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 Apprendre à se confier ( James)

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MessageSujet: Apprendre à se confier ( James)   Jeu 22 Nov - 23:30

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


Me voilà à nouveau dans mon bureau après une semaine de vacances. J'avais eu besoin de prendre du temps pour moi. Cela faisait maintenant deux ans que ma vie était devenu un long fleuve loin d'être tranquille. Et pourtant j'avais continué de travailler, c'était devenu le seul moyen pour surmonter les épreuves de ma vie. Et pourtant il y a plus de 2 ans je pensais vivre un vrai conte de fées, le fiancé idéal et surtout je venais de tomber enceinte. Il n'y a rien de mieux que de fonder une famille. Mais voilà, je n'oublierais jamais le jour où j'ai tout perdu. C'était pourtant une journée comme les autres au début, j'allais à mon travail pour un rendez-vous avec un de mes patients. Mais voilà, malheureusement celui-ci a eu une crise en pleine séance. Normalement j'arrivais toujours à les contrôler avec des paroles, mais là il est allé beaucoup trop loin et les gardes de la sécurité on finit par me retrouver gisant au sol après avoir reçu plusieurs. Ce jour-là j'ai perdu mon bébé mais en plus mon fiancé qui m'en a voulu en disant que mon travail était beaucoup trop dangereux. Et pourtant j'aimais mon métier, je ne comptais plus le nombre de personnes que j'avais pu aider. Il m'avait fallu beaucoup de temps pour me remettre de cette épreuve, même si c'est vrai qu'à leur d'aujourd'hui je continuais de vivre, ce moment était toujours ancré dans un coin de ma tête. Mais aujourd'hui je ne voulais pas y penser, j'avais rendez-vous avec un patient assez important. J'avais eu son dossier par une amie, Liz, un médecin qui m'avait soigné lorsque j'avais été blessé pendant mon agression, c'était une des seules avec qui je pouvais parler de ce qui m'était arrivé et je dois dire que si je n'étais pas en pleine déprime c'était en partie grâce à elle. J'allais recevoir un ami à elle, un militaire qui avait grandement besoin d'aide et tout de suite j'avais accepté de m'occuper de lui. Souvent je recevais des militaires qui avait dû mal à se remettre de ce qu'ils avaient vu pendant la guerre, j'allais tout faire pour l'aider. En attendant sa venue je venais lire son dossier, quelques informations que Liz m'avait données, en espérant qu'il sera là au rendez-vous.



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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Lun 26 Nov - 6:52

 Apprendre à se confier 
Malia ✧ James
Elizabeth n'était pas une femme comme les autres, ni pour moi ni pour personne d'ailleurs. Elle était passionnée par son travail, loyale et extraordinaire. Aider les autres n'était pas dans sa nature, c'était au delà de cela et je l'avais toujours admiré pour ça. Contrairement à beaucoup, médecine était plus qu'une vocation, c'était dans son sang. C'est d'ailleurs elle qui m'avait pris en charge à mon retour ici, me rappelant au passage à quel point j'avais été idiot de ne pas la considéré comme plus qu'une aventure à l'époque... De toute façon ça n'aurait pas collé entre nous, j'étais beaucoup trop fou pour elle à l'époque et.... Maintenant je le suis toujours mais autrement, et pas en mieux. Quoi qu'il en soit c'était une femme extraordinaire -une de plus que j'avais la chance de compter dans mon entourage- et c'est sa voix que j'avais entendu avec celle de ma mère. Elle avait demandé si j'étais là et ma mère lui avait tristement répondu que je ne sortais toujours pas beaucoup. De l'entendre parler ainsi m'avait fendu le coeur, me rappelant à quel point je n'étais qu'une m*rde...

J'étais pourtant de retour depuis un moment, mes cicatrices physiques avaient totalement disparus mais je n'osais toujours pas sortir tant que ce n'était pas vital. Les crises de panique étaient encore très fréquentes et je me sentais encore trop faible. Il y avait néanmoins du progrès : je m'habillais même pour rester à l'intérieur. Bon, comme un sac, certes, mais c'était toujours mieux que mon bas de pyjama. Avant même d'entendre les pas de mon amie dans l'escalier, j'avais ouvert la porte de ma chambre, prêt à la recevoir avec un semblant de sourire. Nous ne nous étions pas vu une seule fois hors de l'hôpital depuis mon retour, elle n'avait pas eu le temps et je n'avais pas eu envie. Et ce n'était pas contre elle, je n'avais envie de voir personne. Parler était difficile, la peur me rongeait et l'absence de sommeil me rendait à peine plus sympathique qu'un ours grincheux. Sans compter que je mangeais à peine et que mon système digestif ne semblait guère plus en état que mon cerveau... Une véritable loque, honteuse et désespérante / désespérée. Je ne savais plus quoi faire de ma carcasse mais ne pouvais pas renoncer à la vie. Il fallait que je me batte pour les miens, hors de question de les laisser tomber.

Quand Liz me vit, son sourire me réchauffa le cœur même s'il n'était pas difficile d'y desceller une certaine tristesse. Elle accéléra le pas et se jeta dans mes bras sans que je n'ai le temps de dire ou faire quoi que ce soit. Levant d'abord les bras de surprise, je ne tardais pas à profiter de ce moment en la serrant à mon tour contre moi. Elle sentait bon, elle avait l'air minuscule et si fragile... Je fermais les yeux un instant puis décidais de me ressaisir.

    « Je vous trouve tous atrocement tactiles ces derniers temps... »

    Dis-je simplement, un sourire en coin plaqué sur mes lèvres. J'étais un peu plus convainquant maintenant même si la route allait être encore longue avant un vrai retour à la normale. Elle se détacha alors de moi brusquement et me tape sur le bras, faussement méchante, une moue bougonne adorable sur le visage.

    « Je suis contente de te voir, j'ai eu peur que... »

    Légitime, j'étais vraiment mal lors de ma dernière visite à l'hôpital. J'avais fais une belle crise de panique devant elle, incapable de me relevé pendant plusieurs minutes, complètement pathétique et aussi anémique. En toute honnêteté, j'avais craqué, lui confiant à quel point je ne supportais plus de me voir dans cet état, à quel point j'avais l'impression d'être dans un gouffre sans fond et sans issue. Un discours de suicidaire et c'est sûrement ma famille qui me pousse à n'en avoir que le discours...

    « Allons, tu sais que je m'aime beaucoup trop pour me faire du mal. »

    Répondis-je, feintant un air sérieux. C'était à moitié vrai et elle me connaissait bien assez pour le savoir.

    « Il n'empêche que j'ai bien cru que tu allais laisser tomber... Même si je sais à quel point tu es courageux. »

    « Oui et puis tu vois, je suis assez grand alors si je me laisse tomber, je risque de me casser quelque chose et je n'ai vraiment pas besoin de ça en ce moment ! »

    Plaisantais-je, non sans fierté. Bon, je n'étais toujours pas drôle mais mes phrases étaient sacrément longues ! Peut-être était-ce la présence de Liz qui me faisait du bien, cette femme était un remède à elle toute seule ! Elle fut d'ailleurs aussi surprise que moi, me regardant avec de grands yeux ronds et en secouant la tête.

    « Et moi qui espérais que tu ne redevienne pas idiot... »

    « Trop aimable ! »

N'ayant pas envie de l'inviter dans ma chambre qui, de toute façon, n'était pas vraiment plus présentable que celle d'un ado en pleine crise, je lui suggérais de descendre à la cuisine où nous pourrions être tranquilles et où je pourrais lui offrir de quoi boire. Elle accepta sans hésiter et nous nous retrouvâmes donc installés dans la luxurieuse cuisine de mes parents devant une tasse de thé bien chaud. Ma mère était sûrement déjà repartie travailler même si elle était toujours très présente depuis mon retour. Ça aussi ça me faisait culpabiliser... Enfin, si j'étais à ça près ! Un soupir m'échappa alors que je regardais Liz dans les yeux, ne sachant plus trop quoi dire. Et voilà, comme toujours mon mutisme revenait au gallop. J'avais des phases où j'avais l'impression d'être redevenu moi-même, comme si l'imbécile qui sommeillait au fond de moi voulait sortir de sa prison puis... La dépression gagnait la bataille et il restait enfoui. Ce qui n'était pas toujours un mal remarque, j'étais quand même un sacré boulet à l'époque maintenant que j'y pense...

    « Ma formation avance bien, je pense que d'ici quelques temps nous pourrons commencer à faire les premières séances. »

Dit-elle, toujours aussi enthousiaste. Pour me sauver, Liz s'était lancée dans une formation dont je n'avais compris que quelques détails. Un truc d'hypnose ou d'exercices ophtalmiques qui pourraient me permettre de contrôler les crises. J'avais beau lui dire qu'elle ne devait pas se mettre autant de pression, mais c'était une vraie tête de mule... J'espérais sincèrement être réceptif histoire qu'elle n'ait pas fait tout ça pour rien. De nouveau en phase muet -et heureusement qu'elle commençait aussi à avoir l'habitude de ça-, je me contentais d'un signe de la tête accompagné d'un sourire qui se voulait optimiste en enthousiaste. Assez convainquant mais j'avais déjà fait mieux.

    « En attendant je t'ai pris rendez-vous avec une autre psychologue. » Elle marqua une pause, guettant ma réaction mais je fus incapable de faire mieux qu'un air de poisson sortir de l'eau. « Tu sais aussi bien que moi que le docteur Gershtein n'est pas efficace, il est beaucoup trop frontal. »

    Je levais une nouvelle fois les bras comme pour insister sur mon innocence, regagnant quand même un sourire plus convainquant.

    « Je me serais contenté d'inefficace et ce n'est pas moi qui l'ai dit ! Mais tu sais aussi que ça ne sert à rien... »

    Avant que je ne puisse ajouter quoi que ce soit, la jeune femme me lança un regard noir plein de reproche. J'aurai voulu dire que c'était elle le docteur et qu'elle savait ce qu'elle disait mais... Pour le coup, nous étions à égalité.

    « Fais moi confiance, je suis sûre que le docteur James sera parfaite ! D'ailleurs son nom ne peut qu'être un signe ! Alors tu me feras le plaisir de bouger tes fesses et de te rendre à ton rendez-vous. Il est à la même heure que l'ancien comme ça tu ne pourras pas dire que tu as oublié ! »

    « Ce n'est pas en toi que je n'ai pas confiance et tu le sais... Mais si ça peut te faire plaisir je bougerais mon sexy fessier. »

La jeune femme sourit en secouant la tête, visiblement soulagée de voir que mon humour débile revenait tout de même petit à petit. La pauvre avait été une des nombreuses victimes de ma méthode du Naked Man qui n'avait pas marché sur elle. D'autres avaient été plus facilement convaincues mais pas Liz. On ne séduit pas Liz aussi facilement ! Surtout quand on est aussi peu délicat que moi en la matière. Remarque c'est mieux pour elle, même avant l'accident je n'étais pas bon en Amour. Le sexe oui, mais pas les sentiments et Liz ne voulais pas du premier.... Quoi qu'il en soit elle resta quelques minutes de plus ce qui fut très agréable. Dans deux jours, je devrais me rendre chez mon nouveau médecin et ça ne m'enthousiasmais guère. Enfin, peut-être un peu plus que quand c'était avec l'autre momie mais quand même... Je savais que parler risquait de déclencher une crise et je ne savais pas quoi dire. Que voulaient-ils tous au juste? Que je raconte l'attentat en détail? Que je mette des mots sur mon état que moi-même je ne comprends pas? C'est ridicule et inutile, une perte de temps pour tout le monde.

Pour me donner un peu de courage, j'avais piqué un verre de Whiskey dans le bureau de mon père puis j'avais enfilé une tenue relativement correct pour ne pas trop ressembler à une épave. Un jean et un haut gris. J'avais aussi fait un petit effort pour ma barbe même si ce n'était pas brillant. Mon but restait de lui faire croire que ça n'allait pas si mal que ça, que j'étais presque sauvé... Pas assez pour conduire quand même, je préférais me déplacer en taxi en cas de crise, pas la peine d'avoir un accident en plus du reste. Une fois arrivé, je prenais une grande inspiration puis me présentais à la secrétaire. Mon attente ne sera sûrement pas très longue car je ne suis pas très en avance... Pas en retard néanmoins ce qui est un évènement en soit. Après un bref moment, la secrétaire me demande d'entrer dans le bureau et j'obéis sans grand enthousiasme. J'ouvre la porte et voit donc pour la première fois le docteur James. Une femme charmante que j'aurais sûrement tenté de séduire il y a quelques mois, médecin ou non. Quoi qu'après tout, nous étions collègues ! Mais aujourd'hui ce n'est plus moi, mon coeur est autant en charpie que le reste alors, elle ne risque rien. Sans trop savoir que faire, je reste devant la porte que j'avais fermé derrière moi, silencieux et attendant sagement qu'on me dise quoi faire. Ça aussi, l'ancien moi ne l'aurait pas fait et il serait déjà avachi dans le canapé... Elle va avoir du boulot !

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Lun 26 Nov - 14:43

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


Être psychologue est loin d'être simple mais depuis toujours j'ai voulu aider les gens surtout à surmonter leur angoisse et ce qui les tourmentes surtout. Souvent on ne se rend pas compte du mal qui nous ronge et donc on continue à vivre alors que notre comportement change et il n'y a que notre entourage qui finit par le voir. Au début on n'a pas envie de le voir et on finit par craquer, crise angoisse, renfermement et moi j'arrive avant que cela ne devienne trop grave. Chaque patient était différent, problèmes différents et surtout manière de se confier qui différait selon la personne. En tout cas je voulais tout faire pour les aider, je n'étais pas comme les autres à juste écouter sans donner de conseil ou encore forcer les gens à nous dire les choses. Non, moi je leur laissais du temps, ils pouvaient prendre tout leur temps pour se confier. Et c'est pour ça que j'avais de plus en plus de patients, j'étais là pour les aider. Et quand j'y pense, moi-même je devrais en voir un, c'est juste impossible de se remettre d'un tel malheur, la perte de son bébé et quelques mois après se faire quitter par son fiancé. Une épreuve plus que difficile mais je connaissais certains psychologues et ils ne savaient pas s'y prendre dans ce genre de situation surtout qu'entre psychologues on ne se faisait pas de cadeau. Dans ce monde il y avait tellement de personnes qui aimait juger les autres et donc je n'avais pas envie de perdre mon travail, au contraire, je préférais garder ça pour moi-même si je conseillais tout le contraire aux autres personnes. Après mon cas n'était pas aussi important, je n'avais pas de crise d'angoisse et depuis 2 ans maintenant je me renfermais dans mon travail.

En tout cas ma semaine de vacances ne m'avait pas forcément aidé à me détendre, je n'étais pas partie en vacances, à quoi bon partir quand on est toute seule de toute façon. J'avais juste fait du rangement et j'avais vu un peu Liz, une amie depuis 2 ans maintenant et heureusement qu'elle avait été là. Je dois avouer que c'est surtout grâce à elle que je suis encore debout, elle a su trouver les bons mots et me sortir de ma déprime surtout au lieu de me renfermer dans l'alcool, j'avoue ce n'était pas la meilleure solution. En tout cas aujourd'hui j'étais de retour au bureau et j'avais un nouveau patient qui allait arriver, j'avais réservé une bonne partie de ma journée pour lui, au moins il allait pouvoir prendre tout son temps pour parler. Liz m'avait un peu parlé de James comme quoi c'était quelqu'un qui c'était totalement renfermé sur lui et qu'il avait grandement besoin d'elle. Elle ne voulait pas m'en dire plus et elle avait raison, je voulais le découvrir par moi-même. Ma secrétaire venait me dire que James était arrivé, je l'ai remercié en lui disant de le faire rentrer. Je finissais de regarder mes mails sans faire attention à la porte qui venait de s'ouvrir et c'est au bout de quelques secondes je relevais le visage et je me retrouvais devant lui. Je me levais pour me diriger vers lui avec un sourire aux lèvres de quoi le rassurer.

-Bonjour monsieur O'Connel, je suis Malia James.

J'essayais d'être la plus rassurante possible. Une fois que je l'avais salué , je venais me diriger vers le canapé à lui de savoir s'il voulait s'allonger, s'asseoir ou même faire les cent pas dans la maison ce n'était pas un problème. Il était libre de faire ce qu'il voulait tant qu'il finissait par me parler.

-Venez vous asseoir. Sachez que tout ce que vous direz ici restera ici, je suis là pour vous aider. Dites-moi un peu ce qui vous arrive.

Je voulais voir comment il allait m'expliquer la situation, chaque geste et mots étaient importants et donc je commençais déjà à travailler.

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Mar 27 Nov - 7:01

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Malia ✧ James


Il faut quelques instants au docteur pour enfin lever les yeux vers moi. Comme je l'avais déjà remarqué, c'est une femme charmante et son sourire est chaleureux. Avec l'élégance d'un chat, elle se lève de son bureau pour venir se présenter puis m'inviter à m'avancer dans la pièce. Toujours muet, je lui rend le plus convainquant des sourires dont je sois capable puis obéis sagement. Je dois bien avouer que ça non plus ce n'était pas mon genre. L'ancien moi serait resté debout, aurait sortit une vanne bien nulle puis se serait esquivé le plus vite possible. Le nouveau moi n'est plus vraiment physiquement capable de fuir et je pense qu'une grande partie de mon humour est encore ensevelis sous les débris de l'attentat... Mais je commence quand même à retrouver un usage correct de la parole, il était grand temps. J'avais passé des mois muré dans un silence que je ne contrôlais même pas, incapable d'aligner plus de trois mots sans sentir une crise arriver, ma gorge brulant presque physiquement à chaque parole... Un bon gros traumatisme qui semble tout de même s'effacer doucement. En même temps, je n'avais pas la moindre lésion cérébrale, ce n'était que du psychologique et c'était pire finalement. Une lésion, ça s'explique et ça se soigne, du psychologique, c'est encore autre chose.

Hésitant tout de même un peu, il me faut aussi quelques instant avant de réagir et de m'installer dans le canapé avec un soupir. Les jambes légèrement écartées, les coudes posés sur mes genoux, je joins mes mains devant moi, les laissant plus ou moins pendre pour le moment. C'est une astuce comme une autre de les laisser là, ça me fera toujours ça à regarder en cas de malaise et je pourrais toujours serrer au besoin. Ça m'aide parfois, créer une douleur physique pour ne pas penser de trop, pour éviter la crise d'angoisse. Pas toujours efficace, rien ne l'est jamais vraiment. Quoi qu'il en soit -et à ma grande surprise-, le docteur James ne m'attaque pas tout de suite. Elle semble avoir une méthode plus subtile que mon précédent médecin. Enfin, je pense qu'elle va rapidement regretter cette méthode avec moi... Espérait-elle vraiment que je lui réponde en toute honnêteté à cette question si vague ? N'a-t-elle pas lu mon dossier ? Je ne sais même pas ce qui m'arrive, le médecin que je suis n'a pas la moindre idée du fonctionnement actuel de son cerveau et elle espère que j'y mette des mots... On est pas rendu ! Nerveusement sans doute, je ris dans un soupir et me met à secouer la tête. Il me faudra encore un moment pour reprendre la parole, relevant les yeux vers elle pour le seconde fois seulement.

    « Et bien je ne sais pas... Préférez-vous qu'on commence par ordre chronologique ou attendez-vous une sorte de hiérarchisation ? » C'était une question rhétorique bien sûr, je n'attendais pas de réponse et je savais pertinemment qu'elle n'attendait pas nécessairement que nous remontions à ma petite enfance. Le traumatisme n'était clairement pas là. Néanmoins, je ne pouvais pas parler de l'attentat, pas sans risquer une crise et il fallait donc que je feinte, espérant que ma parole suive mes intentions.... Enfin, que tout suive. Je reprenais après un autre rictus silencieux. « Non parce que dans la série gros traumatisme d'enfance on peut sûrement parler du décès de mon hamster Billy, je crois que c'est là que tout à commencer. Sinon je pense qu'on peut parler de mon complexe d'œdipe ? Je sais que vous aimez beaucoup celui là en général et j'ai majoritairement grandit entouré de femme alors ça se justifie plutôt bien... » Nouvelle pause, toujours brève mais nécessaire. Il y a des mois que je n'ai pas dis autant de bêtises à la chaine... Nouveau record ! Mais je suis loin de mes capacités de l'époque... Qu'est ce qui ne faut pas faire pour sauver sa peau ! « Sinon... Hier j'ai mangé une pomme et j'ai avalé quelques pépins du coup je me suis souvenu que j'avais peur qu'un pommier me pousse dans le ventre quand j'étais petit... Signe d'une peur bien plus Freudienne j'imagine. Quoi qu'il en soit, j'ai arrosé tout ça avec un peu de bière hier soir alors je pense que c'est safe. À part ça, rien de plus que ce que vous avez sûrement déjà lu dans mon dossier. »

Et voilà, ça c'est fait ! Merci docteur, je vous laisse un chèque en blanc, débrouillez vous et laissez moi rentrer chez moi ! Liz sera contente, vous aussi, moi aussi et hop ! Malheureusement, la jeune femme ne semble pas prête à me laisser partir aussi facilement... Je reprends discrètement mon souffle et mes esprits, conscient qu'il fallait que je me prépare mentalement pour un second round qui risquait d'être bien plus compliqué à gérer que le premier... Courage fuyons !

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Mar 27 Nov - 11:43

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


J'avais appris à différencier chaque geste et paroles qui pouvaient être vraiment différentes selon les patients que je recevais. Parfois il fallait plusieurs rendez-vous avant d'entendre une vraie phrase sortir de la bouche des patients et heureusement que j'étais calme et zen surtout. Et il y en a d'autres qui c'était tout le contraire, il parlait beaucoup et souvent je devais surtout enregistrer chaque parole pour vraiment comprendre ce qui n'allait pas. Parfois trop parler était signe de ne pas vouloir entrer dans le vif du sujet et je ne pouvais pas leur en vouloir. Chaque personne était différente et ils finissaient tous par parler une fois qu'ils se sentiraient en confiance. Ce n'était pas facile de parler quand on se retrouvait devant un étranger et je dois bien avouer que certains de mes collègues ne donnaient pas envie de parler. Ils ne savent pas être tendres et encore moins mettre en confiance, souvent quand tout peut se passer dans un regard et un sourire et c'est pour cela qu'à chaque fois j'accueillais mes patients avec un petit sourire tendre et c'était pareil dans mon regard. Il ne fallait surtout pas les braquer dès le début. C'est comme les questions, trop en pauser en rentrant dans le vif du sujet n'était pas du tout la bonne solution, moi je les laissais parler de ce qu'ils voulaient au début.

Enfin maintenant on était assise, je l'avais laissé s'installer sur le canapé alors que j'allais me mettre dans le fauteuil juste en face de lui. Sans qu'il ne puisse s'en rendre compte je regardais tout ce qu'il faisait, les mimiques sur son visage, ses mains, sa position. Parfois on ne faisait pas attention à ce qu'on faisait et pourtant on en apprend plus sur une personne grâce à son corps et les gestes qu'il faisait et j'avais appris à les différencier. En tout cas pour le moment il était bien silencieux, j'espérais qu'il allait se mettre à parler au bout d'un moment. Comme souvent je venais leur demander ce qui leur arrivait, une question assez vague, j'avais envie de voir comment il allait répondre. Heureusement il finissait par me répondre, au moins il avait une voix et je savais déjà quelle voie il allait prendre.

-Vous pouvez me parler de ce que vous voulez. Par l'ordre que vous voulez.

Souvent les personnes venaient avec un souci et une fois qu'ils se mettaient à parler, ils arrivaient à se confier sur d'autres moments de leur vie. Donc là ils pouvaient parler de ce qu'il avait envie. Je l'entendais parler de son enfance, et oui il avait choisi la voie de la fuite en d'autres choses choses que ce qui se passait vraiment dans sa tête. Je venais tout de même noter ce qu'il me disait, parfois on croit que c'est une bêtise et on se rend compte plus tard que ça a eu de l'importance. Souvent notre enfance a un impact sur notre futur, si j'ai tant peur du feu c'est en partie à cause de mon enfance, parfois on n'aime pas se replonger aussi loin dans notre vie.

-Alors je vous rassure il n'y a aucun pommier qui poussera dans votre ventre. On a tous une petite peur, la mienne quand je pleurais, ma mère me disait que mes yeux allaient tomber et donc à chaque fois je mettais mes mains en dessous. Donc vous voyez, on réagit tous différemment. Ensuite je tiens à vous dire que je n'ai pas forcément lu votre dossier, je n'aime pas voir ce qu'il y a écrit sur papier . Je préfère me faire mon propre avis.

Il allait se rendre compte que je n'étais pas forcément quelqu'un de sérieux et pour détendre un peu la situation je lui donnais aussi une anecdote de mon passé. Et celle-ci était inoubliable, ma mère savait comment me convaincre de ne pas pleurer, surtout quand je faisais du cinéma. Mais serte j'avais un peu d'humour mais il n'allait pas s'en sortir aussi facilement. Je n'avais pas envie de rentrer dans le vif du sujet qui était attentat, j'en avais entendu parler mais c'était le sujet important et il n'était pas assez à l'aise.

-À l'heure d'aujourd'hui qu'est-ce qui vous fait le plus peur? On a tous des peurs qui nous hantent, j'en ai aussi. Si cela peut vous mettre à l'aise, vous me dites votre peur et je vous dirais la mienne.

Parfois avec certains patients il fallait réussir à les convaincre en se confiant aussi à eux. Comme ça ils ne sont pas totalement face à une inconnue.

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Mer 28 Nov - 17:54

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Malia ✧ James


De toute évidence, la jeune femme tentait d'être avenante, sûrement persuadée que je serai plus bavard si j'étais en confiance. Malheureusement, ce n'était pas une question de confiance, ça ne l'avait jamais été. J'avais juste peur de replonger dans une crise, peur de traumatiser les autres avec mes horreurs. Et puis je ne supportais plus d'entendre les Je comprends ce que tu ressens, Tu verras ça ira mieux avec le temps et autre inepties que les gens pouvaient sortir par simple politesse. Non, ils ne pouvaient pas comprendre, non, ils n'étaient pas à ma place et ils ne réalisaient pas la chance que c'était. Même moi je ne voulais plus être à ma place, je voulais être loin, très loin, et pas que physiquement.

Espérant couper court à la séance ou la lancer sur un autre sujet, je lui sortais donc mon baratin. Au moins quelque chose que je n'avais pas perdu dans l'explosion ! Sûrement pas l'aspect de ma personnalité que les gens appréciaient le plus d'ailleurs. Personnellement j'aimais être un trou du c*l, c'était drôle d'emm*rder le monde. Aujourd'hui, j'étais une autre sorte de trou duc, une que j'aimais beaucoup moins, le genre de c*nnard qui ne pense qu'à lui et qui envoie balader le monde en permanence, un grincheux qui n'aime rien, qui ne supporte plus rien. Avant, au moins, j'étais joyeux et plein d'entrain...

Quand j'eu terminé ma tirade et comme je l'avais crains, la jeune femme reprit la parole en entrant dans mon jeu. Il était clair qu'elle allait me relancer, que lui faire baisser les bras ne serait pas aussi simple que ça, et m*rde ! Si ce n'est pas elle qui me lâchait, je n'avais pas le choix, je devais rester pour Elizabeth, parler pour que le docteur ne puisse pas lui dire que j'y avais mis de la mauvaise volonté. Je voulais que Liz soit fière de moi, je voulais lui montrer qu'elle était utile, que je lui étais reconnaissant mais, en toute honnêteté, j'aurai préféré qu'elle se contente de m'offrir des cookies... Me retrouver ici, même avec une collègue fort sympathique, ne me plaisait pas, je ne croyais pas en ces bêtises de psychologie à deux balles. Parler ne sert à rien, ce n'est pas faute d'avoir essayé.

    « Me voilà rassurer, je dormirai sans doute mieux ce soir maintenant. »

Dis-je dans un sourire alors qu'elle m'expliquait que mon ventre ne risquait rien. Sa réponse m'avait tout de même fait surprit, moi qui m'attendait à la désespérer ou à ce qu'elle m'envoie balader ! Mais non, elle préféra me raconter une de ses peur idiote avant de m'annoncer qu'elle n'avait pas lu mon dossier. Ce n'était pas plus mal en fait, j'allais pouvoir lui raconter n'importe quoi sans risquer d'éveiller ses soupçons... Quoi que, de la part de Liz... Non, elle mentait sûrement, elle connaissait mon cas, au moins les grandes lignes. Liz était tellement inquiète pour moi qu'elle avait sûrement dressé mon portrait avec plus de détails encore que mon dossier n'aurait pu le faire... Je me demandais bien ce qu'elle avait pu dire d'ailleurs, il faudra que je lui demande à l'occasion...

    « Les parents sont des monstres. »

Répondis-je simplement, décidant d'esquiver sa remarque sur mon dossier. Mentir était sans doute inutile alors fuir restait ma meilleure option. Fuir et raconter n'importe quoi, ma grande spécialité. D'ailleurs, la blondinette m'offrit une magnifique opportunité d'exercer mon art en me demandant ce qui me faisait le plus peur à l'heure actuelle. Excellente question à laquelle je n'avais aucune intention de répondre. Ce serait trop facile de lui parler de mes crises, de la peur de décevoir ma famille, de la peur de ne pas m'en sortir ou de la peur de mourir. Non, je ne voulais pas lui faciliter la tâche à ce point et je savais que si je commençais à en parler, je prenais le risque de replonger. Hors de question, j'en avais marre. Un nouveau soupir m'échappa alors que je baissais enfin les yeux vers mes mains en secouant la tête.

    « Et bien figurez vous que j'ai une peur incontrôlable des kiwis depuis peu. Rien que d'en parler m'hérisse les poils. »

Bien, une autre phrase logique et assez longue, j'avais vraiment fait de gros progrès ces derniers temps ! Même si ça n'avait jamais vraiment été pour sortir des choses intelligentes... Non pas que j'ai un jour eu l'habitude de débiter des tas de choses intelligentes remarque... Un vrai boulet et tellement fier de l'être ! Aujourd'hui j'étais juste fier de pouvoir aligner deux mots, quelle tristesse... Mes coudes toujours appuyés sur mes genoux, le buste un peu plus en avant que tout à l'heure, je relevais à nouveau les yeux vers elle. Elle pouvait sûrement lire dans mes yeux que j'étais désolé de ne pas avoir de meilleure réponse à lui fournir, désolé de ne pas avoir envie de jouer le jeu. Mais je ne comptais pas encore m'excuser de vive voix, je ne sais même pas ce que je comptais vraiment faire de cette séance ou des autres... Je ne savais même pas quoi faire de ma carcasse alors bon...

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Ven 30 Nov - 16:58

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


Plus les minutes passaient et plus je me rendais compte qu'il n'allait pas être un patient facile. Et je m'en étais rendu compte au moment où il avait essayé de faire de l'humour avec moi, encore un moyen de fuir la réalité. J'allais devoir faire en sorte de le mettre en confiance, il devait se confier sinon je n'arriverais pas à l'aider. La balle était dans son camp, je ne le laisserais pas s'en sortir aussi facilement, une fois que j'avais un patient je ne le laissais pas tomber. Je sais que je devais être patiente mais s'il voulait reprendre le boulot ou encore retrouver une vie tranquille, c'était seulement s'il venait se confier à moi. En tout cas ce n'était pas facile et j'allais devoir réussir à le convaincre. À chaque fois je venais prendre une technique différente pour les faire parler et avec lui c'était en venant avoir de l'humour aussi . Je rentrais dans son jeu peut-être que comme ça il arrivera à plus avoir confiance en moi, mais ce n'était vraiment pas gagné. Je faisais un sourire alors que je l'entendais me dire qu'il dormirait sur ses deux oreilles. Un sourire serte mais au fond de moi je continuais de l'analyser. Et pourtant Liz m'avait bien dit qu'il ne se confierait pas aussi facilement, qu'il ferait tout pour fuir son problème. On faisait tout ça, moi-même je n'osais plus penser à ce qui m'était arrivé même si cela me revenait en pleine face quand je voyais un bébé ou encore une femme enceinte. La douleur psychologique était ce qui avait de plus dure à soigner et parfois un peu d'aide ne faisait pas de mal.

En tout cas j'étais très observatrice et je venais lui dire que je n'avais pas regardé son dossier, je ne le faisais pas lors des premiers rendez-vous le temps de pouvoir faire connaissance, je ne voulais pas qu'ils croient que j'étais là pour les juger ou autres. Mais je finissais par le lire si mes patients ne voulaient absolument pas me parler. Et peut-être qu'avec James j'allais devoir le faire. De toute façon je sais que j'allais devoir en parler avec Liz, ça allait surement être la seule qui allait pouvoir m'aider avec James, elle avait l'air de bien le connaitre. J'essayais par tous les moyens de le faire parler mais il n'avait vraiment pas l'air d'avoir envie, non il préférait se renfermer sur lui encore et encore. Je voulais connaitre ses peurs mais encore une fois il échappait à la question. N'importe qui aurait déjà lâché l'affaire mais pas moi, il ne m'aura pas comme ça, bien au contraire.

-Je vous rassure, les kiwis ne vous feront aucun mal, ils sont inoffensifs, promis. Je peux comprendre que certaines peurs puissent prendre le dessus sur nous, qu'on ne souhaite pas en parler, mais il faut affronter ses peurs, ne pas les laissés avoir le pouvoir sur nous.

Je voyais bien dans son regard qu'il était désolé, sa bouche avait beau me dire le contraire, ses yeux eux ne mentaient pas. Il n'arrivait pas à me dire ce qu'il ressentait et il semblait en être tellement désolé. Je voulais tellement l'aider mais ce n'était pas facile, surtout en le voyant autant renfermer sur lui-même. L'humour ne pouvait pas cacher cette détresse surtout que j'avais pu lire dans la voix de Liz qu'il avait vraiment besoin d'aide.

-James j'aime beaucoup votre sens de l'humour, mais je vous rassure les fruits sont nos amis. Par contre nos cauchemars sont eux nos ennemis et je ne suis pas là pour vous juger bien au contraire. Je sais ce n'est pas facile de mettre des mots sur nos mal-être, mais il faut apprendre à en parler. Vous êtes dans le noir et je suis la lumière au bout du tunnel.

J'essayais d'être un peu sérieuse avec lui mais ce n'était pas facile, son mal être avait l'air de s'être bien installé en lui, il avait vraiment besoin d'aide et je comprenais la détresse de Liz.

-Bon question plus simple, j'ai appris que pour le moment vous êtes sans emploi, vous avez envie de faire quoi comme métier?


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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Sam 1 Déc - 15:25

 Apprendre à se confier 
Malia ✧ James


Et m*rde... Le docteur Gershtein s'était montré bien moins patient et il lui arrivait souvent d'écourter nos rendez-vous quand je m'amusais à lui raconter de pareilles sottises. Il manquait de tact et avait une excellente capacité à baisser les bras, ce n'était pas le cas de la jeune femme et ça ne m'arrangeait pas. J'aurais tellement aimé qu'elle me laisse tranquille, qu'elle me dise que je devais arrêter de raconter n'importe quoi et que je devais rentrer chez moi ! En fait, j'aurais même du rester chez moi, être ici était une erreur. Je n'avais pas la moindre intention de parler, ni à elle ni à personne d'autre. Liz en savait un peu, mes soeurs aussi, le cercle également. C'était bien assez et ça ne m'avait pas aidé. Et à quoi bon les traumatiser avec ces détails morbides ? À quoi bon ? Non, c'était idiot et complètement stérile, une perte de temps pour tout le monde.

Sans vraiment m'en rendre compte, je m'étais déconnecté, n'entendant qu'à moitié ce que la jeune femme me racontait. Sans doute tentait-elle de me mettre en confiance ou de me venter les mérites des Kiwis... Non mais vraiment, où j'en étais arrivé ? C'était vraiment n'importe quoi, j'étais encore plus idiot qu'avant alors que ce n'était déjà pas bien brillant... Et cette pauvre femme qui s'obstinait à vouloir me sauver. Elle n'était pas incompétente, elle avait même tout l'air d'être le contraire mais... Je n'étais pas sauvable, je ne l'étais plus depuis longtemps, je ne l'avais même jamais été. Soudain, je réalise que le silence est revenu dans la pièce et que la jeune médecin semble attendre une réponse de ma part. Mon regard quitte enfin mes mains pour me poser sur son visage. Elle semble calme, toujours avenante et ça me fait me sentir encore plus pathétique.

    « Je... Désolé je n'ai pas écouté. C'est... C'est une perte de temps. » Je soupire puis me lève d'un bond pour me diriger vers la porte, une main dans mes cheveux et l'autre sur ma hanche. Néanmoins, arrivé devant la porte, je m'arrête et me retourne vers elle, un air désolé toujours au fond du regard. « Vous n'avez qu'à dire à Liz que tout s'est bien passé et que je suis juste un cas désespéré. » Toujours sans lu laisser le temps de répondre, je reviens vers le milieu de la pièce, perdu et sentant la panique monter en moi. Pas une crise non, ou du moins je ne crois pas. « J'ai déjà parlé, plus d'une fois, ça ne sert à rien et je ne supporte plus l'empathie des autres. Personne ne peut comprendre, pas même moi alors... Vraiment, je ne veux pas vous faire perdre votre temps. »

Un signe de la tête, un sourire désolé puis je me dirige bel et bien vers la porte. J'aurai sûrement pu jouer le jeu si j'avais eu plus de courage mais je n'en ai plus, je n'ai plus la force de rien... Tout cela m'épuise, parler m'épuise, réfléchir m'épuise, je ne suis plus capable de rien. À quoi bon faire perdre du temps à des gens qui en valent la peine ? Non, inutile, j'ai fait ce que j'avais à faire, j'ai essayé et Liz ne pourra pas m'en vouloir. Malheureusement pour moi, la force vient en effet à me manquer et voilà que mes jambes se dérobent sous mon corps, me faisant tomber à genoux à deux pas de la porte. Les sifflements reprennent soudainement alors que des points blancs s'installe devant mes yeux. Ce n'est pas une crise comme les autres, je ne vois rien cette fois, pas de vision, juste les sifflements atroce et ma vision qui se trouble. Est-ce simplement la fatigue ?

Incapable de bouger, je reste là, une main contre la porte et l'autre au sol pour ne pas tomber plus loin que cela. J'ignore ce qui se passe autour de moi, c'est comme un état de trance incontrollable. Comme toujours, le temps semble s'arrêter et c'est horrible de me sentir aussi impuissant. Je devrais réagir, faire quelque chose mais je ne peux rien faire, absolument rien...


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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Dim 2 Déc - 19:43

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


Je n'étais pas du genre à baisser les bras bien au contraire, j'étais une tête dure et surtout têtu surtout quand je voyais que la personne en face de moi en vallait le coup. Et James était quelqu'un qu'on devait aider, j'avais bien vu dans le regard de Liz à quel point j'étais le dernier espoir pour cet homme. Il ne faisait plus rien dans la vie depuis qu'il avait ses crises mais je devais découvrir d'où venaient ses crises. Pour Liz car elle, elle avait été là lorsque j'étais tombé dans mes plus jours noirs et je dois dire que c'était en partie grâce à elle si j'allais mieux maintenant. Donc oui j'allais tout faire pour l'aider le plus possible même s'il semblait ne pas vouloir être aidé par moi. Il devait se sous-estimé, ne pas avoir envie d'être aidé car de toute façon il ne voyait pas le bout du tunnel et je trouvais cela tellement dommage. Je sais que je ferais tout pour m'aider, il n'allait pas pouvoir se débarrasser de moi aussi facilement. J'essayais de lui parler comme quoi il devait affronter ses peurs, ne pas les laisser prendre le dessus sur lui , mais je me rendais compte qu'il ne me suivait plus, une deconnection totale, je ferais tout pour lire dans ses pensées pour savoir ce qui s'y passait, mais non, je ne pouvais pas et donc j'allais devoir apprendre à le déchiffrer. Puis quand il me portait à nouveau de l'attention, c'était pour me dire que c'était une perte de temps, je soupirais.

-Non James attendez... S'il vous plaît.

Je me levais en espérant vraiment le convaincre de rester, souvent mes premiers rendez-vous se terminait ainsi, la personne me fuyait et je trouvais cela tellement dommage. Je voulais l'aider mais je ne pouvais rien faire s'il ne me parlait pas.

-Je ne dirais pas ça à Liz, vous n'êtes pas un cas désespéré, je veux vous aider. Laissez-moi une chance de vous venir en aide... Je peux comprendre...

Il pourrait me prendre pour une menteuse, mais depuis que j'avais perdu mon bébé plusieurs fois je pouvais faire des crises de panique, surtout quand j'entendais des coups de feu. J'avais peur de tout ce qui était arme à feu et je n'arrivais pas encore à l'affronter. Mais souvent je le gardais pour moi, je ne voulais surtout pas perdre mon travail, j'en avais besoin pour les autres ceux qui avaient plus de soucis que moi. Je ne pouvais pas retenir un patient de partir et je ne savais plus quoi faire pour aider James. Alors que je pensais qu'il allait partir d'un coup je le voyais tombé au sol sans que je ne comprenne ce qui se passait. Je me précipitais tout de suite vers lui et tout de suite je comprenais qu'il était en train d'avoir une crise.

-James je suis là calmez-vous... Rien ne vous arrivera d'accord. Respirez doucement.

C'était dur de le voir dans cet état, il avait un visage qui avait besoin d'être aidé et qui le demandait surtout. Je n'avais pas pour habitude d'être proche de mes patients, en temps normal j'aurais dû appeler les secours tout de suite, mais je voulais lui laisser une chance de se calmer en ma compagnie. Je venais me mettre derrière lui pour basculer son corps contre le mien pour ensuite passer une main sur sa joue avec beaucoup de tendresse, je faisais tout pour le faire revenir vers moi, mon autre main venait prendre la sienne pour essayer de le détendre, souvent le contact faisait du bien. Sans m'en rendre compte je venais chantonner comme une berceuse, je ne sais pas pourquoi mais j'avais peur pour lui. Je cherchais à savoir ce qui avait pu provoquer cette crise alors que rien de spécial ne c'était passé. Il refoulait tellement son mal-être que les crises arrivaient sans forcément de raison. Cela prouvait bien qu'il endurait se calvaire depuis trop longtemps.

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Lun 3 Déc - 15:46

 Apprendre à se confier 
Malia ✧ James


J'avais l'impression d'être dans un bocal, tous les sons autour de moi résonnaient étrangement, presque comme s'ils étaient au ralentit, à la fois plus fort mais aussi plus étouffés. Mon cœur battait fort dans mes tempes, presque assez pour affecter ma vue et me donner l'impression que les images clignotaient. Enfin les images... Tout était tellement trouble, presque comme si tout était entouré d'un halo blanc et éblouissant. Je tentais de cligner des yeux, plus fort que de raison, mais ma vue ne s'améliorait pas pour autant, pas plus que mon audition. Toujours à genoux, toujours les mains appuyées cotre le sol et la porte, je ne pouvais que subir la crise et attendre que la tempête passe.

Au loin, étouffés par les sifflements, je distinguais les pas de la jeune femme qui venaient vers moi. Impossible de tourner les yeux vers elle, mon corps n'obéissait plus à rien. Elle s'étais jetée à genoux près de moi et il me semblait entendre sa voix mais je ne distinguais pas les mots. Tout ce dont j'étais certain c'est qu'elle s'était rapprochée de moi, que je sentais son corps contre le mien et sa main sur ma joue. Un contact que j'aurais sûrement beaucoup apprécié avant tout cela, qui aurait même pu éveiller de vieux instincts, mais ce n'était pas le cas aujourd'hui. Sa chaleur m'atteignait à peine, j'avais l'impression de rêver, de ne pas vraiment sentir tout cela. Mon cerveau luttait pour me maintenir conscient.

Malgré ses efforts, je ne parvenais pas à sortir de mon étrange transe, incapable même de détendre mon corps et de le laisser aller contre le sien. J'étais toujours par terre, immobile, pétrifié. Les sifflements ne diminuaient pas mais aucune image ne s'étaient glissées devant mes yeux et c'était déjà bien. Les crises que j'avais en temps normal était bien plus traumatisante pour moi et pour mon entourage car elles tordaient mon visage de terreur. Ce n'était pas le cas cette fois, j'avais juste l'air surpris, clignant des yeux comme un idiot, fixant la porte comme si j'y cherchais des réponses. Mon souffle était court mais régulier, beaucoup plus calme que ce qu'il n'aurait pu l'être en vue de mon état de panique interne...

Je ne supportais vraiment plus ces crises, elles étaient aléatoires, violentes et toujours traumatisantes pour tout le monde. Elles m'empêchaient de conduite, elles m'interdisaient de travailler et rendaient chacune de mes sorties dangereuses... J'étais prisonnier de mon propre corps, de mon propre esprit, un prisonnier sans menottes et donc sans clefs... Que pourrait-elle faire pour moi ? Qui pourrait faire quoi que ce soit pour moi franchement ? C'était un problème sans issue, une situation dont moi seul avait la solution mais que je n'étais pas capable de trouver. J'avais tenté au départ, il y avait même eu du mieux mais... Je n'avais plus la force de creuser, plus assez de courage pour continuer, surtout sans savoir où chercher ou comment m'en sortir. Un cas désespéré, quoi qu'elle en dise, elle ou les autres.

Puis soudain, sans que je comprenne pourquoi ou comment, les sifflements se sont calmés, laissant progressivement sa voix atteindre mes oreilles. Elle chantonnait doucement, une sorte de berceuse calme et agréable. Je ne connaissais pas la mélodie mais s'était plaisant. Tout aussi soudainement, je sentis sa main sur ma joue, ses doigts délicats qui ne semblaient pas gênés par ma barbe. J'avais bien fait de débroussailler un peu tout ça avant de venir... Sans que je m'en rende compte et sans que je puisse vraiment dire combien de temps ça avait prit, mon corps s'était enfin un peu détendu, ma main avait quitté la porte pour tomber contre ma jambe et je n'étais plus aussi droit. En clignant des yeux quelques fois de plus, je parvenais doucement à retrouver la vue, réalisant à quel point elle était proche, enfin conscient de l'inquiétude sur son visage. Comment pouvais-je être aussi infâme ? Infliger ce genre de spectacle à quiconque était monstrueux.

    « Je... » Le choc m'avait coupé la parole autant que le souffle. Il me fallut souffler à plusieurs reprises et secouer la tête avant de pouvoir reprendre. « Désolé. Je... Je crois que je vais rester encore un peu finalement... »

Pas pour parler mais pour me ressaisir. Je n'étais pas capable de sortir et les sueurs froides qui me parcourraient toujours en étaient la preuve. J'avais d'ailleurs quelques goûtes de sueur sur le front... J'étais tellement ridicule. Maladroitement, je tentais de me relever, obligé de prendre appuie sur la pauvre jeune femme. Il me fallut faire de même pour regagner le canapé sur lequel je me laissais lourdement tomber. Les jambes relevées légèrement pour m'assurer que mon sang remonte bien à mon cerveau. Une vraie loque, un boulet. Je soufflais doucement, un bras sur mes yeux pour tenter de reprendre doucement conscience. Rien ne s'expliquait, ni les crises ni leurs fins. J'étais un mystère, pour moi et pour les autres...

    « Désolé de vous imposer ça... Ça va passer. » Dis-je, le souffle toujours court même si j'allais mieux. « Merci pour votre aide. »



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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Lun 3 Déc - 17:15

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


Lorsque Liz m'avait parlé de James, de ses soucis, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il fasse une crise dans mon bureau surtout lors de notre premier rendez-vous. Je sais que j'allais devoir prendre des pincettes avec cet homme, ne pas trop lui en demander ce qui était totalement normal. Quand je regardais à travers ses yeux je pouvais y lire tellement de détresse, il ne savait pas comment se sortir de sa propre situation et donc je voulais l'aider. Mais ce n'était pas facile, il n'avait pas l'air d'avoir envie de communiquer et après seulement quelques minutes voilà qu'il voulait partir. Malheureusement je ne pouvais pas le retenir mais je savais au fond de moi que si je le laissais partir, jamais je ne le reverais pour un autre rendez-vous. Je devais le retenir mais je n'avais pas le temps que voilà qu'il venait de s'effondrer juste devant moi. Je ne comprenais pas ce qui se passait mais tout de suite par réflexe je me précipitais vers lui pour le prendre contre moi. Il avait une crise et je ne savais pas du tout quoi faire. Je sais que pendant ce genre de moment il fallait rester calme ce que je faisais et surtout le soutenir car la crise finirait par sortir. Il y avait tout de même une bonne chose, il était en sécurité dans mon bureau, rien ne pourrait lui arriver de grave. Je comprenais mieux pourquoi Liz me demandait de l'aider, surtout s'il faisait ce genre de crise pendant qu'il était en train de conduire ou même au milieu de la rue. Je devais vraiment l'aider le plus possible, il ne pouvait pas continuer de vivre comme cela.

Enfin pour le moment je devais être là pour lui, ne pas appeler les secours si c'était pour qu'on vienne lui faire une leçon de morale ou encore le jugé. Non je préférais rester près de lui à le soutenir. Je passais une main sur sa joue alors que j'enregistrais tout ce qui était en train de se passer sous mes yeux. Il avait le souffle faible, comme la vue brouillée vu qu'il ne captait pas mon regard, mais je ne l'abandonnais pas pour autant. Je laissais ma main sur sa joue que je caressais doucement alors que je chantonnais, souvent une douce mélodie pouvait calmer ce genre de crise. Il fallait trouver à quoi il devait se raccrocher pour battre ses crises. J'avoue qu'au fond de moi j'avais peur car c'était une situation encore étrangère pour moi. Les patients que j'avais pouvaient réagir de différentes manières, soit en criant, insultant, en tapant dans quelques choses, en ruminant ou encore en restant dans le silence, mais souvent je m'occupais d'eux avant que les crises ne soient trop graves.

-James ça va aller, je suis là... Vous êtes en sécurité.

Je ne sais pas s'il pouvait m'entendre, mais je voulais lui montrer que j'étais là et finit les bonnes manières, prendre ses distances avec les patients, ne pas être aussi proche. Mais là c'était différent, je ne sais pas mais avec James je voulais vraiment l'aider et pas par pitié, non, juste parce qu'il en avait besoin. Je ne sais pas combien de temps j'étais resté près de lui alors que mon regard n'avait pas quitté son visage. Je continuais de chantonner alors que j'attendais qu'il revienne à lui doucement. Dans ma tête je cherchais comment j'allais faire pour l'aider, par quel moyen surtout. Il avait un état de stress tellement important, que les simples étapes que j'employais d'habitude n'allaient pas suffire. Je voyais enfin sa main bouger et ses yeux aussi, je faisais un soupirer de soulagement alors que je gardais ma main sur sa joue.

-James calmez-vous... Doucement d'accord... Il faut vous reposer et reprendre des forces.

Je n'allais tout de même pas le foutre à la porte après ce qui venait de se passer et encore moins reprendre notre rendez-vous. Non je voulais qu'il se repose avant tout. Je venais l'aider à se relever alors qu'il allait se mettre dans le canapé, je venais me mettre à genoux près de lui. Je ne le connaissais pas, mais j'étais tout de même inquiète pour lui.

-Ce n'est pas grave d'accord, ça arrive à tout le monde. Reposez-vous d'accord.

Je me levais pour aller chercher un grand verre d'eau alors que je m'approchais de lui pour le lui tendre.

-Bon par contre évitez de me faire à nouveau peur hein. Alors ça va un peu mieux?

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Lun 3 Déc - 20:34

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Le canapé n'était pas très confortable et la situation non plus. Je me sentais mal de m'être effondré de la sorte, mal de ne pas avoir eu le courage d'attendre. Quoi que, comment aurais-je pu avoir du courage ? Je n'avais rien vu venir, comme d'habitude. Crises spontanées, instantanées et incontrôlables, crises de m*rde... L'avantage cette fois étant que je n'étais pas dans un lieu public, pas en danger et en charmante compagnie. Mais quelle honte ! La jeune femme devait être choquée, peut être même plus que moi... Voir quelqu'un tomber ainsi, se pétrifier de la sorte, sans avertissements, sans moyen de réagir vraiment. 

Car il n'y avait pas de solutions, les gifles ne marchaient pas, les paroles non plus, même me faire bouger était quasiment impossible. Dans ces moments là, l'attente était la seule solution. Il fallait juste attendre que je sorte des méandres de mes cauchemars, attendre que je refasse surface, que mon cerveau dégèle... Parfois il fallait quelques minutes à peine, d'autres fois il fallait des heures. Le résultat restait néanmoins le même pour moi comme pour les témoins... C'était choquant et difficile, effrayant parfois, voire dangereux selon les situations... Une malédiction sans vrai remède. Parfois je me dis que j'aurai préféré un bon vieux fauteuil roulant...

Toujours allongé sur son sofa, je réalisais à peine que mon nouveau médecin était à nouveau près de moi, inconfortablement à genoux sur le sol. Je me sentais tellement coupable... Si bien que je n'avais plus osé parler après les excuses. Quoi que je n'étais pas sûr d'être vraiment capable de dire quoi que ce soit la maintenant tout de suite... Ma gorge était sèche, mon souffle encore irrégulier et les sifflements persistaient un peu, assez pour empêcher mon esprit de reprendre son fonctionnement d'origine... Déjà que j'avais le cerveau lent ! 

La voix de la jeune femme s'éleva à nouveau, cette fois pour une remarque plus légère, une petite touche d'humour, une perche tendue que je me devais de prendre. Je ne pouvais pas "ne pas réagir", je ne devais pas "ne pas réagir". Elle avait assez enduré pour aujourd'hui, je me devais de lui montrer que tout allait bien, que j'allais mieux, que c'était "normal" dans ma nouvelle vie... Je souriais dans un soupir, laissant même échapper un léger rictus, un bras toujours posé sur mes yeux pour reposer un peu mon cerveau. Moins de lumière aidait un peu et évitait les migraines. Enfin, parfois. Une fois de plus je ne pouvais qu'espérer et c'était sûrement ça le pire, ne pas pouvoir agir, ne pouvoir compter que sur le hasard ou le destin. Peut-être devrais me trouver une religion ? Qui sait, un Dieu pourrait peut-être le venir en aide ? À méditer... 

    « Dans ce cas il faudra arrêter de me câliner, ça risquerait de m'encourager. »

Plaisantais-je, tentant enfin de me relever avec lourdeur et une difficulté non feinte. Un grognement accompagna même mes gestes, je me sentais courbaturé, tout me coûtait davantage après une crise... Un peu plus ou un peu moins remarque. De nouveau assis, je replongeais enfin mon regard dans le sien. Elle ne semblait pas avoir peur mais elle était clairement inquiète pour moi, sûrement plus qu'elle n'aurait dû l'être pour une première consultation... Je me demande vraiment ce que Liz a pu lui dire de moi, sans doute plein de bêtises mièvres pour montrer à quel point je valait le coup, à quel point j'avais besoin d'aide de façon urgente. La vilaine menteuse ! Pauvre docteur James, elle était tombée dans le piège ! Et elle était tellement gentille qu'elle ne fuirait pas. Elle méritait peut-être que je lui laisse une chance ? Il fallait peut-être que je coopère davantage pour qu'elle se fasse sa propre idée ? Qu'elle voit par elle-même... Qui sait. 

    « Ne vous inquiétez pas, on s'y habitue. »

Répondis-je calmement, le visage un peu plus détendu même si je n'étais pas pleinement remis. Me lever restait impossible je pense, assez pour que je ne m'y risque pas, même en ayant eu envie de fuir. Ce n'était plus vraiment le cas en fait. Aurait-elle dompter la bête ? Pas déjà, pas si facilement...


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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Lun 3 Déc - 21:20

Apprendre à se confier ft James E. O'Connell


J'étais soulagé qu'il ait repris pleinement conscience seulement après plusieurs minutes car j'avoue que ses minutes avaient paru si longues autant pour moi que lui. Donc maintenant on allait attendre qu'il aille mieux et je le raccompagnerais. Je n'avais pas pour habitude de faire ce genre de chose mais là c'était un rendez-vous tout à fait différent et je le ressentais au fond de moi. Donc pas grave, je me disais que ce qui était en train de se dérouler ne faisait même plus partie d'un rendez-vous. Tout ce que je souhaitais pour le moment c'était qu'il aille mieux car oui j'avoue qu'il m'avait fait peur, je n'avais jamais eu de crise de la sorte dans mon bureau et je souhaitais que ça ne se passe plus. Mais maintenant je savais ce qui pouvait lui arriver et donc c'était normal qu'il ne puisse pas travailler et encore moins sortir. Et pour cette raison, il était devenu mon patient numéro un à aider. On ne pouvait pas continuer de vivre en restant renfermer chez soi, c'était juste impossible. Il devait tellement se sentir comme un prisonnier et le pire c'est que là il était emprisonné à cause de son corps qui lui jouait des tours et il n'arrivait pas à le contrôler. En tout cas ce qui venait de se passer n'allait pas quitter mon cerveau tout de suite et je comprenais mieux Liz maintenant. Elle avait été assez vague dans ses propos mais maintenant je comprenais mieux pourquoi il avait autant besoin d'aide et surtout d'une personne qui ne sera pas là pour le juger, être impatient, non j'étais tout le contraire. Je serais là pour le soutenir à chaque fois qu'il fera un pas vers moi, sans le juger car c'était ce qui avait de pire mais surtout pour lui laisser du temps car dans son cas il allait en avoir besoin. Il allait devoir prendre sur lui et affronter ses propres demons même si cela allait être surement dur.

Mais pour le moment j'en n'étais pas là , c'était même tout le contraire. Je voulais qu'il se repose et j'espérais que même après ce qui venait de se passer, on allait pouvoir prendre un nouveau rendez-vous. Peut-être que j'arriverais à le mettre à l'aise pendant ce petit moment pour qu'il puisse avoir confiance en moi. Au moins même s'il avait eu cette crise je ne l'avais pas abandonné comme plus d'une personne aurait pu le faire. Je restais près de lui alors que je posais le verre d'eau près de lui, il devait avoir soif. Le fait que je sois à genoux devant lui pouvoir paraître étrange, mais j'avais peur qu'il perde à nouveau l'équilibre, je ne voulais surtout pas qu'il se blesse. Mais j'espérais que personne ne vienne dans mon bureau à ce moment précis sinon on se poserait plusieurs questions et surtout je n'avais pas envie qu'on le voit comme cela, il n'avait pas besoin de ça, juste du calme pour reprendre ses esprits. Je venais lui demander de ne plus me faire peur, peut-être pour essayer de détendre l'atmosphère. Je faisais un sourire face à sa remarque, au moins même après sa crise il n'avait pas perdu son sens de l'humour.

-Désolé de vous décevoir mais je suis quelqu'un qui vous câlinera toujours surtout lors de vos crises.

Je lui faisais un sourire alors qu'il essayait de se relever avec beaucoup de difficulté, je faisais une grimace alors que je n'aimais pas du tout le voir comme ça. Mais je connaissais ce genre de mal être. Moi-même j'étais dans un état pareil quand je faisais une crise, heureusement qu'à chaque fois j'étais toute seule, mais c'était tellement épuisant quand cela arrivait. Mon regard plongeait dans le sien alors que je prenais ma chaise pour m'asseoir en face de lui tout en restant proche.

-Je ne suis pas d'accord, on ne s'y habitue jamais... Je... Je connais ce genre de crises même si elles ne sont pas aussi violentes. Mais non, on ne peut pas s'y habituer, le corps ne peut pas supporter autant de crise.

C'était bien la première fois que j'osais parler de mes crises, déjà à une personne et en plus un patient que je ne connaissais pas. Après je pouvais comprendre qu'il n'a pas confiance. Mais je voulais lui montrer que même une psychologue comme moi pouvait avoir des soucis et donc que je pouvais le comprendre.

- Vous avez besoin de quelque chose après ses crises? Manger, boire, baisser la lumière? Dites-moi, il ne faut pas hésiter.

Je voulais vraiment l'aider et le mettre en confiance, de toute façon pour le moment il n'était pas en état de se lever. J'avais surement eu raison de prendre un rendez-vous en fin de journée, comme ça je n'attendais pas d'autres patients, il pouvait prendre tout son temps pour se reposer.

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MessageSujet: Re: Apprendre à se confier ( James)   Mer 5 Déc - 6:34

 Apprendre à se confier 
Malia ✧ James


Dire que j'allais mieux était sans doute exagéré puisque je sentais déjà une belle migraine s'installer au creux de mes tempes mais, mon état était clairement moins dramatique qu'il y a quelques instants. Les crises arrivaient vite pour repartir presque aussi rapidement, me laissant ravagé moralement et parfois même physiquement. En effet, il fallait toujours me ramasser à la petite cuillère après les plus fortes d'entres elles, souvent, des larmes incontrôlables stagnaient au coin de mes yeux et il me fallait pas mal de temps pour calmer les tremblements. Malia avait échappé au pire, témoin (ou plutôt victime) d'un type de crise assez nouveau, sans visions. Il fallait sans doute y voir une forme de progrès... Dommage que ma dose d'optimisme soit périmée. Qu'elles soient moins violentes ou non, elles restaient incontrôlables et  imprévisibles, m'empêchant de vivre pleinement ma vie. 

Pendant que je tentais de me relever avec la délicatesse d'un ours handicapé sortant de longs mois d'hibernation, la jeune femme rebondit sur ma remarque en m'annonçant que j'aurai encore droit à quelques câlins si j'acceptais de reprendre rendez-vous, et plus particulièrement si je venais à faire d'autres crises. Elle avait de la chance de ne pas être face à l'ancien James finalement... Ce dernier aurait sûrement augmenté la fréquence des rendez-vous, feintant même quelques crises et en profitant pour balader un peu ses mains pour voir jusqu'où il était autorisé à aller. Un vrai lourdingue quand j'y pense. Je me demande pourquoi autant de femmes se sont laisser séduire par mes méthodes douteuses... Peut-être que je leur faisait de la peine à le croire aussi efficace ? Quoi qu'il en soit elles ne m'avait jamais fait croire le contraire où j'aurai sûrement mérité de bonnes paires de claques. Une chance que mes sœurs aient toujours été là pour me remettre un peu sur le droit chemin ! 

    « À vos risques et périls. » Souriais-je, reposant mes coude sur mes jambes, cette fois pour assurer mon équilibre. J'avais la tête qui tournait et mon teint devait être plus pâle qu'à son habitude mais j'étais assez heureux d'avoir pu me redresser si vite cette fois. « J'ai vraiment l'impression de m'être transformé en nounours géant... »

Ajoutais-je, toujours avec un sourire. Enfin, avec le maximum que je pouvais faire en ce moment : Un sourire un peu tordu, honnête mais maladroit, faible voire même triste. Même moi je ne me reconnaissais pas. J'étais tellement plus joyeux avant, plus vif d'esprit, plus... Plus moi en fait... Et certains aspects de cet ancien James me manquaient quand même beaucoup. Quoi qu'il en soit, face au regard inquiet de la jeune femme, je tentais de la rassurer mais ce fut vain. Visiblement, elle savait très bien de quoi je parlais et savait donc à quel point il était impossible de vivre ainsi. Étrangement, ses dires me touchèrent. Je savais que je n'étais pas un cas isolé, d'autres gars du cercle avaient des crises similaires, j'avais déjà eu des patients atteints de ce mal moi-même mais... 

Jamais de femme, si bien que j'avais peut-être finis par me convaincre qu'elles étaient beaucoup trop fortes pour tomber ci bas ? L'une de mes sœurs auraient pu plonger mais elle avait été tellement forte... Ainsi, je me trouvais idiot voire même égoïste d'avoir pu penser un seul instant qu'une femme était aussi solide, qu'elles n'avaient pas besoin d'autant d'aide que nous. J'étais un p*tain de macho en fait ! Le tout en m'efforçant de prétendre le contraire et en pensant même le contraire... Je me sentais mal pour elle aussi, personne ne devrait vivre ça, courageuse ou non. Sans compter que, pour en arriver là, elle avait vraiment du vivre quelque chose d'horrible... Et elle passait quand même le reste de son temps à aider les autres ? Une femme admirable de plus dans mon entourage... Il allait sérieusement falloir que je commence à prendre exemple sur elles au lieu de me lamenter. 

    « Ça ne vous rend que plus admirable. »

Répondis-je simplement, préférant zapper volontairement le reste de sa remarque. Elle avait raison bien sûr, on ne s'habitue pas, notre corps ne peut gérer autant de pression trop longtemps, quelque chose finit par lâcher, le cœur ou le cerveau... D'où l'urgence de me sortir de là rapidement. La question restait de savoir comment. Et en attendant un petit verre d'eau et une présence chaleureuse ne me feront pas de mal. Je pris donc une gorgée du verre qu'elle m'avait gentiment apporté et écoutais sa question. Tant que ça ne concernait pas le fond du problème, il était peu probable qu'une méchante crise se pointe. En général, il fallait un élément déclencheur, un bruit violent, une image qui pourrait m'en rappeler une autre, le souvenir. Il m'arrivait d'y penser sans m'en rendre compte, sans raison, déclenchant ainsi moi-même la crise. Tout était toujours soudain, comme un flash. 

    « Ne vous inquiétez pas, ça va aller. J'ai connu bien pire. »

Dis-je, toujours avec ce même sourire un peu étrange, mon regard parvenant enfin à soutenir un peu le sien.


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