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 sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]

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─ Quartier : West Side. Un appartement sous les toits. C'est pas ce qu'il y a de mieux, mais au moins j'ai un endroit où dormir.
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MessageSujet: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   Dim 2 Déc - 13:54


sometimes you have to know when to stop running
VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL
Perdue. S'il fallait user d'un mot pour décrire Veronika ces dernières semaines, c'était bien celui-ci: perdue. La jeune femme vivait sur mode automatique: elle se levait, aller travailler, tentait de penser à manger quelque chose, puis rentrait chez elle afin de prendre une douche, d'aller dormir et de recommencer la même chose le lendemain. L'agression qu'elle avait subi au début du mois de Novembre n'avait rien arrangé: alors qu'elle avait l'habitude d'être sûre d'elle et de répondre à la moindre remarque, elle baissait désormais la tête dès qu'on faisait mine de l'aborder. Abigaël avait bien fait son travail, cependant, puisque son agresseur n'était plus réapparu. Elle avait également, au grand étonnement de Veronika, appelé de temps en temps, pour la tenir informée de l'avancée de l'enquête, mais également (et c'était ce qui l'avait vraiment touchée) pour lui demander de ses nouvelles. Elle appréciait cette policière, même si elle ne la connaissait pas. Parfois, son esprit vaquait vers elle, pour se rappeler de sa gentillesse et ça réchauffait un peu son coeur, brisé depuis le départ d'Arthur. Elizabeth n'était pas en reste non plus: si elle était sa médecin au départ, elle était devenue une amie qui souhaitait veiller sur elle et qui, régulièrement, prenait également de ses nouvelles. Quant à Mina, elle tentait tant bien que mal de lui changer les idées en passant quelques unes de ses soirées avec elle, mais l'esprit de Veronika n'y était pour ainsi dire jamais. Elle ne savait même pas spécifiquement où elle se trouvait, au niveau de sa vie. Dans un sens, elle avait envie d'aller mieux. Elle buvait beaucoup moins désormais, sachant résister à la plupart des tentations, même si c'était un vrai calvaire en vivant seule. D'ailleurs, pour éviter d'avoir de l'argent à dépenser dans de l'alcool, elle ne gardait strictement rien de côté: tout allait dans les courses basiques, mais également à la SPA, où elle faisait des dons régulièrement. Elle adorait les animaux. Elle aurait rêvé d'avoir un chien. Ca avait failli être le cas, puisqu'Arthur possédait un Border Collie et ça lui manquait d'autant plus désormais. Mais elle n'était pas apte à s'occuper de l'un d'eux. Pas encore, en tous cas. Alors, deux fois dans la semaine, elle passait promener ceux du refuge. C'était probablement les seuls moments qu'elle appréciait réellement. Elle n'en avait encore parlé à personne, allez savoir pourquoi. Peut-être était-ce pour garder quelque chose rien qu'à elle, parce que sa vie lui avait filé entre les doigts et qu'elle avait besoin de se raccrocher à une chose tangible et personnelle. Elle avait décidé d'en parler à Elizabeth aujourd'hui, cependant. Quelque part, elle avait vraiment envie de montrer qu'elle ne s'occupait pas d'elle pour rien, qu'elle faisait des efforts... même si le désir de complètement abandonner ne la quittait jamais.

Elle voyait toujours la jeune femme lors de rendez-vous médicaux. Lors de sa première véritable discussion avec elle, cette dernière lui avait proposé de se retrouver au-dehors, afin que l'environnement soit moins stressant. Depuis, c'était quasiment toujours à la plage qu'elles se voyaient. Veronika adorait cet endroit: elle n'avait jamais oublié son temps dans la Navy et la mer lui manquait terriblement. Naviguer lui manquait. Encore une fois, elle aurait pu en avoir l'occasion avec Arthur... Elle secoua la tête alors qu'elle rejoignait la plage, plus tôt que l'heure du rendez-vous, bien couverte car, malgré le soleil, il ne faisait pas bon traîner en t-shirt si vous ne vouliez pas attraper la mort en plein hiver. Quand est-ce qu'il allait sortir de sa tête? Pourquoi est-ce qu'elle s'y accrochait comme ça alors que finalement, ils ne s'étaient pas fréquentés durant longtemps? Peut-être parce qu'il avait été le premier depuis Kyle à la rendre heureuse. Peut-être parce qu'elle l'avait (trop) identifié à Kyle. Sans doute un peu des deux. Elle n'avait déjà pas fait le deuil de son compagnon décédé, accepter une nouvelle rupture lui semblait insurmontable.

Elle s'approcha de l'eau, laissant les vagues frôler ses chaussures alors qu'elles venaient s'écraser sur le sable. Fermant les yeux, elle se laissa envahir par le bruit de ces dernières, occultant le reste. Non loin, un groupe de mouettes se disputaient des restes de pique-nique. L'image aurait pu être paisible, si Veronika ne se sentait pas aussi mal, sans vraiment qu'elle ne puisse s'expliquer pourquoi. C'était comme si un mauvais pressentiment la tenait à l'estomac depuis qu'elle s'était levée.

@Elizabeth J. Lake

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Dernière édition par Veronika Faure le Mer 5 Déc - 18:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   Mer 5 Déc - 6:51



 

Veronika & Liz & Abi

Sometimes you have to know when to stop running.



Ma vie avait été un peu mouvementée ces derniers temps. Une collègue étant en congés, j'avais pris pas mal de ses heures et ce n'était pas de trop pour ne pas penser à certains aspects de ma vie. En effet, je n'avais jamais été douée avec les sentiments et les choses ne semblaient pas prête de s'arranger... J'étais toujours incapable de mettre des mots sur ce que je ressentais pour Liam et mon état quand il était dans les parages m'inquiétait grandement. Non, vraiment, il était préférable que je n'y pense pas trop. Et j'avais de quoi m'occuper ! 

    « Si tu continue comme ça c'est toi qu'on va finir par hospitaliser ! »

M'avait dit un collègue en me tapant sur l'épaule avec un air rieur. Il n'avait sûrement pas tort mais c'était un mal nécessaire. Surtout que j'avais décidé de m'impliquer davantage dans les associations en donnant une grande partie de mon revenu à la SPA locale que Veronika m'avait fait découvrir lors d'un de nos rendez-vous en extérieur. J'avais été très surprise et heureuse de la voir si épanouie avec les animaux dont elle s'occupait. Elle m'avait aussi parlé d'une jeune policière qui l'avait aidé et qui semblait s'inquiéter pour de son état. C'était une bonne chose, elle n'était pas seule et elle avait beaucoup progressé. 

En effet nos dernières rencontres avaient été très positives. L'alcool ne faisait presque plus partie de sa vie et elle semblait avoir cessé de traîner dans des endroits peu recommandables. Bon, sa rupture l'avait beaucoup affectée mais elle n'avait pas replongé et j'étais très fière d'elle. Comme je l'avais remarqué depuis le début, Veronika était une femme courageuse et pleine de ressources en qui j'avais confiance. Elle allait s'en sortir, c'était une évidence. J'attendais d'ailleurs les résultats à de sa dernière prise de sang avant de la rejoindre. 

Et, comme je l'espérais, tout revenait doucement à la normale. Plus de carences ou de taux inquiétant, juste quelques irrégularités en bonne voie. Néanmoins, quelque chose me fit rapidement déchanter : elle était enceinte. Nous avions faut un test complet et ces résultats ne trompaient pas... Si j'avais bien compris la situation, elle avait eu deux hommes dans sa vie récemment, dont un qu'elle voyait souvent quand elle n'avait pas l'esprit très clair... Qui que soit vraiment le père, c'était une mauvaise nouvelle ou, du moins, je le craignais grandement. 

    « Ben alors Lake tu as buggé ? »

M'avait dit le jeune médecin, constatant que j'étais restée bouche bée devant ma feuille, les yeux rivés sur la ligne en question. Ce n'était pas possible, je ne pouvais pas lui faire ça, le destin ne pouvais pas lui faire ça ! Et je ne pouvais pas le cacher au risque qu'elle s'en rende compte trop tard pour pouvoir avoir le choix... Car je me doutais de sa réponse et je n'avais pas envie de l'entendre. Je n'avais rien contre l'avortement en soit, je ne voulais juste pas lui imposer ça de plus. Pas à elle, pas maintenant qu'elle allait mieux ! Je secouais la tête, incrédule, ignorant royalement mon collègue qui réalisa qu'il était préférable de ne pas me déranger dans mes contemplations. Quelle galère ! 

Après quelques longues minutes d'hésitations, je réalise que je risque d'être en retard et me décide donc à quitter l'hôpital avec ses résultats rangés au fond de mon sac. Je vais attendre un peu avant de lui dire, voir comment elle va et... Puis je vais improviser, ce sera mieux. Il est hors de question que je lui lance ça à la figure sans prendre la moindre précaution. Je ne lui cacherais pas non plus, elle doit avoir le choix, elle doit savoir. Nerveuse, je ne parviens même pas à écouter de musique pendant le trajet, me mordant la lèvre de temps en temps, mon cerveau fumant sous la pression. C'était bien la première fois que j'étais inquiète de voir la jeune femme, et pourtant elle avait vécu tellement de coups durs... Mais là c'était différent, peut-être aussi parce que j'avais finis par la considérer comme une amie...

Enfin arrivée à la plage, j'attends quelques instants de plus avant de descendre la voiture, cherchant la jeune femme du regard, espérant presque qu'elle n'ait pas pu venir... Mais je la vois déjà, au loin, les pieds presque dans l'eau. Après une grande inspiration, je me décide enfin à la rejoindre, déjà inquiète de ce qui risquait de se passer. Il fallait quand même que je fasse illusion alors j'affichais un sourire chaleureux presque similaire à celui dont j'avais l'habitude. Il était tout de même un peu plus fragile, un peu moins franc. Il faut dire que mon cœur battait trop fort dans ma cage thoracique, gênant sûrement le fonctionnement de mes poumons. Il fallait que je me calme, que je paraisse moins nerveuse, plus naturelle.


    « Bonjour Veronika ! Désolée je suis un peu en retard, il y a beaucoup de travail à l'hôpital en ce moment. »

Dis-je en la rejoignant au bord de l'eau. J'avais apporté une grande couverture pour que nous soyons à notre aise, le tout accompagné d'une bouteille d'eau et de deux verres. C'était presque devenu une habitude maintenant, un moment agréable entre amies qui n'avait plus rien à voir avec des rendez-vous médicaux. J'étais tellement fière d'elle, de la voir si bien. Son teint était plus lumineux, ses cernes avaient disparues... Je ne pouvais pas lui faire de mal, je ne pouvais pas lui dire, pas maintenant... C'était tellement compliqué, tellement frustrant !



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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   Mer 5 Déc - 19:24


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VERONIKA & ELIZABETH & ABIGAEL

Veronika était plongée dans ses pensées. Elle repassait sa vie en boucles, ces derniers temps. Tout aurait pu si bien se dérouler. Pourquoi avait-elle cette facilité à tout gâcher? Pourquoi avait-elle autant envie d'abandonner, alors que sa vie semblait se remettre enfin en place? Elle n'en parlait pas à Elizabeth. Elle n'en parlait pas à qui que ce soit. Le seul qui s'était profondément rendu compte de sa détresse était son père. N'était-ce pas cocasse? C'était lui qui l'avait mise à la porte, dix ans auparavant. C'était parce que sa famille l'avait abandonnée brutalement qu'elle avait plongée tête la première. C'était pourtant vers lui qu'elle était allée et elle ne l'avait pas regretté. Ce fut d'ailleurs son téléphone qui la sortit de ses pensées. Elle le tira de sa poche et en regarda l'écran.

papa a écrit:
Bonjour ma chérie
Tu avais l'air fatiguée au téléphone hier, j'espère que ça va mieux. Pourrais-tu me rappeler ton adresse exacte? Je voudrais t'envoyer quelque chose.  

Elle eut un petit sourire et lui répondit. C'était tellement agréable de l'avoir retrouvé. Au fond, elle ne lui en voulait pas: elle n'avait jamais cherché à reprendre contact avec lui non plus. C'était bien lui qui était revenu vers elle et qui lui avait payé le voyage pour prendre quelques jours de repos, sans réfléchir une seconde. Oui, sa vie aurait vraiment pu reprendre un chemin normal. Enfin, aussi normale que pouvait l'être une guérison de l'alcoolisme. Alors pourquoi ce sentiment profond que quelque chose ne tournait pas rond? Pourquoi cette sensation d'échec constant? Etait-ce vraiment sa rupture qui l'avait mise à mal ainsi? Ca ne pouvait pas être que ça, mais Veronika ne parvenait pas à s'expliquer pourquoi elle se sentait aussi égarée. Des bruits de pas derrière elle l'extirpèrent de ses pensées dans lesquelles elle s'était, une fois encore, un peu perdue. Elle se retourna pour voir arriver Elizabeth. Elle s'avança elle aussi pour la rejoindre, mieux valait éviter de rester trop au bord de l'eau: si elle, elle pourrait se changer, ça n'était peut-être pas le cas de la médecin, si elle retournait à l'hôpital. Elle était sincèrement heureuse de la voir et le sourire qui s'afficha sur son visage, bien qu'un peu timide, mais c'était chose commune depuis qu'elle buvait moins - elle était moins sûre d'elle, l'alcool exacerbant sa sociabilité. Il lui sembla que son amie était plus fatiguée qu'à l'habituelle, mais au vu de ses explications, elle mit ça sur le compte de son travail. Elizabeth n'avait pas de raison de lui mentir, non?

« Salut, Liz... je suis heureuse de te voir. » lui dit-elle en la serrant doucement dans ses bras pour la saluer. C'était vrai. La brunette était une des rares personnes avec qui Veronika n'éprouvait aucune crainte spécifique. Elle avait confiance en elle, chose qui s'était faite rare, au fil du temps. Tout en s'installant, comme à leur habitude, sur la couverture que la médecin avait apportée, Veronika reprit la parole. « Je viens juste de recevoir un message de mon père... Il a quelque chose à m'envoyer, visiblement. J'avoue que je suis curieuse de savoir ce que c'est. » Machinalement, une fois assise, elle ramena ses genoux contre elle, qu'elle enserra de ses bras. Veronika se protégeait toujours un peu du monde extérieur, quand il s'agissait de parler d'elle. Puis elle tourna son regard vers Elizabeth. « J'espère que ça ne te dérange pas, de continuer de se voir ici? Il ne fait pas chaud, mais la mer me détend systématiquement... » Et de se détendre, elle en avait besoin. Parce que ce foutu poids sur l'estomac ne la quittait pas. « Il faudra que je songe à y emmener un chien du refuge, un de ces jours. »

Veronika ne dégageait rien de spécifiquement négatif. Elle ne se sentait certes pas aussi bien que ce qu'elle aurait voulu, mais après tout, c'était peut-être normal, non? Sa vie n'avait été qu'une succession d'emmerdes depuis dix ans. Tout ne pouvait pas rentrer dans l'ordre en un claquement de doigts. Elle était loin de se douter que les conséquences de sa vie dans ce qu'elle avait si longtemps appelé son autre monde allaient violemment la rattraper.

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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   Sam 8 Déc - 6:16



 

Veronika & Liz & Abi

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Le sourire de la jeune femme me fit chaud au cœur même s'il me rendait aussi plus nerveuse encore : elle semblait heureuse, en bonne voie, et moi j'arrivais avec mes gros souliers et ma nouvelle horrible pour tout gâcher... Quoi qu'elle pourrait peut-être bien le prendre ? Non, impossible... Qui pourrait avoir envie d'un enfant sans être pleinement sortie d'une lourde période d'alcoolisme ? Qui voudrait risquer d'avoir un enfant malade et pas de père en plus ? Non, il était vraiment impossible qu'elle prenne bien la nouvelle et à plus forte raison si elle était de ceux qui ne pouvaient envisager l'avortement... Ce n'était pas son genre mais, pour travailler à l'hôpital, je suis bien placée pour savoir que l'habit de fait pas le moine, surtout pour ce genre de décisions. 

J'acceptais chaleureusement son accolade avant d'installer la couverture derrière nous. Le bruit de l'eau et l'odeur des embruns était agréable et rendait nos rencontres plus sympathique encore. Avec le temps, nous avions toutes les deux finit par oublier l'aspect médical de tout cela, nous n'étions plus que deux amies qui discutaient de tout et de rien de façon régulière. Je facturais le minimum de séance, uniquement celles qui rendaient compte de résultats ou qui enclenchaient des analyses. Juste pour qu'elle puisse le justifier, pour que son suivi ne soit pas vu que par nous. Les joies de la paperasse en somme, mais c'était un moindre mal. J'aurais préféré que notre dernière séance soit gratuite, j'aurais préféré ne jamais avoir à lui annoncer cela... Enfin non, je voulais son bonheur alors... Juste pas lui annoncer ce genre de nouvelle maintenant. 

    « Je suis vraiment heureuse qu'il soit de nouveau dans ta vie. Il a l'air très impliqué c'est super. Peut-être a-t-il retrouvé d'anciennes affaires à toi ou de vieilles photos ? Ça fait toujours un peu drôle de revenir en arrière comme ça mais c'est sympa aussi, ça peut rappeler de bons souvenirs. J'avais une de ces têtes quand j'étais petite !»

Concluais-je, nostalgique, alors que des images de mon enfance me revenaient à l'esprit. J'avais vraiment eu de la chance d'avoir des grands parents en or... J'avais tellement de bons souvenirs avec eux. Ils baladaient souvent dans mon esprits et j'aurais vraiment voulu que ma grand mère soit là pour me conseiller... Elle avait toujours était ma confidente, la voix de ma conscience et elle me manquait atrocement, encore aujourd'hui. Heureusement, Veronika me tira de mes pensées en reprenant la parole. Nous étions maintenant installées sur la couverture, moi en tailleur et elle les genoux contre la poitrine. C'était une jeune femme timide en réalité, loin de l'image qu'elle avait parfois pu me donner quand elle évoquais un peu son autre vie. Sans compter que je n'avais que des bribes... Comme si il existait une autre Veronika une fois que l'alcool lui était monté à la tête. Ce n'était en rien extraordinaire malheureusement, c'était le lot de chacun d'entre nous une fois que les filtres fichaient le camp. 

    « Au contraire ! J'ai l'impression de vivre à l'hôpital ces derniers temps alors venir ici me fait aussi beaucoup de bien. Et je suis sûre que les chiens adoreraient, même si tu risques de moins t'amuser pour les nettoyer avant de les ramener au refuge... Ils ne sont pas aussi frileux que nous et je suis sûre qu'ils se jetteront dans les vagues comme des fous ! »

Plaisantais-je, me rappelant des quelques cascades du chien de Mina lors de nos balades dans les parages. Je crois qu'il avait fait à peu près tout ce qu'il n'aurait pas dû faire ! Une vraie fusée ce chien, et un sacré résistant aussi ! Combien de fois nous avait-il foutu la trouille en faisant n'importe quoi !? Non vraiment, je n'avais pas les nerfs assez solides pour avoir un chien ! Et je n'aurai pas les nerfs assez solides pour lui cacher la vérité très longtemps... Mais je devais attendre un peu, prendre la température et tenter de trouver le moment opportun même s'il risquait de ne jamais arriver... Quelle galère !



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MessageSujet: Re: sometimes you have to know when to stop running [pv Elizabeth/Abigaël]   Sam 8 Déc - 18:16


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Oui, Veronika était profondément heureuse de revoir son amie. Dans son entourage, c'était probablement la personne la plus stable que l'on pouvait y trouver. Quelque part, elle était admirative: si elle-même avait tenu une sacrée cadence, ça avait été au prix de sa propre santé, alors qu'Elizabeth semblait réussir à tenir le coup sans avoir besoin d'autre chose que sa propre force mentale. La conversation dévia un instant sur le père de la jeune femme. Il était vrai qu'elle était heureuse de l'avoir à nouveau dans sa vie. Lui pardonner n'avait pas été difficile, tant il avait été présent alors qu'elle était en état de détresse avancée. « Ca fait du bien, d'avoir à nouveau une famille... Au fond, il n'a jamais été mauvais avec moi. J'ai de très bons souvenirs de lui, étant gamine. Et puis même adolescente... J'ai vraiment aimé mon passage chez les Navy. C'était juste trop difficile pour moi. Mais je ne regrette rien... Enfin, je crois. » Elle resta silencieuse quelques secondes, fixant la mer, avant de reprendre. « Je comprends sa réaction, en fin de compte. Je ne me supportais déjà plus moi-même à l'époque, alors comment en vouloir à quelqu'un qui ne pouvait plus cautionner mon comportement? »

L'espace d'un instant, ses yeux se perdirent dans l'immensité bleue en face d'elle. Puis elle se reprit, lorsqu'il s'agit de parler des chiens. « Oh, je finirai sous la douche avec eux! » dit-elle en riant, retrouvant ce qui semblait être une humeur plutôt bonne, aujourd'hui. Les animaux n'avaient jamais manqué de la faire rire. C'était vraiment parce qu'elle savait qu'elle n'était pas capable d'en assumer la responsabilité qu'elle n'en avait jamais eu. Elle avait toujours eu moins de scrupules à faire du mal aux gens qu'à ces êtres plein d'innocences. Elle se souvint d'ailleurs qu'Arthur était végétarien et qu'elle aurait aimé suivre sa voie. Ah, mais ça suffit, avec Arthur! Sors-le de ta tête au moins quelques heures! Foutue mémoire. En quelques mois, ils en avaient tant vécu que le moindre détail lui rappelait sa présence.

Veronika tourna alors la tête vers Elizabeth, se souvenant que lors de leur dernière séance, étant donné qu'elle était parvenue à rester clean suffisamment de temps, elles avaient pu faire différentes analyses. C'était un suivi régulier que la médecin tenait à faire et, même si à chaque fois, les résultats effrayaient un peu Veronika, qui avait vu son corps partir en lambeaux durant de longues semaines, jusqu'à présent, ces derniers n'annonçaient que des bonnes nouvelles. Elle semblait avoir réagi à temps pour ne pas avoir de soucis à vie et ça l'encourageait à continuer. Elle venait de réaliser que son amie ne lui en avait pas encore parlé alors qu'en général, c'était quelque chose qu'elles abordaient rapidement. Est-ce que c'était mauvais signe? Non, si ça l'avait été, Elizabeth n'aurait pas hésité à le lui dire... n'est-ce pas? Elle devait sans doute trop travailler et avait un peu la tête ailleurs. Autant ne pas se poser la question durant une éternité. « Dis... Tu as pu avoir les résultats de mes dernières analyses? » Elle demandait ça sans trop de méfiance. Même si parfois, c'était difficile de résister, le temps où elle n'était plus capable de vivre sans alcool dans le sang semblait loin. Elle songea d'ailleurs que si elle en avait les moyens, il était peut-être temps pour elle d'apprendre à conduire. Non pas qu'elle détestait les transports en commun, à dire vrai, elle trouvait ça même plutôt agréable. Mais parfois, elle aurait aimé ne pas dépendre de leurs horaires et des arrêts imposés.


[ HJ : allez! Je mets les pieds dans le plat!   ]

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