. Ce n'était pas un risque, j'étais certaine que Veronika était sur la bonne voie, qu'elle allait se repentir et que tout allait bien finir. Et pourtant je ne pouvais m'empêcher de penser à la santé du bébé... Elle allait mieux oui, mais sûrement pas assez pour une grossesse sans risques. 

La jeune femme se redressa brutalement, me faisant presque sursauter. Je me précipitais à ses côtés, la soutenant physiquement pour lui éviter la chute. Elle tremblait et ne semblait pas vraiment consciente de ma présence ou de ma main qui caressait doucement son dos. Silencieuse, je me contentais toujours de l'écouter, une petite grimace de compassion sur le visage, mon regard cherchant vainement le sien. J'étais vraiment à court de mots, incapable de trouver quoi dire ou quoi faire pour alléger sa peine. Hors de question de lui dire que je comprenais ou que ça allait aller mieux, ce n'était clairement pas le moment. Non, il fallait envisager une toute autre approche dont je n'avais pas la moindre idée... Et pourtant je devais faire vite même si Veronika finit enfin par craquer, cédant aux larmes et me laissant ainsi un peu de temps pour réfléchir. 

Comme j'étais encore toute proche, j'enroulais mes bras autour d'elle. Être une épaule sur laquelle pleurer serait sûrement le plus efficace. Je fermais les yeux tout en caressant songeusement ses longs cheveux devenus blonds. Je ne comptais pas la laisser tomber même si je ne savais pas exactement quoi faire. Après un bref silence, je soupirais discrètement puis rompais notre étreinte en la tenant fermement par les épaule. Non seulement pour la soutenir mais aussi pour la retenir, sentant qu'elle mourait sûrement d'envie de fuir. Mais non, il ne fallait pas fuir, nous allions lutter ensemble, une fois de plus, courageusement. Je sais qu'elle est capable de traverser ça aussi, même si elle est épuisée et même si c'est parfaitement légitime. Nous allions trouver une solution, tout se passera bien même si je me refuse à le lui dire tel quel. À nouveau, je cherche son regard en espérant lui transmettre mon optimisme et un peu de courage aussi. Si seulement je pouvais l'aider davantage !

    « Tu as toutes les raisons du monde d'être épuisée... Mais je sais que tu es forte et je ne compte pas te laisser tomber. Nous allons faire ce qu'il faut mais uniquement quand tu auras réfléchis à tout cela à tête reposée. Il nous reste un peu de temps pour décider, je ferai ce que tu veux d'abord ? Je serai là quelle que soit ta décision. Et je peux te loger chez moi quelques temps au besoin... N'hésite vraiment pas une seule seconde. »

Je voulais la forcer à venir chez moi, à ne pas rester seule, mais je ne voulais pas la braquer. Mieux valait suggérer, proposer tout en restant subtile. J'espérais qu'elle accepte, qu'elle puisse lire en moi comme elle avait déjà su le faire. J'étais sincère, profondément confiante malgré tout. Veronika était admirable, cette épreuve ne serait qu'une preuve supplémentaire de tout ça. 


☾ anesidora

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyDim 6 Jan - 20:33


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VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL
C'était le coup de trop à gérer pour la jeune femme. Des problèmes, elle en avait encaissés. Elle en avait cherché une grande partie d'entre eux et elle assumait, tant bien que mal, les erreurs qu'elle avait faites. Mais celle-ci... Celle-ci, c'était différent. Elle n'était pas inconsciente: elle faisait le nécessaire pour ne pas tomber enceinte et jusque là, ça lui avait réussi. Elle ne comprenait pas comment elle n'avait pas pu s'en apercevoir, même si, finalement, c'était assez logique: elle n'avait pas fait la différence entre certains symptômes et ceux qu'elle subissait déjà des suites de l'alcoolisme. Veronika perdit pieds. D'abord, elle ne sut plus exactement ce qu'elle ressentait. Elle était partagée entre l'inquiétude, la colère, le dégoût et la tristesse. Son esprit lui renvoya un condensé d'images de ce qu'elle avait vécu ces dernières semaines. Elle parlait, mais elle n'était pas consciente plus que ça de ce qu'elle disait. Elle ne fit même pas attention qu'Elizabeth s'était rapprochée d'elle, perdue dans son propre discours. Elle ne le réalisa que lorsqu'elle fondit en larmes. L'espace d'un instant, la jeune femme se blottit contre elle, profitant d'une présence qui lui était rassurante. Elle se laissa faire lorsque la médecin se détacha d'elle pour la tenir par les épaules, cherchant son regard.

Veronika garda d'abord la tête baissée. Forte? Oui, peut-être. Mais à force de rester solide et d'encaisser les coups, on finit par se briser. C'était exactement le sentiment qu'elle ressentait, présentement. Elle y voyait enfin plus clair dans ses émotions et l'une d'elle la prit toute entière. Le désespoir. Vous savez, celui qui vous met en tête que tout est foutu? Que vous ne parviendrez plus jamais à remonter la pente? Celui qui vous prends directement aux tripes et qui, quoique vous fassiez, vous fait bien comprendre qu'il est là pour rester? Voilà. C'était ça. C'était fichu. L'espoir de s'en sortir qu'elle possédait encore lui glissa des mains pour s'évanouir dans la nature. La voix d'Elizabeth lui paraissait soudainement bien trop loin pour être entendue. Elle ne réagit pas aux premières phrases prononcées. Son amie aurait beau lui tenir le discours qu'elle voulait, Veronika ne l'écouterait plus. Ce qui lui fit relever la tête, ce fut la dernière phrase. Elle lui proposait de l'aide, une fois de plus. Veronika l'avait toujours acceptée jusqu'à présent. Mais cette fois-ci, la réponse fut catégorique. Brusque. Froide.

« Non. » Elle se dégagea de l'étreinte d'Elizabeth. « Laisse tomber. » Le regard de la jeune femme était voilé, mais plus par la tristesse. En quelques minutes, elle s'était éteinte. Tout simplement. « J'en ai plus rien à faire. Je m'en vais. » Veronika tourna les talons et s'exécuta: d'un pas décidé, elle s'éloigna d'Elizabeth.

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyJeu 17 Jan - 22:33

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[ LE LENDEMAIN ]

Mina avait l'habitude de se lever très tôt: son travail aux écuries lui demandait d'être sur place quasiment aux aurores, afin de pouvoir être présente avant que l'établissement ne se remplisse. Elle travaillait pas tous les temps et pas grand chose ne l'arrêtait: elle aimait passionnément ce qu'elle faisait. Red, son petit chien, l'accompagnait systématiquement. Ce fut donc avec le sourire et de bonne humeur que la jeune femme descendit les escaliers, Red sur ses talons. Elle ne l'attachait jamais à cette heure de la journée: il était trop tôt pour qu'elle ne soit gênée par une véritable circulation. Son scooter étant garé en bas de chez elle, elle laissa son bichon s'asseoir à côté de ce dernier: il avait l'habitude qu'elle le hisse dans son sac à dos pour être en sécurité durant le trajet. Mais alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir son sac, un bruit attira l'attention de Mina: la porte de l'immeuble en face de chez elle grinça. C'était peu habituel, aussi releva-t-elle la tête et, à sa grande surprise, la personne qui en sortit fut...

« Veronika ? » La rouquine l'avait forcément entendue. Pourtant, elle ne lui répondit pas. Pire, elle l'ignora complètement. Mina fronça les sourcils: c'était un comportement qui ne lui ressemblait absolument. Toutes les deux s'entendaient bien, depuis le jour-même où Veronika avait emménagé en face de chez elle. Sans prendre la peine de siffler son chien, qui la suivait comme son ombre, la jeune femme traversa la rue en courant. « Veronika ! » Toujours pas de réponse. Cette fois-ci, son amie accéléra franchement le pas. Visiblement, elle n'avait pas du tout envie d'être abordée. Sur le coup, Mina se dit qu'il fallait peut-être qu'elle la laisse tranquille, mais un geste de sa part la fit changer immédiatement d'avis: Veronika venait de ramener son sac contre elle, comme si elle s'y accrochait. Cachait-elle quelque chose? La brunette était au courant pour son alcoolisme et elle savait que parfois, elle flanchait. Connaissant le caractère bien trempé de la rouquine, elle sut qu'elle allait se faire engueuler, mais tant pis: elle se mit à courir vers elle. « Veronika ! » Cette dernière fit, enfin, volte-face et l'air durci qu'elle portait sur le visage déplut fortement à Mina. « Qu'est-ce qui se passe ? » Il était inutile de lui demander si elle allait bien: ça n'était clairement pas le cas. Elle ne s'attendait pas forcément à une réponse franche, mais elle ne s'attendait pas non plus à ce qui suivit. « Mais vous allez me foutre la paix, tous?! » Tous? De qui est-ce qu'elle parlait? « Vero, qu'est-ce qui t'arrive? » La rouquine soupira, tenant toujours fermement contre elle son sac à mains. « Rien. Vas-t-en. » « Sûrement pas, non. Tu as peut-être un foutu caractère, mais moi aussi. » « Casse-toi, putain, Mina, c'est pas le jour. » « Non mais ça va pas, de me parler comme ça? » Leurs éclats de voix raisonnaient dans la rue.

Veronika tourna le dos à Mina, mais cette dernière ne l'entendit pas de cette oreille. « Hey! Reviens i- » Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que la rouquine se retourna à nouveau et fit quelques pas en avant. Mina se figea, surprise. Elle n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait que son amie l'avait déjà violemment poussée en arrière, lui faisait perdre l'équilibre et elle s'écroula lourdement au sol. Red eut juste le temps de faire un écart pour ne pas se retrouver écraser sous sa propriétaire et il couina, apeuré par la situation. L'espace d'un instant, l'idée de se relever et de flanquer une claque à Veronika traversa l'esprit de la jeune Jacobson. Mais quand cette dernière recula et lui dit, d'une petite voix brisée par un sanglot : « Pardon... » et s'enfuit en courant, Mina ne sut plus comment réagir et la regarda s'enfuir pour disparaître au coin de la rue suivante. Ce fut son chien qui ramena la brunette à la réalité: merde, il y avait vraiment un problème. Quelque chose n'allait pas et c'était sérieux. Elle rejoignit en courant la rue où Veronika avait disparu: trop tard. Elle l'avait perdue de vue pour de bon. Elle réfléchit quelques secondes: qu'est-ce qu'elle pouvait faire? Appeler les flics? Pour leur dire quoi? Son frère, peut-être? Mais c'était la même chose: elle ne saurait pas lui expliquer la situation. Si Arthur était encore là, Mina avait toujours son numéro d'enregistré, elle aurait pu l'appeler à l'aide... Pourquoi avait-il si facilement laissé tomber, cet imbécile? Si seulement elle avait le calme d'Elizabeth, elle aurait pu réfléchir correctement à - mais oui ! Liz ! Elle saisit son téléphone et chercha rapidement son contact. Il était encore tôt et les sonneries qui retentirent lui parurent durer une éternité. Enfin, la médecin décrocha. « Liz ! Oh bon sang, merci ! Je viens de croiser Veronika. Je ne sais pas où elle va, je l'ai perdue de vue peu après l'immeuble où elle vit, mais elle ne va pas bien du tout. » Elle omit volontairement de lui dire qu'elle avait été violente avec elle. C'était une information inutile. « Elle m'a répondu sèchement quand j'ai tenté de lui parler et elle gardait son sac serré comme si elle avait peur de le perdre. Je n'ai pas pu la suivre, j'ai mon chien avec moi. Si tu as une idée d'où elle peut aller, s'il te plaît, j'ai peur qu'elle fasse une connerie. » Mina était loin de se douter du poids de ces derniers mots. Car, en effet, Veronika avait bien quelque chose en tête, mais pas ce à quoi Mina pensait... Quand elle raccrocha, elle décida d'appeler son travail et d'être honnête avec ses employeurs, qui la traitaient presque comme une membre de leur famille. Mieux valait rester chez elle, au cas où Veronika décidait de faire demi-tour. Elle prit son chien dans ses bras et remonta rapidement les escaliers, pour aller se poster à la fenêtre qui donnait sur la rue où se trouvait l'entrée de l'immeuble où vivait la rouquine.

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël] EmptyJeu 17 Jan - 23:20

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Nothing left to relive, it's water under the bridge. You said it, I get it, I guess it is what it is. I was only looking for a shortcut home but it's complicated...

Veronika n'était pas parvenue à dormir. Toute la soirée, elle n'avait eu de cesse de tourner en rond dans son appartement. La nouvelle de sa grossesse lui avait fait l'effet d'une bombe. C'était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. La rouquine aurait aimé pouvoir exploser: au moins, elle aurait su comment gérer ses émotions. Mais le problème, c'était qu'elle n'était plus sûre de ressentir quoi que ce soit. Sous le coup de massue, c'était comme si son cerveau avait coupé la connexion. Elle avait fui Elizabeth, la laissant sur la plage après l'avoir repoussée presque méchamment. Elle était rentrée directement chez elle, à pieds, avalant les kilomètres sans s'en rendre compte. Puis elle avait passé - combien de temps? Aucune idée, des heures, peut-être? à faire des allers-retours entre les différentes pièces de son appartement. Finalement, lassée de ne plus savoir quoi faire, elle était ressortie de chez elle et s'était rendue à l'épicerie la plus proche. Au diable son envie de s'en sortir. Elle avait disparu, comme le reste. Sa vie lui avait filé entre les doigts et Veronika avait perdu l'espoir de pouvoir arranger les choses. Ce fut donc les bras chargés de différentes bouteilles d'alcool qu'elle était retournée à son immeuble, faisant fi du regard des gens.

Une grande partie de la nuit, elle avait bu s'en rendre littéralement malade. Quand son estomac n'en pouvait plus, elle partait vomir, puis retournait à la boisson. Une volonté féroce d'auto-destruction s'était emparée d'elle. Il fallait que ça s'arrête. Alors, quand avait approché une heure bien trop tardive pour tenter de dormir et qu'il était encore bien trop tôt pour sortir, elle s'était traînée jusqu'à la douche.

Lorsqu'elle en sortit, ce fut entièrement lavée, ses longs cheveux y compris. Ils lui retombaient sous les épaules ainsi mouillés et, enfilant son peignoir, elle s'arrêta pour se regarder dans la glace. Son estomac lui faisait atrocement mal et elle avait l'impression que sa tête allait exploser. Elle peina à reconnaître son propre reflet: pourquoi avait-elle voulu décolorer ses cheveux, déjà? Ah, oui. Pour tenter de tourner la page sur Arthur, qui aimait tant ses boucles rousses. Cette pensée la renvoya instantanément à la raison de la rupture: Simon. Et ce dernier la renvoya à l'enfant qui allait peut-être grandir en elle. Elle ferma les yeux et inspira longuement pour éviter de se mettre à pleurer. Elle s'habilla, sécha ses cheveux, dont elle ne lissait plus les nombreuses boucles depuis quelques semaines et sortit de la salle de bains, qui donnait directement sur sa chambre. Là, elle alla jusqu'à son armoire et en ouvrit un des tiroirs. L'image d'Arthur récupérant un de ses dessins lui revint en mémoire et des larmes vinrent abîmer la surface de l'un d'entre eux. Alors, rageuse, elle en sortit des dizaines violemment du tiroir, en déchira la plupart et trouva, enfin, ce qu'elle cherchait vraiment: au fond, caché dans une boîte en bois, quelque chose qu'elle conservait depuis son arrivée ici. Un pistolet. Léger, qui se glissait parfaitement dans un sac. Elle le savait chargé. Et elle savait également parfaitement comment s'en servir... ainsi que ce à quoi il allait être destiné. Sortant de sa chambre en marchant sur les dessins, elle alla jusqu'au porte manteau et vida le contenu de son sac à mains sur le sol. Puis elle y glissa l'arme à l'intérieur et sortit de chez elle, sans prendre la peine de fermer la porte à clefs. D'ailleurs, elle ne prit même pas ses clefs. Elle n'avait pas l'intention de revenir ici. Son téléphone resta lui aussi derrière elle. Elle savait où elle allait et ne voulait pas qu'on la retrouve. La seule chose qu'elle conserva, en plus de son arme, ce fut de l'argent.

Lorsqu'elle sortit, une voix familière l'appela: Mina. Elle soupira. Ce n'était vraiment pas le moment. Elle ignora son amie, pensant que cette dernière allait laisser tomber, mais ce ne fut pas le cas. Elle se disputèrent et, afin qu'elle la laisse tranquille pour de bon, Veronika eut un geste qu'elle regretta instantanément: de toutes ses forces, elle repoussa Mina en arrière et la jeta littéralement sur le trottoir. Elle lut l'incompréhension sur le visage de la jeune femme, puis la colère. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle bredouilla des excuses avant de s'enfuir en courant, sans laisser le temps à la brunette de réagir. La rouquine prit la ligne bus qu'elle connaissait par coeur: celle qui menait à la plage. Quand le bus s'y arrêta, elle remercia le chauffeur, qui la connaissait bien, à force, avant de lui laisser un billet beaucoup trop gros pour un tel trajet. Le temps qu'il se retourne avec la monnaie, elle était déjà descendue et bien éloignée.

Veronika marcha un peu sur la plage, savourant l'air très frais du matin. Elle n'avait pas prit la peine de se couvrir et elle tremblait, frigorifiée. Lorsqu'elle se retrouva à frôler l'eau salée, elle s'arrêta. Elle observa la mer, cette étendue bleue qui lui manquait tellement. Elle aurait voulu pouvoir économiser pour pouvoir louer un bateau, de temps en temps. Elle aurait voulu inviter son père à Chicago, lui montrer où elle vivait désormais. Elle aurait voulu réparer ses erreurs. Au lieu de ça, elle en avait fait une autre. Celle de trop. Elle ne voulait pas de cet enfant. Elle n'avait rien à lui offrir. Sa vie n'était que chaos et elle n'en voulait plus elle-même. Alors, lentement, elle sortit l'arme de son sac, laissant ce dernier tomber sur le sol. Elle n'en arma pas le chien. Pas encore. Elle laissa son bras glisser le long de son corps, tandis qu'elle regardait toujours la mer.

Cette arme, elle était pour elle.
Veronika était décidée à mourir.

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